samedi, 16 décembre, 2017
David Saforcada : « Nous voulons une nouvelle France pas une nouvelle droite »

David Saforcada : « Nous voulons une nouvelle France pas une nouvelle droite »

David Saforcada, président de France Bonapartiste et candidat à l’élection présidentielle, a répondu aux questions du Bréviaire des patriotes.

► Vous êtes candidat à la présidentielle. Malgré tout, vous ne pouvez pas ignorer vos faibles chances, ne serait-ce que de récolter 500 parainnages. Qu’est-ce qui vous pousse à poursuivre le combat sur ce plan et que comptez-vous apporter dans cette campagne ?

Effectivement, se « lancer » dans l’aventure de l’élection présidentielle c’est savoir dès le départ que la tache sera difficile et que la « piste » est semée d’embuche. Le tamis des 500 parrainages est une de ces embuches car nous savons tous les pressions que reçoivent de nombreux élus de la part des appareils politiques et c’est d’ailleurs pour cela que je propose que le parrainage devienne obligatoire mais avec la possibilité de parrainer 2 candidats. On sait ensuite que les deux véritables filtres, qui se rejoignent d’ailleurs, sont l’argent et les médias et c’est là que les choses se compliquent réellement.

Ce qui me pousse à poursuivre, c’est tout simplement la fidélité à une certaine vision de la France, une « certaine idée » comme le disait le général de Gaulle, que je ne retrouve pas chez les autres candidats. Ce que je souhaite apporter, si bien entendu on me laisse l’occasion de le faire, c’est un souffle nouveau avec comme ligne de conduite ce que disait Charles Pasqua « la politique c’est aimer les gens ». Les aimer non pas hypocritement en les brossant dans le sens du poil mais en les écoutant, et non simplement les entendre, en leur disant la vérité sur ce que je pense, sur ce que je sais ou ne sais pas, en ne prenant pas une posture mais en étant moi-même.

Le populisme insultant ça suffit, par contre le vrai, l’honnête, oui à 100%.

► Quels sont les grands principes fondateurs du bonapartisme ?

Le bonapartisme est né des subtils mélanges de la tradition et de la modernité, de l’autorité avec la liberté, le tout avec un ciment qui se nomme égalité. De ce mélange découlent des principes immuables comme la souveraineté populaire, l’indépendance et la grandeur nationale, un certain Progrès Social, une vision de l’autorité, la responsabilité et enfin le rassemblement au-delà des clivages.

► Qu’est-ce que le bonapartisme appliqué à notre époque ?

C’est une France libre, redevenue un phare dans le monde. C’est une France qui a mis fin au règne des déclinologues et des lobbies. C’est une France qui rassemble, qui assimile, qui « s’aime ». C’est le Patriotisme économique. C’est la fin de la « France périphérique » avec tout ce que celle-ci a de néfaste. Pour résumer, c’est une France qui croit et qui ose. C’est une fidélité à des principes immuables couplés à une volonté forte de réformes, c’est un certain pragmatisme et modernisme.

► Ne retrouvez-vous pas ces valeurs, ou du moins un grand nombre, chez certains candidats déjà bien en place ? Qu’il s’agisse du programme des « gros » ou encore des petits candidats comme le général Didier Tauzin.

Effectivement, on peut retrouver certaines valeurs, tout du moins des idées qui s’en rapprochent, chez différentes personnalités politiques plus ou moins en vue (je ne parlerai pas de grands ou petits candidats car qui défini ces qualificatifs ?). Mais aucune ne sont bonapartistes au sens où nous l’entendons.

Je vais être direct, sans langue de bois.

Il y a d’abord l’aspect « historique », la référence même minime. Lequel des candidats, auxquels vous pensez comme Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan ou le général Tauzin, ont pour référence les Bonaparte ou nos empereurs ? Lequel leur donne une place dans son discours ? Lequel rend hommage tant aux Napoléon qu’à leurs « constructions » mais aussi à tous ceux qui les ont servi et servi par eux la France ? Aucun !
Dupont-Aignan vous connaissez l’affaire de la « vidéo Abed » et même s’il a tenté de se rattraper, n’a jamais effacé un certain mépris pour Napoléon 1er (un certain 18 juin 2015 est là pour nous le rappeler) et que dire pour Napoléon III malgré la présence d’Eric Anceau à ses côtés. Le général Tauzin, c’est simple il n’aime pas Napoléon et ne s’en cache pas … Marine Le Pen, depuis le départ de Julien Rochedy où sont les personnes ouvertement bonapartistes à ses côtés ? Je n’ai jamais entendu ou lu une référence napoléonienne dans ses discours ou bien ils m’ont échappé.

