samedi, 16 décembre, 2017
David Saforcada : « Le bonapartisme est toujours d’actualité »

David Saforcada : « Le bonapartisme est toujours d’actualité »

David Saforcada est le président de France Bonapartiste, mouvement qui collabore avec Debout la République, le parti de Nicolas-Dupont Aignan. Il est également un contributeur régulier du Bréviaire des patriotes. Nous lui avons soumis quelques questions autour de la place du bonapartisme aujourd’hui.

Tout d’abord, pouvez-vous définir ce qu’est, à votre sens, le bonapartisme politique ?

david saforcadaD.S. : Le bonapartisme politique peut avoir deux chemins. Soit il s’inscrit dans une voie « monarchique » comme certains (très peu) en rêvent encore de nos jours, en restant en retrait car attendant qu’un Prince bouge, soit il s’inscrit dans une voie « républicaine » et participe aux débats actuels, qu’ils soient nationaux ou internationaux. Le bonapartisme politique se doit d’être fidèle aux principes immuables que nous ont légués les Empereurs comme la souveraineté populaire, l’indépendance nationale, le progrès social, l’autorité, la responsabilité. Mais ces principes doivent s’adapter à notre époque et ne pas rester figés.

Le bonapartisme n’est pas un nostalgisme mais au contraire un accélérateur d’énergie visant à mettre en avant des solutions modernes par le biais de réflexions ayant déjà fait leurs preuves par le passé.

Peut-on dire que le bonapartisme est un compromis entre la monarchie et la république ?

La seule chose que l’on puisse retenir de la monarchie est sans doute le côté héréditaire du bonapartisme jusqu’en 1879. Pour le reste, je ne vois pas de privilèges dans le bonapartisme comme ce fut le cas jusqu’en 1789. Je n’y vois pas non plus de faiblesse ou tout du moins de parlementarisme comme la Monarchie de Juillet ou bien la majorité des monarchies actuelles.

Pour ce qui est de la République, sauf si l’on parle des deux sinistres républiques, la IIIe et la IVe, je pense que le bonapartisme peut en effet s’y retrouver. Le plus bel exemple en est le Consulat ou bien la République décennale de 1852. Le bonapartisme est plus un « état d’esprit » politique qu’une histoire de régime dont l’essentiel est le suffrage universel, la désignation du chef de l’État par ce même suffrage et bien entendu le référendum. Le bonapartisme se trouve très bien dans les institutions de la Ve République – l’initiale, avec l’élection du Président au suffrage universel – bien qu’aujourd’hui quelques modifications soient à apporter… Le Prince Jérôme, puis les bonapartistes d’après 1891, ont bien montré que le bonapartisme se devait être républicain dans la mesure où la République avait à sa tête un vrai « chef ».

En parlant de compromis, y en a-t-il également un sur le plan économique, avec une politique tantôt libérale, tantôt socialiste, comme on a pu le voir avec Napoléon III ?

Le dernier livre de David Saforcada

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Comme l’explique très bien l’un des membres du Conseil National de France Bonapartiste, Francis Choisel, je dirai plus que le bonapartisme est une synthèse de ces deux politiques. « Les recettes économiques du bonapartisme sont d’inspirations très diverses. Les convictions dirigistes sont puisées à la source du socialisme étatique, notamment du saint-simonisme et du marxisme; la volonté de transformation du salariat est empruntée au socialisme autogestionnaire; le libre-échange est l’un des credos du libéralisme (en même temps que du saint-simonisme); et la concentration des entreprises est la règle du capitalisme. En fait, comme on le voit, tout en rejetant symétriquement le capitalisme libéral et le socialisme, le bonapartisme emprunte aux deux. Mais le fond de la philosophie économique et sociale du bonapartisme est à chercher ailleurs.

