samedi, 27 mai, 2017
Renaud Camus, théoricien de la rupture civilisationnelle
Renaud Camus en 2011 (wikimedia CC).

Renaud Camus, théoricien de la rupture civilisationnelle

Si il est un sujet sérieux qui est devenu sulfureux plus que tout autre dans le débat politique français, c’est bien celui de l’immigration, car elle attrait non seulement à l’économie, mais aussi à des hommes, et à la conception de l’Homme que produit une civilisation. Thématique tantôt vantée, tantôt vilipendée, tantôt méprisée.

Jean Raspail, la plume qui a écrit Le Camps des Saints, célèbre récit catastrophe relatant une arrivée en masse d’immigrants destructeurs, connaît une certaine postérité à travers Renaud Camus. Ce dernier est un bourgeois soixante-huitard, dont le parcours est pour le moins intrigant. Il considère – cela est rare pour être souligné – la langue et l’art de manière paternelle, œuvre à leurs sauvegardes. Applaudi par les Identitaires1 pour ses prises de position, le voici aujourd’hui reclus dans le château de Plieux dans le Gers, duquel il rédige son Journal. C’est sans appel qu’il nomme l’innommable à travers un concept phare, non pas un concept, mais une réalité dit-il : Le Grand Remplacement, la pire tragédie que la France ait connue. Une « crise » bien plus titanesque que les autres, puisqu’elle constitue un enjeu historique . Il désigne par là le Changement de peuple, la fin programmée de notre Histoire par le poids de la démographie. Il s’en suivrait une Histoire qui ne serait plus la nôtre.

Il est avant tout le défenseur d’un cadre de vie – l’In-nocence – dans lequel on ne ressent plus le besoin de mettre en place alarmes et barricades. Une vie au sein de laquelle les individus ont le soucis de nuire le moins possible. Une vie qui était réelle il y a peut-être moins de trois décennies. Il y trouve le symptôme du changement de civilisation que certains vantent2. Il dénonce par ailleurs ce qu’il nomme le Muchiellisme – du sociologue Laurent Muchielli – la faculté que l’on se donne, ou plutôt qui nous est imposé, à ne pas voir la gravité de ce qu’il se passe.

Il préside en ce sens le Parti de l’In-nocence, et récemment le mouvement du NON au Changement de Peuple et de Civilisation. Il est avant tout pour ses lecteurs les plus chers le rédacteur d’un grand nombre d’églogues, de son Journal annuel et de plusieurs miscellanées. Mais il se distingue aussi en tant qu’écrivain en matière politique, en voici quelques ouvrages aux titres évocateurs : La Grande Déculturation (2008), Le Grand Remplacement (2011), L’homme remplaçable (2012), Les Inhéritiers (2013) et Suicide d’une nation (2014).

Que retenir de sa démarche ?

Le Grand Remplacement

L’écrivain Renaud Camus désigne par « Grand Remplacement », le changement de peuple qui est en cours en France, et en Europe plus généralement. Il conçoit un système cohérent expliquant ce que le peuple voit, mais ce qu’il ne doit pas voir, ce que les politiques tolèrent, mais qu’il faut taire, ce que l’avenir nous réserve, mais que l’on ne doit pas concevoir.

Fait principal, la France subit une immigration de peuplement à majorité africaine, et en particulier maghrébine, depuis plus de trente ans. À la fois clandestine et légale, elle s’apparente pour lui à une véritable « contre-colonisation ». On peut le rapprocher de Poutine sur ce point, qu’il ne porte pas par ailleurs en haute admiration, qui affirmait : « La France deviendra la colonie de ses colonies ». Pour le penseur du Changement de peuple, il est clair que si un État est capable d’assimiler des individus en petit nombre, une population entière, avec elle sa marque culturelle, ne saurait être assimilée. D’autant plus, avec la faiblesse des moyens que nous mettons en œuvre (voir §2). Un peuple traîne avec lui toute une puissance à laquelle il ne renonce pas à la simple expérience de sa migration. Songer au contraire revient à avoir « une conception bien basse »3 de l’Homme, le percevoir comme « substituable », « interchangeable », « délocalisable ».