Il y a ensuite l’aspect « politique ». Nicolas Dupont Aignan a déclaré à Valeurs Actuelles « rêver d’une nouvelle Droite », les bonapartistes rêvent d’une nouvelle France. Il a fait du « ni système, ni extrêmes » un de ses slogans mais cela c’est bon pour le « in », en « off » on est plus dans le « et/et ». Le général Tauzin nous fait de beaux discours sur la France mais laquelle ? Celle de son ami Camel Bechikh et de l’UOIF, celle un peu moisie d’une certaine droite réactionnaire, celle de Soral ? Désolé, ce n’est pas la France que j’imagine. Marine Le Pen et quel Front National ? Celui de Philippot ou celui de Marion ? Pour ma part ma vision de la France c’est celle de Renan et non de Barrès (Barrès reprochant à Zola de défendre Dreyfus et l’attaquant non pas pour ses idées mais parce qu’il avait le tort d’être fils d’Italien…).

Je ne suis pas là pour décerner des brevets de bonapartisme mais il y a des idées, des principes, des valeurs, qui ne se galvaudent pas. Il y a des attitudes, des propos qui ne se pardonnent pas. Je comprends que des bonapartistes sincères soient attirés par le discours de l’une ou de l’autre mais je leur demande de gratter la cendre pour voir si la braise bonapartiste est dessous. Personnellement je dis non. Je comprends que certains préfèrent la « facilité » de se mettre à l’ombre du FN ou de DLF mais pour ma part, je préfère me souvenir de la poignée d’hommes qui crurent en la cause et qui amenèrent le 10 décembre 1848.

► Quelles sont les priorités pour réformer la France ?

La première des priorités c’est de lui rendre sa liberté et de redonner la parole au peuple. La deuxième c’est d’en finir avec cette Vème République dénaturée et de revenir aux fondamentaux. La troisième c’est de dire ce que l’on va faire et de le faire, sans langue de bois.

► Enfin, pouvez-vous nous exposer l’essence de votre programme ainsi que ses mesures phares ?

Comme je l’ai dit, le bonapartisme c’est un socle de principes immuables, tout cela fait que le bonapartisme est d’essence patriotique et sociale et donc inclassable dans le paysage politique tel qu’on veut nous l’imposer. Je vais tacher de faire court pour ce qui est des propositions dans la mesure où vous me demandez les plus « marquantes » :

  • Révision de la Constitution avec entre autres le retour au septennat, la fusion du Sénat et du Conseil Economique Social et Environnemental.
  • Dissolution du Conseil Français du Culte Musulman et convocation d’un « Divan » dans le même esprit que ce que fît Napoléon avec les Juifs pour mettre en place un vrai Islam de France.
  • Remise en question de tous les traités européens depuis Maastricht.
  • Lancement de « France sur Mer ».
  • Redonner à la France une Défense digne de son rang.
  • Mise en place d’un véritable patriotisme économique.
  • Création d’un véritable ministère de l’Instruction Publique avec entre autres la fin du collège unique et la mise en place du collège modulaire.
  • Mise en place de la Participation « totale » au sein des entreprises.
  • Création de l’exception agricole.
  • Suppression des régions.
  • Mise en place de la taxe « Vauban », impôt proportionnel à deux taux payé par tous, remplaçant le système fiscal actuel.

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A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.

11 commentaires

  1. Jonathan Sturel

    Bonjour,
    Le passage sur la France de Renan et celle de Barrès mérite approfondissement. Quelles sont les différences entre ces deux France qui font préférer la première à la seconde ?

    • Dans son célèbre discours Renan accepte que tous puissent devenir Français s’ils font preuve d’amour de celle-ci. Barres avec l’exemple de Zola montre qu’il a une approche toute différente en reprochant à celui-ci d’être en fait un Italien et non un Français.

