mardi, 26 septembre, 2017

Franck Abed : « La monarchie ne doit pas trouver sa place mais la prendre »

Franck Abed est écrivain, penseur royaliste et catholique. Selon ses propres mots, il oeuvre, via ses livres et son site web, à « la restauration de la catholicité en France, et milite également pour le développement et la pérennité des principes monarchistes, en attendant que le Prince envoyé par la Providence se déclare ».

Le site de Franck Abed

► En cette époque ultra-libérale, mondialisée et laïque, pensez-vous que la monarchie peut encore trouver sa place ?

Franck Abed : La monarchie ne doit pas trouver sa place mais la prendre. La royauté catholique de droit divin est le seul gouvernement légitime pour la France. En s’éloignant des promesses de son Baptême, la France perd sa vocation de Fille Aînée de l’Eglise et finit par oublier sa mission d’éducatrice et d’évangélisatrice des peuples.

La royauté de par la nature de ses institutions et de sa triple légitimité (religieuse, philosophique et politique) se montre la seule voie possible pour répondre aux maux qui ravagent la civilisation européenne et la France en particulier. Pour convaincre les lecteurs de votre blog, je renvoie à mes articles et aux différentes vidéos que j’ai publiées.

► N’estimez-vous pas, malgré vos espoirs sincères, que le combat est perdu d’avance ?

Rien n’est jamais perdu d’avance. Si je pensais que le combat était perdu d’avance, comme vous l’indiquez dans votre question, je me battrais quand même par devoir et par fidélité à des principes religieux, philosophiques et politiques. Le combat pour la France fait partie intégralement de ma vie. Toutefois je pense que nos chances de gagner le combat, à savoir reprendre le pouvoir, augmentent quotidiennement.

Les hommes politiques de gauche comme de droite, mais appartenant aux mêmes loges judéo-maçonniques ont montré, montrent et montreront encore leurs incompétences et leurs incapacités à régler les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés pour la plupart. Leur système vacille plus de jour en jour. Cela nous ouvre de belles perspectives. A nous d’être organisés pour être présents le jour J !

► Comment vivez-vous la déchristianisation de notre société ?

Il faut être prudent et mesuré quand on veut calquer un mot sur une réalité plus complexe que ce qu’elle n’y paraît. Le 18ème siècle en France fut marqué par une guerre contre l’Eglise et la religion catholique. Pourtant le 19ème siècle en France et dans le monde fut une excellente période pour l’Eglise universelle. De nombreuses congrégations naquirent en France moins d’un siècle après la terreur révolutionnaire, et beaucoup de Saints virent le jour durant ce 19ème siècle.

De même quand je me rends dans ma paroisse ou au Pèlerinage de Chartres, qui entre parenthèses fêtera ses 30 ans l’année prochaine, je ne pense pas que l’Eglise recule bien au contraire. De même il faut savoir que le nombre d’écoles catholiques hors contrat n’arrête pas de croître en France, au point que messieurs les députés commencent à s’en inquiéter. Un moine bénédictin au sujet de la crise de l’Eglise me confiait de manière intelligente et drôle : « Depuis 2000 ans c’est une tradition de la maison » et pourtant Notre Sainte Mère l’Eglise reste debout !

► Suite à votre entretien avec Alain Soral, nous avons pu constater de fortes divergences de point de vue concernant le concile Vatican II. Quel est votre avis à ce propos ?

Beaucoup critiquent ce Concile alors qu’ils n’ont même pas pris la peine de lire et d’étudier les Actes Officiels de ce dernier. D’autres lui donnent une importance démesurée et certains voudraient le réduire à un conciliabule. Tout cela n’est pas très raisonnable. Il faut étudier sérieusement les textes au lieu de parler dans le vent. L’Eglise en 2000 ans en a vu d’autres et je ne doute pas qu’elle restera debout quand les prochaines secousses agiteront le monde. L’Eglise a quand même résisté à la terreur révolutionnaire, au marxisme, au national-socialisme, au fascisme et si on remonte plus loin aux invasions barbares…
Dans le même esprit, que pensez-vous de Benoît XVI, son parcours et ses actions en tant que Pape ?

Je suis un fils aimant qui reçoit les décisions du Saint-Siège avec confiance et respect. Je suis trop indigne pour juger les actions du Saint-Père quelqu’il soit. Il faut se garder de l’esprit du monde et du démon de l’orgueil. Il est au demeurant insupportable d’entendre les uns et les autres attribuer des bonnes ou des mauvaises notes lorsque Benoit XVI s’exprime à l’oral ou l’écrit.