On peut par ailleurs évoquer les taux de fécondité différents des natifs et des arrivants, à 2,8 enfants par femmes pour ces derniers, afin d’expliquer la rapidité supérieure de la « repopulation » subie. Le nôtre est inférieur à deux enfants par femme. À titre personnel, ni Le Non, ni le Parti de l’In-nocence n’ayant pris position sur la politique nataliste, l’auteur pense qu’il relève du suicide de vouloir imiter sur ce point « nos colonisateurs », que cela conduirait à une surpopulation nauséabonde. De plus, ce serait un désastre sur le plan écologique, qui contredit l’attachement au paysage de l’observateur soucieux qu’il est.

À l’opposé de son malthusianisme, on peut par ailleurs penser comme Jean-Marie Le Pen : la démographie fait l’Histoire et la faiblesse de la nôtre est un symptôme des funestes politiques modernes anti-familiales. Que l’on adopte l’une ou l’autre attitude, il n’en demeure pas moins que l’on peut adhérer à un programme ordonné de lutte contre le Grand Remplacement. Ce que l’on peut admettre, c’est que si les pays émigrants grandissent en nombre d’habitants et que les ressources ne se trouvent nullement augmentées de manière géométrique, sans mise en place de barrage fictif et réel par les autorités, la France se verra submergée. Elle le sera non sans « nocence » due aux heurts entre deux ensembles de lois opposés, les leurs et les nôtres. L’épée de Damoclès de la guerre civile plane sur nos têtes, elle prend sa source dans ce que l’on nomme pieusement « incivilité » voire « insécurité ».

À défaut d’une pudibonderie ridicule, on est contraint, comme R. Camus dans sa démarche, d’évoquer la civilisation arabe et l’Islam. L’une ne se séparant pas de l’autre. La première est une civilisation, reconnue par lui comme un grand foyer culturel hautement estimable, la seconde est appréhendée comme « une religion très dynamique, très aimée de ses fidèles, très naturellement et comme invinciblement portée à la conquête » ayant survécu à sa dépolitisation, comme celle qu’a subi le christianisme.

Les plus impérialistes d’entre-eux ne sont pas atteints de cécité. L’ Imam Marwan Muhammad aurait déclaré à la mosquée d’Orly au mois d’août dernier : « Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? […] Personne n’a le droit de nous nier cet espoir-là. De nous nier le droit d’espérer dans une société globale fidèle à l’islam. Personne n’a le droit dans ce pays de définir pour nous ce qu’est l’identité française ». Pour R. Camus, dans les quartiers « sensibles » – euphémisme, terme pour ne pas dire « insensibles » selon l’auteur – cette dynamique s’observe tous les jours : il suffit d’y mettre les pieds pour voir que les paysages ont changé, tout comme les mœurs. On ne peut que s’y confronter, face au mur de la réalité.

Mais toute cette analyse n’est validée que par un processus précédent tout cela, rendant possible ce changement civilisationnel.

La Grande déculturation

Le Grand Remplacement ne serait pas effectif sans une œuvre première : le déracinement par l’acculturation de masse, « l’industrie de l’hébétude ». Au fond, « seul un peuple hébété se laisse mener sans regimber dans les poubelles de l’histoire ». Pour résumer, nous dirons que la Nature a horreur du vide, qu’ un peuple qui a fait l’économie de ses lettres et de son héritage a bel et bien vocation à se faire supplanter, à ne plus, comme cela a pu l’être par le passé, être d’avantage assimilateur qu’assimilé.