      • Jonathan Sturel

        Barrès a montré un immense respect et n’a jamais douté du caractère français du petit-fils de Renan, Ernest Psichari, par ailleurs ami de Péguy et mort pour la France comme lui dans les premières semaines de la guerre. Pourtant Psichari avait, par son père (c’est par sa mère qu’il était le petit-fils de Renan), des origines grecques. Mais Psichari était une âme française, un serviteur par la culture et les armes de la France dont il avait assimilé l’essence. Zola en soutenant Dreyfus a un moment où tout l’accusait a contribué à la grande opération de sabotage de la grande institution française, l’armée, et a pris place dans le camp de ceux qui voulaient nuire à l’armée par idéologie (Zola ne s’intéressait aucunement à Dreyfus, il a été nécessaire de le relancer plusieurs fois pour qu’il se décide à s’y intéresser). Le premier grief de Barrès à l’endroit de Zola fut son dreyfusisme.

        Quant au propos de Renan acceptant que tous puissent devenir Français, il implique que si demain 25 millions de prétendants acceptent de se plier aux lois de la France il faudra les accepter, et 10 millions de plus ensuite, et pourquoi pas davantage encore ? Il est bien évident que cette vue ne porte pas loin, et qu’il faut instaurer des conditions plus à même de perpétuer la France sans l’ouvrir à tous les vents.

  2. Jonathan Sturel

    Je me permets d’ajouter que Barrès a été de ceux qui ont réhabilité l’image de l’Empereur en le faisant « professeur d’énergie » et modèle national, notamment dans un chapitre célèbre et fameux des Déracinés où tous ses héros se retrouvent pour faire un serment sur le tombeau de Napoléon aux Invalides.

  3. je ne conteste en rien le « napoléonisme » de Barrès par contre (même s’il faut raisonner en tentant de se projeter dans l’époque) je ne partage pas son antisémitisme et sa façon de « combattre » Zola donc non pas sur le plan politique mais sur le plan de son origine lui déniant le fait de s’exprimer car Français depuis peu. Concernant Renan, effectivement si le discours peut rester le même il est évident qu’il doit être tempéré par certains sas.

    • Jonathan Sturel

      La question des origines (de Zola), dans le débat qui les intéressait, était justement parfaitement politique et cohérente avec le grand propos de Barrès sur la Terre et les Morts. Barrès est de ceux qui pensent qu’il existe un fond, venu du lointain des âges, un fond français que des générations et des générations se sent transmis et qui a façonné une âme, et que cette âme rend sensible à la terre, à la patrie, à certaines valeurs dont le respect de l’armée est l’une des plus actuelles en ce temps d’après défaite de 70. La France a été vaincue en 70, elle a perdu des territoires, et Barrès avec d’autres entretiennent le désir que l’on récupère ces territoires volés et l’honneur perdu. Pour cela, l’armée est sacrée, elle sera en première ligne, elle mérite un respect et même une vénération. Zola ne vient pas du fond des âges français, peut-il dès lors être sensible à cette mission presque mystique qui consiste à reprendre les départements perdus ? Sans doute pas. Les dreyfusistes ont commis une erreur en défendant de cette façon le capitaine accusé de trahison, et Barrès leur a reproché de saper le moral des armées (à une époque où il fallait au contraire la respecter) simplement parce qu’ils ont vu dans cette histoire de capitaine une occasion d’assouvir certains désirs de carrière littéraire et de postérité.

  4. Dans l’entretien du 2 septembre 2016 que vous avez accordé à David Saforcada celui-ci écrit :

    « Dupont-Aignan vous connaissez l’affaire de la « vidéo Abed » et même s’il a tenté de se rattraper, n’a jamais effacé un certain mépris pour Napoléon 1er »

    Le début de la phrase pose un grave problème. Elle indique qu’il y aurait une affaire Abed dont je serais responsable.

    Je tiens à rappeler ce qui suit. Il n’y a aucune affaire Abed, ni avec Dupont-Aignan, ni avec qui que ce soit. Je précise que j’ai réalisé plus de 300 entretiens vidéos et plus de deux cents entretiens écrits avec des personnalités diverses et variées.

