lundi, 29 mai, 2017
4 septembre 1870 : La déchéance du Second Empire, un crime de lèse-patrie !

4 septembre 1870 : La déchéance du Second Empire, un crime de lèse-patrie !

Quelque redoutable que soit l’ébranlement révolutionnaire, tant par lui-même que par ses conséquences, le bouleversement peut en être absout lorsque par certaines novations salutaires ou par la suppression de graves abus il compense les maux qu’il a entraîné. Il est rare qu’une révolution n’engendre que ravage et destruction, il faut pour cela, qu’au lieu d’avoir été préparée par le cours naturel des événements, elle ne relève que du choc de passions criminelles ou antipatriotiques.

Quelles furent les causes de la Révolution du 4 septembre 1870 ? Directement ou indirectement, ces causes relèvent de la faction politique qui se faisait appeler « l’opposition ». Pratiquée dans son rôle naturel, l’opposition, loin d’être un péril pour un État, est plutôt un avantage en ce sens qu’avertissant le gouvernement des besoins et des aspirations du pays, elle éclaire le pouvoir sur des dessous que pourraient lui dissimuler l’intérêt ou la flatterie. Dans ces conditions, l’opposition préserve parfois de certaines fautes. Un régime qui gouvernerait sans opposition aurait grand peine à ne point tomber dans l’arbitraire. Ceci pour dire que l’on ne doit voir aucune récrimination sur ce que l’Empire ait eu à lutter contre une opposition quelconque, mais que la cause des malheurs de la Nation se trouve dans les machinations haineuses, ambitieuses ou antipatriotiques d’hommes qui se donnaient comme constituant une opposition gouvernementale.

Sans revenir sur les causes qui déchaînèrent la guerre de 1870 ni sur l’insuffisance de notre organisation militaire dont l’opposition avait empêché la reconstitution en 1868, rappelons seulement que les véritables mobiles auxquels obéirent les hommes de l’opposition étaient la haine et l’ambition. La haine contre Napoléon III qui avait arraché la France à leurs dangereuses intrigues en 1848, et l’ambition du pouvoir. La guerre battait son plein depuis six semaines lorsque le 2 septembre au soir, le gouvernement apprenait que l’Empereur était prisonnier suite à la bataille de Sedan. Ce ne fut que le lendemain que la capitale eut connaissance du désastre. Dans ce deuil si cruellement tragique, que devait prescrire le patriotisme le plus élémentaire ? De faire trêve à toute considération secondaire pour se serrer étroitement autour de la Régente et l’aider à repousser l’invasion ou tout du moins conclure une paix relativement satisfaisante. Mais telle ne pouvait être l’attitude de factieux qui, après avoir compromis, en 1868, l’issue d’une guerre quelconque en ôtant à l’Empereur la possibilité d’assurer l’inviolabilité du territoire, s’étaient ensuite acharnés à rendre la guerre inévitable.

Léon Gambetta

Léon Gambetta

Dans une séance qui eut lieu dans la nuit du 3 au 4 septembre, Jules Favre revint à sa honteuse proposition de déchéance de l’Empereur. Le vote fut ajourné au lendemain. La journée du 3 septembre s’écoula en délibérations incertaines au sein du gouvernement. L’émeute, excitée par les factieux de la Chambre, grondait dans Paris. Il eut fallu qu’une main ferme et providentielle parvint à rallier, au sein du Corps Législatif, une ample majorité, résolue à tout oser pour protéger le gouvernement, de façon qu’arraché aux coups séditieux, il conservât toute sa liberté d’action. Quant à l’Impératrice, elle fit preuve dès le début d’un désintéressement des plus patriotiques, disant à ses ministres après Reischoffen : « Il ne s’agit pas de sauver l’Empire, il s’agit de sauver la France ! » Parole admirable, sans doute, mais pour arriver à sauver la France, il fallait sauver l’Empire ! L’Empire seul avait encore le prestige et le pouvoir de faire face aux événements.