Napoléon III l’exprime ainsi: «La lutte entre le capital et le travail produit des effets déplorables pour tout le monde.» Il faut, selon lui «réunir les différentes classes de la société, faire cesser les jalousies qui existent entre elles», car «l’intérêt du riche n’est pas opposé à l’intérêt du pauvre». Ce rejet de la lutte des classes, cette volonté de «rassemblement» au plan économique et social (comme au plan politique, du reste), se fonde sur une vision essentiellement morale de la société et ce traduit par la défense de la Participation. En s’inspirant de Napoléon III, l’on pourrait dire que le bonapartisme refuse le matérialisme, qu’il soit doctrinal («historique») ou qu’il soit mercantile, parce que l’Homme, dans toute sa dimension, est au centre de ses préoccupations. On retrouve là une inspiration chrétienne, celle du «catholicisme social» au XIXème siècle, et celle de la «doctrine sociale de l’Eglise» au XXème. » (source)

Le bonapartisme consiste-t-il, aujourd’hui, à attendre la venue d’un homme providentiel ?

Je pense que oui tant l’on peut observer le silence du Prince Napoléon. Celui-ci, à plusieurs reprises, a dit être un recours mais un recours se doit d’être connu un minimum de l’ensemble des Français. À l’heure actuelle, les bonapartistes sont orphelins d’un Prince qui se rende compte du nom qu’il porte et des idées qu’il représente. Comme le disait le député de Cassagnac, nous servons les principes avant de servir les Princes, encore plus si ceux-ci ne se montrent pas.

À l’heure actuelle, et contrairement à ce qu’a pu affirmer le délégué national du FNJ, le bonapartisme n’est pas le Marinisme. Il se retrouve dans un patriotisme social apaisé et doit regarder de ce côté-là s’il cherche cet « homme providentiel » dont vous parlez. Il y eut Séguin puis Chevènement. Aujourd’hui il y a Nicolas Dupont Aignan. Mais nous ne perdons pas espoir qu’un jour « homme providentiel » rime avec Prince Impérial.

Nicolas-Dupont Aignan ne manque-t-il pas un peu… de poigne et d’énergie pour incarner cet homme providentiel ?

Depuis les années 2000 que nous suivons Nicolas Dupont Aignan, nous avons pu noter son évolution du stade de « gentil premier de la classe » à celui d’un homme politique ayant plus de punch. Certes, ce n’est pas Bonaparte à Arcole, mais qui le serait de nos jours ? Il y a néanmoins un potentiel que l’on peut découvrir à chacune de ses interventions. Un défaut, ou bien un avantage : il ne peut surfer sur le nom et les sorties de son « papa », comme d’autres, mais il a la même capacité de réaction. Comme un bon sportif en devenir, il sort de sa période d’entrainement et peut se révéler d’un très bon niveau.

En observant ce qu’est devenu le « peuple », c’est-à-dire une masse endormie par la consommation et la télévision, peut-on encore aujourd’hui croire dans le suffrage universel et le plébiscite ?

france bonapartisteNe tombons pas dans la caricature d’un Thiers parlant de la « vile multitude ». Le peuple est plus intelligent qu’il veut bien le laisser voir. Seulement le « peuple » ne réagit plus, tout du moins presque plus, car il n’y a plus, ou presque plus, d’Homme politique qui le fait « bander » ! Excusez-moi du terme, mais c’est la réalité. Comment s’intéresser à des gens qui ne ne connaissent même pas la réalité de se lever le matin pour aller travailler ? Comment s’intéresser à des politiques qui abandonnent chaque jour leurs concitoyens ?

Alors le « peuple » il se tait, il se renferme sur ce qu’il peut encore « maîtriser » (sa consommation) ou bien sur ce qui le fait rêver. Moi-même, à mon modeste niveau, je le vois tous les jours en allant au devant de mes concitoyens. Je ne pouvais imaginer que l’abandon de certains était à ce niveau. Mais il suffit d’une étincelle, d’une cause, et nous voyons le « peuple » se réveiller. Souvenez vous de 2005. Mettez sur le devant de la scène un Politique qui le comprenne, qui sache le quotidien et vous verrez que le « peuple » n’est pas une masse endormie.