Il est encore plus énervant de voir que nous catholiques, nous ne nous occupons pas du rôle des femmes dans la franc-maçonnerie ou dans le judaïsme par exemple. A contrario les non catholiques nous exaspèrent à s’occuper du célibat des prêtres, qu’ils se convertissent à la Vrai Foi au lieu de parler de sujets qu’ils ne maîtrisent pas.

► Quel est votre regard sur le patriotisme ? Est-il compatible avec l’Eglise, si l’on considère la France comme Sa fille aînée ?

Le patriotisme est l’attachement à la terre de nos pères. Il n’y aucune incompatibilité avec la doctrine de l’Eglise. Pour ce sujet précis, je renvoie au livre du Bienheureux Jean-Paul II : Mémoire et Identité : conversations au passage entre deux millénaires, qui j’espère éclaira vos réflexions.

« L’exemple de la Grèce doit nous inspirer »

► Certains, comme Pierre Jovanovic, estiment, après avoir croisé les textes saints et la situation actuelle, que nous vivons une période de fin des temps, de fin de cycle. Qu’en pensez-vous ?

Pierre Jovanovic propose des critiques et des analyses intéressantes sur la modernité, le pouvoir exorbitant des banques, la crise financière. En revanche quand il tente de se muer en théologien ou en exégète de la Sainte Ecriture, le résultat ne se montre guère brillant et cela s’est vu dans la vidéo que j’ai réalisée avec lui. Quoi qu’il en soit, il demeure évident que nous sommes dans la fin d’un cycle initié par et avec la révolution de 1789. Le système républicain en France est à bout de souffle. Il se montre incapable de régler le moindre problème. En revanche il est doué pour nous en poser et nous pondre des lois abjectes : loi Gayssot, Rocard, Taubira, Pleven ou pour piller l’argent des Français.

L’exemple des radars confirme cette volonté des politiques en place de se servir plutôt que de servir. Les mondialistes sont très puissants mais ils ne sont pas tout-puissants. De nombreux peuples à travers le monde se révoltent et l’exemple de la Grèce doit nous inspirer. Les Grecs par le passé montrèrent le chemin de la civilisation à tout un continent voire même au monde entier. Je souhaite que les Grecs chassent de leurs pays les magouilleurs, les profiteurs et les banquiers apatrides qui les exploitèrent allègrement. J’espère également que nous saurons les imiter s’ils parviennent à se libérer de ces gens-là.

► Quel regard portez-vous sur la franc-maçonnerie ?

Dès le 24 avril 1738, le Pape Clément XII condamnait la franc-maçonnerie avec la bulle pontificale : In eminenti apostolatus spécula. Cette condamnation ne fut que la première d’une longue série, car pratiquement tous les successeurs de Clément XII l’ont reformulée. L’enseignement constant de l’Eglise Catholique reste profondément clair à notre époque en dépit des délires de certains.

En effet la condamnation de la franc-maçonnerie par l’Eglise fut confirmée par une déclaration de la Congrégation de la Doctrine de la Foi (dirigée alors par un certain Cardinal Ratzinger), en date du 26 novembre 1983 : « Le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ; c’est pourquoi il reste interdit par l’Eglise de s’y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion. »

Le regard de l’Eglise sur la maçonnerie est donc le mien. J’ai d’ailleurs réalisé une petite vidéo sur le net intitulée : Humanum Genus par Léon XIII, que je conseille fortement à vos lecteurs. Il s’agit d’une encyclique qui condamne le relativisme philosophique et la secte des franc-maçons.

► Pour terminer, j’aimerais savoir ce que vous pensez de deux personnages historiques qui me sont chers, Napoléon Bonaparte et Charles de Gaulle.

J’avoue n’éprouver aucune sympathie pour le Colonel de Gaulle. J’ai écrit un petit article disponible dans mon site qui s’intitule : De Gaulle un mythe infondé (20 novembre 2010), qui résume très bien ma position sur le sujet. Comment est-il possible de se satisfaire d’une personne qui arriva dans les fourgons de l’étranger, qui largua l’Empire Colonial, qui laissa la banlieue, la Culture et l’Education aux rouges avec les résultats désastreux que nous connaissons aujourd’hui, qui nomma Pompidou, formé chez les Rothschild et qui fut l’auteur de la désastreuse loi de 1973 marquant la fin de la souveraineté économique française ?

Pour Napoléon, en dépit de certaines erreurs dramatiques et lourdes de conséquences comme la renaissance du Sanhédrin ou la reconnaissance des juifs comme citoyens dans l’Empire, la guerre d’Espagne et la conservation de certains « acquis » de la révolution, il n’en reste pas moins à mes yeux uns de plus grands hommes de l’histoire de France et peut-être le plus grand génie militaire de tous les temps.

Propos recueillis par Christopher Lings

A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.
Revenir en haut de la page