mardi, 30 mai, 2017
Abrégé sur la dissidence (II) – Alain Soral, le conciliateur compromis

Abrégé sur la dissidence (II) – Alain Soral, le conciliateur compromis

Soral est ce cinéaste sociologue curieux, si peu commun qu’il apparaît indigeste au premier abord. Homme qui nous vient du monde décadent du « show business » mais qui sut pourtant s’en extirper. Suite à son ouvrage fâcheux « Abécédaire de la bêtise ambiante », il s’est vu dénigré par les médias, mais accepta ce statut de pestiféré ; maintenant la barre face au courant dominant, il nous parut approcher l’idéal dissident – exception faite de sa pédanterie légendaire malheureusement complétée par de ponctuelles divagations marxistes.

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Soral est cependant ce bon berger, qui analyse l’actualité avec justesse et accessibilité. Ses analyses, propres, claires, bien que nécessairement grossières, sont à la portée de chacun. Aussi endosse-t-il à la perfection un rôle essentiel de réconciliateur. Soral semble néanmoins limité dans son approche, car victime de la médiocrité des éléments auxquels il fait leçon, il se borne à un constat perpétuel qui le condamne à demeurer dans une fâcheuse superficialité. En conséquence, ses solutions ne peuvent être que partielles, et ne feront au mieux que retarder l’inévitable chute du monde moderne.

« En tant que républicain Français, démocrate Français et issu de la révolution, j’ai un cerveau qui fonctionne bien » entretien avec Éric Naulleau à propos du livre dialogue désaccordé. Plait-il ? Ce cerveau ne se serait-il jamais saisi des fondamentaux : de l’absurdité de la démocratie – idéal par ailleurs bien éloigné d’un gouvernement représentatif corrompu – comme du caractère profanateur des révolutionnaires ? Mettons cela sur le compte de sa promptitude à user du mode de réflexion communiste, qui le contraignit à quelques méprises et incohérences à propos de l’ordre religieux d’Ancien Régime, sans doute réduit à un mode de « domination ». C’est là le cœur du problème chez Soral : ne pas s’éloigner du matérialisme moderne et ainsi ne pouvoir dépasser le constat et apporter de véritables solutions à l’instar d’un Vincent Vauclin, par exemple.

Malgré un souci réel d’ouvrir les gens à une certaine spiritualité, sa compromission avec le modernisme – antispirituel par essence – rends sa démarche parfaitement illusoire. Soral est en dernière analyse cet homme qui, animé par un souci légitime de pédagogie, vient d’une main apaiser une société globalement migraineuse, mais de l’autre mutile les esprits avertis avec tout le tranchant de la demi-mesure. Il n’y aurait qu’à suivre l’anacyclose décrite par Platon et Polybe pour établir que la démocratie pure et simple n’est que chaos social et tyrannie en devenir. Ne nous attardons pas davantage sur les penchants évolutionnistes de l’analyse soralienne, ceux-ci transpirent abondamment lorsqu’il en vient à traiter de préhistoire. Cette théorie, quoiqu’inoffensive pour l’intellectualité au premier abord n’est pas uniquement scientifique – retenons toutefois qu’elle est contestable en ce domaine –, mais relève d’une philosophie générale de la vie qui admet l’évolution constante de l’homme, parfaitement compatible avec l’idéologie du « progressisme ».

Pour qui a admis le principe de base de la tradition, il est évident que se réalise au contraire une dévolution, et qu’ainsi, l’histoire suit un cours funeste où tous les affluents et les méandres des siècles passés semblent alors se déverser dans l’océan du vide. Or, les cycles historiques rapportés par Hésiode dans sa Théogonie, qui voient les âges se succéder (âge d’or, âge d’argent, âge d’airain et âge de fer), sont également constatables dans la doctrine hindoue au travers du Dvâpara Yuga, du Trétâ Yuga, du Krita Yuga et du Kali Yuga. En cela, la tradition nous révèle avec justesse l’exact opposé de l’optique évolutionniste : l’homme dégénère.

En conclusion, il nous faut dire à sont sujet qu’il se voit tout bonnement étreint par un syncrétisme d’opinions bien difficiles à réconcilier, – parfois totalement opposées comme nous l’avons montré avec la Spiritualité essence du monde traditionnelle, et l’anti traditionalisme des révolutionnaires héritiers des pires vomissures modernes.

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A propos de Jérôme Carbriand

Étudiant en économie, j'ai outrepassé les limites de l'enseignement universitaire en m'intéressant aux post-keynesiens, j'ai en cela une solide maîtrise des réalités économiques. D'autre part, j'ai parallèlement voué un intérêt particulier à la lecture d'une grande partie de la philosophie occidentale dont l'incohérence générale m'a incité à étudier la "métaphysique". Dans cette voie, certains auteurs m'ont véritablement touché, c'est le cas de René Guénon, Julius Evola et Mircea Eliade. Que suis-je donc, sinon une Cassandre sans génie, dont le seul mérite aura été de tomber avant les autres, écrasé par une foule arrogante et aliénée. Je suis le mouton noir d'un troupeau aveugle, dont les yeux s'entrouvrent pour percevoir l'abîme dans lequel nous nous jetons. Je suis le cauchemar de la modernité et la honte de la Tradition pour avoir enduré la boue d'une époque aussi souillée.

