jeudi, 30 mars, 2017
« Le procès de Rouen », la dernière victoire de Sainte Jeanne d’Arc

« Le procès de Rouen », la dernière victoire de Sainte Jeanne d’Arc

Lorsque son juge lui demande si elle pense être dans la grâce de Dieu, Jeanne répond : « Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; et si j’y suis, Dieu m’y tienne ! » Cette phase merveilleuse, tirée comme une flèche qui part droit au cœur, devrait prouver à elle seule qu’il y a quelque chose de surnaturel chez cette jeune fille de 19 ans, sans éducation, qui tient tête à 50, parfois 70, juges hostiles sous le regard d’une foule qui ne l’est pas moins.

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Dans son ouvrage remarquable sur le procès de Rouen, Jacques Trémolet de Villers nous conte la dernière « grande victoire » de la Pucelle avec l’œil avisé du juriste. Ils sont nombreux les généraux, les officiers, les guerriers impitoyables à avoir baissé les armes devant un simple tribunal. Ayant perdu tous leurs moyens face à la justice intimidante, ils sont restés prostrés, confiant l’entièreté de leur défense à leur avocat. Pas Jeanne.

D’avocat d’ailleurs, elle n’avait guère ; si ce n’est, bien sûr, ses « voix ». Et c’est là que l’analyse rationnelle (républicaine ?)  de ce procès s’effondre : sans l’aide de Dieu, par l’intermédiaire de Sainte Catherine et Sainte Marguerite qui se révélaient à elle tous les jours, Jeanne d’Arc est inexplicable. Il est déjà invraisemblable qu’une jeune fille illettrée, analphabète, partie de rien, se soit hissée en quelques semaines au rang de général d’armée, gagnant la confiance du roi, le faisant sacrer à Reims et remportant à bout de lance la fulgurante campagne de la Loire. En tant que chef militaire, Jeanne a été extraordinaire. En tant qu’accusée, elle a tout simplement rejoint le camp des martyrs… et des saints.

Car la lutte judiciaire aura été bien plus difficile à mener que la lutte armée. Jeune, seule, sans éducation, Jeanne a fait mieux que plaider sa cause : elle a bousculé, dérouté, mis ses juges face à leur conscience et à la sincérité de leur foi. Guidée par le Seigneur « premier servi » face à une Église militante schismatique et entièrement soumise au « Roi de France et d’Angleterre », la Pucelle de Domrémy a affiché une confiance en soi et une aisance à en faire pâlir l’infâme évêque Cauchon. Mais point d’arrogance chez Jeanne. Elle le dit, elle le montre : elle n’est que l’instrument (politique) du Ciel destiné non pas à sauver les âmes, mais bien à rendre ses droits à Charles VII et à bouter l’Anglais hors de France. Une justice du bon sens où il convient de rendre à chacun ce qui lui est dû. Elle le paiera de sa vie, mais fera mieux que sauver son âme.

À partir des procès verbaux authentiques de cette véritable mascarade judiciaire, où Jeanne se dévoile par ailleurs sous un français magnifique, Jacques Trémolet de Villers nous fait revivre magistralement cette dernière bataille, celle qui verra cette jeune inconnue de Domrémy portée aux flammes devenir, après bien d’autres péripéties, « Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France ». 

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A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.
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