Pour conclure, quels sont les enjeux à venir pour les bonapartistes, que vous représentez à travers votre mouvement France Bonapartiste ?

Tout d’abord, continuer à développer France Bonapartiste sur l’ensemble du territoire. Ces derniers mois nous avons pu voir naître (ou renaître) des structures locales (dans le Vaucluse, en Vendée, en Meurthe et Moselle par exemple). Il nous faut toujours tenter de coordonner politique et histoire tant sur le terrain que par le biais de notre bulletin, Le Bonapartiste.

Nous allons aussi continuer à travailler en partenariat avec DLR et DLJ (au sein duquel nous comptons de nombreux amis) dont plusieurs de nos membres sont au Conseil National ou à la tête de départements et circonscriptions. Ce travail en commun nous fera soutenir les listes de Debout La France lors des prochaines élections européennes, en leur apportant un appui militant mais aussi relationnel de part nos connexions dans les milieux napoléoniens mais aussi politiques. Par ailleurs, nous serons aussi présents lors des élections municipales en ayant plusieurs candidats sur différentes listes. Cette participation nous permet de nous implanter localement et de former nos cadres.

Nous n’oublions pas bien entendu notre combat pour le retour des cendres de la Famille Impériale. En résumé, beaucoup de travail en perspective. Tout autant pour montrer que nous ne sommes pas, à l’inverse de certains, des nostalgiques d’un temps révolu que pour montrer que le bonapartisme est encore et toujours d’actualité, que beaucoup lui sont encore fidèles. Les enjeux sont donc électoraux, sociétaux et historiques.

Propos recueillis par Christopher Lings

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A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.

8 commentaires

  1. le gaullisme est par essence bonapatiste , rien de nouveau à cela .

  2. ahhh j’oubliais !

    françois asselineau dans ses interventions politique , lui aussi est bonapartiste , ( enfin ses allocutions le font penser )

  3. la dernière affichette concernant une conférence de M. Asselineau laisse penser le contraire car il se sert de l’Aigle napoléonien pour désigner la dictature de l’U.E. … un bonapartiste ne ferait pas une telle référence !

    pour ce qui est de bonapartisme/gaullisme, effectivement l’on peut considérer que le gaullisme est le « fils » du bonapartisme dans tout ce qui touche les principes.

    • Christopher Lings

      J’ai déjà rencontré François Asselineau et non, il n’est pas du tout bonapartiste. Il considère la France comme un contre-empire et n’a pas une bonne image des premier et second empires. Il se place en républicain et considère Napoléon Ier et Napoléon III comme des monarques, des retours déguisés de la monarchie. Je ne dis pas que c’est faux, je dis qu’il en a parlé de manière négative.

      Les militants de l’UPR savent-ils dire autre chose que « François Asselineau a dit ci, François Asselineau a dit ça » ?

  4. je suis GAULLISTE ET GARDE D’HONNEUR DE NOTRE DAME DE LORETTE , et je suis BONARPATISTE depuis toujours , par conviction surtout NAPOLEON 1ER quand à dupond aignan il ne pése pas lourd dans la république et c’est regrétable

    je souhaite avoir un contacte avec MONSIEUR DAVID SAFORCADA président de FRANCE BONAPARTISTE

    merci voici mes coordonnées mail = dd59135@hotmail.fr à bientôt merci

  5. je suis GAULLISTE ET GARDE D’HONNEUR DE NOTRE DAME DE LORETTE , et je suis BONARPATISTE depuis toujours , par conviction surtout NAPOLEON 1ER quand à dupond aignan il ne pése pas lourd dans la république et c’est regrétable

    je souhaite avoir un contacte avec MONSIEUR DAVID SAFORCADA président de FRANCE BONAPARTISTE

    à bientôt merci

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