L’Union Européenne et l’esprit de collaboration

C’est en lisant les mémoires du résistant Daniel Cordier, « Alias Caracalla », que je suis tombé de manière tout à fait anodine sur une déclaration publique de Paul Baudoin, ministre des Affaires étrangères du 17 juin au 26 octobre 1940 dans le gouvernement de Philippe Pétain, puis dans celui de Pierre Laval, à propos de la collaboration avec ce qu’il appelle « l’Europe continentale ».

Alors occupée par l’Allemagne nazie, la France est coupée en deux. Celle qui résiste, patriote et réunie autour du Général de Gaulle, et celle qui collabore avec l’occupant sous l’impulsion de Philippe Pétain. En octobre 1940, Paul Baudoin, alors ministre des affaires étrangères de la France vichyste, déclare dans une conférence de presse :

« Si la France est disposée à collaborer avec l’« Europe continentale », c’est parce que la France a été envahie trois fois en un demi-siècle et qu’elle a trop souffert, à cette occasion, pour ne pas désirer ardemment une paix dans la justice. Notre nouveau régime, en France, donnera son appui sans réserve à une véritable organisation de l’Europe. C’est dans cet esprit de collaboration internationale avec tous les pays que la France se prépare à reconstruire son économie. »

À bien y réfléchir, ne pourrait-on pas placer ces paroles dans la bouche de l’un de nos hommes politiques actuels sans que cela ne trouble personne ? Cette mentalité défaitiste et cet « esprit de collaboration » avec « l’Europe continentale » ne vous évoque-t-il pas quelque chose, quelque chose qui nous est contemporain ? L’Union Européenne, évidemment !
Car c’est cette même mentalité de la défaite, du renoncement, ce pétainisme ambiant, qui conduit aujourd’hui nos gouvernants à conférer toute notre souveraineté à un organisme supranational et à marcher à grands pas vers l’utopique fédéralisme. On nous répète que nous sommes trop petits, trop faibles, trop insignifiants pour faire face à la mondialisation. Ainsi nous faut-il aujourd’hui « collaborer » avec cette « Europe continentale » pour nous sauver ! Aussi, ce projet de « reconstruire son économie » ne vous évoque-t-il pas les belles promesses qui nous ont été faites avec l’euro ? Pire ! Le fait que « la France a trop souffert » n’est-il pas l’un des arguments de nos chers européistes, nous assurant que la nation c’est la guerre ?

Tout y est ! Ce discours, qui date pourtant de 1940 et sort de la bouche d’un collaborateur de haut rang, résume parfaitement, plus de 70 ans plus tard, ce que nous vivons aujourd’hui. La collaboration internationale et européenne y est présentée comme une nécessité vitale, pour sauver notre économie et nous préserver de la guerre. Ne vit-on pas, toutes proportions gardées, un scénario qui se répète ? J’en ai bien peur. La France est de nouveau conduite à sa perte à cause du défaitisme qui ronge ses dirigeants. Jusqu’où va-t-on supporter ce tragique recommencement ? Quand se situera l’éveil, l’impression de déjà vu ? Nul ne sait.

Pour ses propos et ses actes, Paul Baudouin ne réfugia, à la libération, dans la clandestinité. Il fut arrêté en avril 1946 alors qu’il fuyait vers l’Espagne, et condamné en mars 1947 à l’indignité nationale à vie, à la confiscation de ses biens et à 5 ans de travaux forcés. Si l’Histoire semble se répéter, la justice n’est jamais absente du renouveau.

« Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n’ont pas cédé. » Charles de Gaulle

Christopher Lings

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A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim, Présent.

Un commentaire

  1. « L’histoire n’est qu’un éternel recommencement » (Thucydide, historien de la Grèce Antique).

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