Le général Trochu, gouverneur militaire de Paris, disposait de forces suffisantes pour mettre à terre l’émeute soulevée par les conjurés. Le matin du 4 septembre, il promit fidélité à l’Impératrice sur son triple honneur de catholique, de Breton et de soldat. Quittant à peine la Régente, il pactisait avec les factieux et se faisait nommer par eux chef de leur gouvernement insurrectionnel ! Avec l’élément militaire, il était facile de tout sauver, mais Trochu était l’homme de« l’opposition », c’est-à-dire parjure et traître comme elle.

Le 4 septembre, la Chambre siégeait l’après midi, Thiers déposa à la tribune une proposition conçue en ces termes cyniques : « Vu la vacance du trône, la Chambre nomme une commission de gouvernement de défense nationale… » En quoi le trône était-il plus vacant qu’avant la bataille de Sedan ? Le gouvernement de la Régence ne subsistait-il pas soit que l’Empereur soit prisonnier, soit qu’il se trouve avec les combattants ? Mais les conjurés avaient hâte d’accomplir leur crime. L’insurrection, laissée libre par Trochu fut ouvertement encouragée par les révolutionnaires de la Chambre. On put alors voir Jules Favre, Jules Simon, Jules Ferry, Gambetta, sinistres traîtres, tendre la main aux « émeutiers de la rue » assiégeant le Corps Législatif. Triomphant, Gambetta monta à la tribune pour y lire la déchéance de Napoléon III. Napoléon 1er, dont chaque parole était un oracle, a dit : « Toute faction est un composé de fripons et de dupes. » Dans cette infâme journée du 4 septembre, où étaient les fripons sinon les séditieux du Corps Législatif ? Où étaient les dupes, sinon dans ce peuple qui, six mois après devait impitoyablement fusiller et déporter ce même gouvernement, en faveur duquel il renversait l’Empire et perdait la France.

Donc, Maître Gambetta ayant décidé que Napoléon III n’était plus l’élu des plébiscites, quitta avec ses amis le Corps Législatif. Jules Favre entraîna ses complices à l’Hotel de Ville, où ces grotesques pantins proclamèrent la République en vertu de la même autorité que celle par laquelle ils avaient renversé l’Empire. Puis, ils se constituèrent seuls membres du Gouvernement républicain, à la tête duquel ils mirent Trochu. Je ne suivrais pas les gens de Septembre dans les extravagances de leur lâche et facile triomphe. Laissons-les se vautrer dans la joie immonde d’avoir enfin réussi à briser le trône plébiscité des Napoléon pour en escalader les débris en bâillonnant la France deux fois vaincue.

Que leur importait la France, que leur importait son renom et son bonheur puisque l’Empire était terrassé. À ceux qui douteraient de la longue préméditation des révolutionnaires et qui seraient outrés de l’affirmation précédente, il suffit de citer quelques-unes des paroles par lesquelles ils prirent soin de se démasquer eux mêmes. Rochefort n’écrivait-il pas peu après son élection : « La chute de l’Empire ne serait pas payée trop cher par une invasion » ? Auguste Vitet, en 1871, ajoutait : « Je n’ose maudire l’année 1870, ne nous a-t-elle débarrassée de l’Empire ? » Quant à Ernest Picard, il applaudissait aux conditions de paix : « La conquête de nos libertés, vaut bien la perte de deux provinces ! » Le plan criminel pouvait il être dévoilé avec plus de cynisme que par ces aveux ?

La révolution du 4 septembre, tant dans son essence même que dans ses conséquences, est un crime de Lèse-Patrie !

Emile de Girardin écrivit un article virulent sur les hommes du 4 septembre, qui viendra conclure celui-ci : « Le pays vous maudira et ce sera justice ! Quatre septembre, sois maudit ! »

David Saforcada

A propos de David Saforcada

Napoléonien depuis ses 6 ans, militant bonapartiste depuis l’âge de 15 ans, aujourd'hui Président de France Bonapartiste. Candidat bonapartiste à plusieurs élections locales et nationales. Auteur de nombreux articles politiques et historiques, a publié en 2008 "Louis Napoléon, Premier Président - Dernier Empereur", en 2010 "La République Consulaire, la République Bonapartiste" et en 2013 « Louis Napoléon Bonaparte, l’autorité pour la liberté ».

2 commentaires

  1. Christopher Lings

    La République n’a jamais voulu le salut de la France, se concentrant sur le sien et celui de ses intérêts.

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