jeudi, 20 juillet, 2017

Hollande ou l’éternelle soumission

Non content d’avoir reconnu la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’hiv, François le mou s’est donc une nouvelle fois agenouillé devant ses maîtres pour déclarer l’antisémitisme cause nationale. La tête baissée, le regard vide, il ridiculise une fois de plus notre pays. Cela va finir par devenir une habitude…

Le terrain avait bien été préparé avant la venue du premier ministre israélien. Arrestation d’un groupe de salafistes suite à un lancé de grenade intempestif sur une épicerie cacher de Sarcelles (beau symbole de laïcité), déferlante islamophobe dans les médias [1], montée au créneau du lobby sioniste pour mettre en garde contre la montée de l’antisémitisme, et donc finalement la venue de Benyamin Netanyahou comme point culminant de cette sombre mascarade.

A l’heure où notre pays est touché par une crise économique aggravée qui exacerbe les tensions sociales, notre cher président ne trouve rien de mieux que de nous rabâcher la menace antisémite, qui mettrait en péril la République. Au-delà du symbole, le fait de faire de l’antisémitisme une cause nationale permettra entre autres le droit à la diffusion de douze spots sur Radio France et soixante sur France télévision[2].

Pourtant, on peut se demander, sans arrière pensée judéophobe, si cette toute puissance d’un lobby communautaire, plus dévoué aux intérêts d’un Etat racial et raciste qu’au sort des français de confession juive, ne met pas en péril l’idéal républicain. A l’heure où la République française est confrontée à une décomposition de la société traditionnelle, à l’affaiblissement des institutions de socialisation (famille, école) et au déclin de l’idéal républicain, est-il de bon ton d’accuser sans cesse le petit peuple de France des pires bassesses ?

Sans renier les particularismes, il existe différents modèles qui tentent de les concilier avec l’idéal universaliste. Le modèle français est celui de l’assimilation, privilégiant l’unité nationale et rejetant la différence, considérée comme une rupture du contrat social. Le multiculturalisme, qui prévaut en Grande-Bretagne, admet que l’unité n’est pas l’uniformité, et accepte la possibilité de traitements différents pour les différentes demandes sociales. Autre modèle, le communautarisme, qui tend à promouvoir les identités, afin d’organiser la vie sociale autour des différentes communautés.

Chaque modèle s’adapte selon les pays, en fonction des territoires et des traditions. Bien que la France soit multiculturelle (tradition de terre d’accueil, immigration ancienne et variée), elle a toujours refusé les politiques de multiculturalisme ou de communautarisme. En France, l’appartenance citoyenne doit être au dessus des communautés, afin d’éviter de tomber dans une guerre civile sur le modèle libanais. C’est pourtant bien vers cette voie que semble vouloir se tourner le gouvernement français en place, en bon héritier d’un mouvement entamé dès la chute du général De Gaulle, qui vise en dernière instance à monter les communautés les unes contre les autres.

La loi sur le regroupement familial du 1er juillet 1975 en est un parfait exemple. Elle a entrainé l’arrivée massive d’immigrés qui n’avaient rien demandé et dont les enfants ont été bercés dans la haine de la France et du français. Une marche forcée vers un communautarisme qui a finalement abouti à la domination d’une communauté sur les autres, celle dont les membres étaient qualifiés par le général De Gaulle en 1967 de « peuple d’élite, sûr de lui-même, et dominateur ». La nouvelle soumission de Hollande n’est que le symbole de cette perte de la souveraineté de la France.

Selon Le Figaro, Netanyahou repart de France « très satisfait » de son voyage sur trois points[3]. Tout d’abord au niveau du « combat contre le terrorisme et l’antisémitisme », sur lequel Hollande est prêt à jouer les chevaliers blancs. Nul doute qu’avec un ministre de l’intérieur « lié de manière éternelle à Israël »[4], la mission sera bien remplie. Ensuite « pour la fermeté de sa politique à l’égard de l’Iran». Hollande a donc pris au premier degré le sketch du premier ministre israélien à la tribune de l’ONU. Il est vrai que notre président est réputé pour son sens de l’humour. Enfin, sur la question palestinienne, Hollande a fait bonne figure en déclarant «Nous avons parfois des divergences, notamment sur la colonisation, que nous souhaitons voir arrêtée, mais nous sommes conscients qu’il n’y aura de paix que par la négociation ».

Cette visite aura donc permis de vérifier l’importance du lobby sioniste en France – qui, avec l’antisémitisme érigé en cause nationale, ne risque pas de décroître – mais également de mesurer la soumission de François Hollande aux intérêts israéliens. Finalement, les premières victimes de cette politique sont les français dits « de souche » et ceux de confession musulmane, accusés de vouloir du mal à ce peuple qui a tant souffert. Il faut donc les mettre en garde contre les mensonges et les manipulations d’une élite malveillante qui, en dernière instance, pourrait se retourner pour de bon contre les français de confession juive.

Jérémy Renaud

 [1] Les caricatures de Charlie hebdo, le pain au chocolat de Copé, l’émission « islam, c’est quoi le problème ? » sur France 2, la dernière une du Point…

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Cause_nationale

[3] http://www.lefigaro.fr/international/2012/11/01/01003-20121101ARTFIG00335-netanyahou-tres-satisfait-de-hollande.php

[4] http://www.youtube.com/watch?v=Y9Bs3tF1jj0

A propos de Jérémy Renaud

Étudiant en Relations internationales, je m'intéresse plus particulièrement au Moyen-Orient et à la nouvelle Russie. Partisan d'un journalisme plus indépendant, je suis un républicain à tendance maurrassienne avec "une certaine idée de la France".
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