    Ceci étant dit, il est vrai que j’ai interrogé Dupont-Aignan en septembre 2011, dans son bureau à l’Assemblée Nationale. Nous avions évoqué de nombreux sujets : La France, le mondialisme, la sortie de l’UE, l’abandon de l’Euro, la fameuse loi de 1973, etc. A la fin de l’entretien, je lui avais posé une question pour entendre son avis sur Napoléon. Il avait répondu qu’il l’appréciait, mais en même temps l’individu le dérangeait car, je cite de mémoire : « Napoléon avait trop joué avec le sort de la France… ». Que cette réponse ne plaise pas, je peux le comprendre. En revanche écrire qu’il y a une « affaire Abed » parce que Dupont-Aignan a exprimé une idée sur Napoléon qui ne plaît pas à David Saforcada, c’est quand même aller vite en besogne. Cela revient à travestir la vérité.

    Salutations respectueuses,

    Franck ABED

    • il n’y a pas d’affaire Abed mais une « affaire » (le mot employé est un fort je le concède) de la vidéo et de son contenu au sujet de Napoléon entre France Bonapartiste et Nicolas Dupont-Aignan. propos dans la vidéo qui ont entrainé une première cassure …

    • Franck Abed n’est pas mis en cause dans cette affaire. Je cite, moi-même, cette vidéo dans mes publications, vidéo qui n’est d’ailleurs plus disponible.
      Je dis « Vidéo Abed », afin que les gens « situent » cette interview….

  5. moonwolf

    programme intéressant et logique, mais la « Remise en question de tous les traités européens depuis Maastricht. » n’est pas assez poussée…, sachant qu’il revoir tout depuis 1957 et le traité de Rome pour briser la poupée russe que constitue cette farce…
    pas de souveraineté si il y a compromission dans des institution transnationales de ce type…
    il faudra aussi se charger sérieusement des banques systémiques auparavant, si l’ont veut pas avoir des failles dans notre cuirasse avant d’abattre la carte d’une sortie de l’UE… du moins tant que l’Euro existe…
    pour le reste il y a les traités bilatéraux…

  6. Terranova à Monsieur David Saforcada
    En un temps où l’histoire risque de basculer si nous ne prenons pas immédiatement des mesures extraordinairement énergiques dans le domaine de la sécurité et de la défense, je propose cette solution provisoire, réalisable, efficace, et totalement démocratique, que Bonaparte n’aurait peut-être pas désavouée.
    Nous savons parfaitement qu’à cause d’obstacles majeurs, aucun des candidats à la Présidence de la République Française, une fois élu, n’aura la possibilité de résoudre les problèmes colossaux de notre société. Que ce soient le rapatriement de notre industrie, l’éradication du terrorisme mondial, l’arrêt des migrations planétaires, etc…Il y faudrait aujourd’hui plus qu’un De Gaulle : un Napoléon.
    Pour contrôler le pouvoir, au dessus de l’exécutif et du judiciaire, se trouve le législatif, qui fait les lois et les constitutions. Si les généraux, qui dorment dans leurs retraites dorées comme la belle au bois dormant, en attendant le Napoléon charmant, se présentaient EN MASSE aux législatives, nous disposerions d’un pouvoir capable non seulement d’empêcher les dérives qui nous emmènent au naufrage, mais d’imposer des directions nouvelles vers le redressement.
    Je ne suis pas un fanatique des pouvoirs militaires, dont l’histoire a montré qu’ils pouvaient se retourner contre les libertés, mais actuellement, cela me paraît la solution indispensable et inévitable, la seule qui puisse arrêter le naufrage EN COURS. Vu l’état de la France et le dégoût profond de notre peuple pour les politiciens complices ou traîtres, des militaires honnêtes se présentant avec le seul programme D’ASSURER LA SECURITE DES FRANÇAIS, auraient de grandes chances de se faire élire.
    Si vous pensez que cet appel pour faire accepter par notre peuple cette solution inédite de Salut Public, est aussi important que celui de De Gaulle en 1940, je vous remercie de bien vouloir le signer et le diffuser.
    Patriotiques salutations : Terranova

    http://www.mesopinions.com/petition/politique/appel-armee-francaise/25557

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