7 commentaires

  1. Dans ta présentation de toi-même tu as écris « m’a inciter » alors que c’est « m’a incité » c’est le genre de faute qui ne pardonne pas

    • Il me semble Omar que votre commentaire n’a aucune utilité. L’erreur est humaine et dans ce genre de réflexion le fond et la portée du texte sont les éléments essentiels à analyser. En outre, le reste de l’article est rédigé très clairement. Et j’admire l’originalité du thème.

    • Tout comme venir faire des réflexions déplacées lorsque l’on demeure parfaitement incapable de maîtriser le participe passé du verbe « écrire » révèle votre cuistrerie de petit scribouillard au grand jour. La prochaine fois que vous vous fendrez de quelques lignes désobligeantes, tâchez d’être irréprochable et faites vous aider au besoin.

  2. Alain Soral a beaucoup changé entre ces début et maintenant il encense beaucoup la Tradition depuis 2 ans il le dit lui même les Lumières lui on détruit son monde

  3. Monsieur l’auteur,
    S’il est loin d’être dénué d’intérêt, ce verbiage de grande qualité n’a pour but que de crier votre antirépublicanisme bien né.
    votre conclusion démontre que votre article ne rime à rien. La bât auquel Soral s’est attelé est considérable, et admettre que sa pédanterie n’a pas de limite est la seule critique que vous devriez lui adresser. tout le reste n’est que considérations intellectualo cataclysmiques qui doivent vous servir, en temps ordinaire, à pécho.

    Vous n’êtes d’ailleurs pas sans savoir, puisque vous semblez avoir mené enquête, que Soral revendique clairement ses obédiences. il a eu tribune à l’université d’été de l’action française notamment et a donné conférences communes avec des monarchistes de renom. On constate en visionnant les différents évenements que son verbe ne varie pas tant d’une caste à l’autre, de son canapé rouge à un parterre de catholiques réactionnaires.
    résumer Guénon au milieu sème le trouble. cette digression aurait eu sa place dans vos meilleurs articles (j’aime bien votre trilogie, faut que je le dise aussi!) qui ne sont pas celui là.

    • J’ai eu le plaisir d’exposer quelques raisons de mon « antirépublicanisme » dans l’article suivant. Je fustige la république de 1789 autant que celle d’aujourd’hui, car elle est une conséquence des principes de 1789.
      J’y explique d’ailleurs rapidement que la République de Platon est parfaitement à l’opposé des interprétations fourvoyées de nos révolutionnaires, elle présente en fait une monarchie divine, seule institution temporelle à même de poursuivre la cohérence d’une autorité spirituelle .

      Concernant mes considérations  » intellectualo cataclysmique », outre que l’on voit là l’impact de la pensée de Soral dans votre vocabulaire — qui s’il le pouvait attacherait toute la langue française par de multiples chiasmes — vous user d’un terme très réducteur, car il ne me semble pas que les théories des cycles, se trouvant d’ailleurs chez les hindous, les musulmans , les chrétiens, et divers peuples américains comme dans un grand nombre de traditions ne soient plus une vu intellectuel qu’une connaissance transcendantale, si l’on retrouve la récupération de ces cycles historiques chez Eliade, Guénon , Dumézil ou Hésiode , je doute que ce soit pas simple pulsion  » intellectualo cataclysmique » faite pour « pécho » — qui ou quoi d’ailleurs ?
      Je vous invite à la lecture de « Formes traditionnelles et cycles cosmiques » qui vous apporte le démenti.

      Enfin,mon but — qui semble n’avoir pas été compris — est d’entretenir un regard critique de l’actualité à la lumière des principes traditionnels, aussi dans cet abrégé j’expose un chemins balisé qui dois mener à la véritable dissidence.

      PS : Je suis heureux que mon « verbiage » vous plaise, mais il faut parfois lire entre les lignes et en profiter pour rechercher de plus solides connaissances que celles propagés par l’école républicaine.

      cordialement .

  4. 2 chose…..il ne peut y avoir 2 endosquelette a cette société…. seul 1 supporte réellement notre civilisation…la république ou la ripoublik…les institutions laïcs et démocratiques ou la mafia maconique ?

    conséquence de ce système ..il y a beaucoup plus de cons dans notre société que de gens cérébrés et instruits du passé du présent et de l avenir…une voix valant une voix ; DÉMOCRATIQUEMENT ET ARITHMÉTIQUEMENT parlant….les cons domineront et contrôleront à terme ce système…

    …sauf si le ssytème électorale est totalement pipé…ou que la voix d un lettré vaut plus que celle d’ un couillon
    what else ?

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