Tout d’abord, au sommet, « l’élite » n’a plus d’élite que la dénomination : l’erreur est que l’on désigne aujourd’hui par ce mot non plus les gens cultivés, riches et influents, mais seulement les gens riches et très influents. Est venu au pouvoir intellectuel, au fil du temps après 68, une petite bourgeoisie précisément sans culture, sauf si l’on en vient considérer la malbouffe cérébrale américaine comme une culture digne de ce nom (ce qui ne condamne pas la « bonne » culture américaine). S’il fut tant convenu de critiquer la bourgeoisie, elle eut au moins le mérite d’avoir offert de somptueux trésors littéraires qui consolidaient un tant soit peu le corps social. Celle-ci est morte. Une autre sans savoir l’a remplacé. Aujourd’hui, ce que l’on nomme « bourgeoisie » est une classe devenue illégitime au plus haut point car, utilisant de plus l’arsenal de la médiocrité médiatique, elle est la classe qui précisément n’avait aucune culture. Le conformisme, c’est d’être tous petit bourgeois, dit-il dans son essais acide sur ce thème : « Vous n’avez pas l’impression de vivre sous une dictature, soit. Il y a à cela deux raisons bien simples, à mon avis. La première raison, c’est que le dictateur c’est vous !… ». Là est le Petit Remplacement, aux conséquences colossales.

D’un point de vue macro-social, l’hyper-démocratisation de l’enseignement a, elle, tourné au désastre. On pourrait dans un premier temps songer que cette démocratisation a été bénéfique car a touché un grand nombre. Que diable, cela est tromperie ! À trop vouloir l’égalité, la tâche a consisté d’avantage à la baisse du niveau de connaissance, qu’à l’élévation de tous. Un titulaire du CEP de jadis pouvait avoir – sans déformer la réalité – plus de niveau qu’un titulaire d’un baccalauréat d’aujourd’hui. Sans appel dans son Journal 2013, il produit un constat lancinant : « la culture, au lieu d’être un train qu’il faut toujours prendre en marche et qui vous emmène vers des pays inconnus, est un gentil bus scolaire qui, certes, vient vous chercher à votre paillasson mais qui, par compensation, ne fait plus que tournicoter sympathiquement dans le voisinage, guettant qui d’autre il pourrait bien ramasser et ne vous exposant jamais, pour ne pas vous froisser, qu’à ce que vous connaissez déjà (c’est-à-dire à rien) ». L’héritage de Bourdieu est en ce sens une véritable plaie ouverte, lui qui à force d’inciter à la fin des discriminations, a dilapidé la Culture, qui par nature ne peut exister que dans un rapport de domination. Ce que l’on nomme « culture » a changé radicalement, de même que ce que l’on nomme « musique ». Nous en sommes arrivés à un point où l’on ne peut parler de Victor Hugo dans le Monde sans y ajouter devant :« l’écrivain », déplore Camus. Le soucis est que nos arrivants n’ont sans doute rien perdu de leurs êtres, certainement pas au sinistre degré où nous sommes.

L’idéologie de l’homme universel

En réalité, aujourd’hui, deux pensées concrètes s’affrontent : Hermogène et Cratyle . Pour les premiers, « les remplacistes », les sophistes d’aujourd’hui, la France est un fleuve : « tout passe, tout coule, tout s’écoule sans fin ». On est alors dans la redéfinition permanente de ce que nous sommes. La France n’est qu’une abstraction à un moment t, disons plutôt une entente collective, que l’on peut – que l’on doit – redéfinir à merci. On n’explique dans un premier temps l’entité non par l’Histoire mais par le sens qu’on lui donne conventionnellement. Le pays doit continuellement s’adapter aux nouvelles données qu’on lui soumet, fatalement condescendre à l’air du temps. Ils la définissent par la voie négative : ni catholique, ni blanche, ni romaine, ni sédentaire, ni gauloise. Pays sempiternellement en retard que nous gouvernons ! Il n’y aurait pas lieu de lutter, tout doit se fluidifier, se liquider. Comme l’affirme Victor Hugo, la réaction est « une barque qui remonte le courant mais qui n’empêche pas le fleuve de descendre ». Rien ne doit s’opposer au progrès.

Lorsqu’ils en arrivent à l’Histoire, il procède à un révisionnisme sidérant, porté par l’idéologie antiraciste : la France aurait été libérée des Allemands par ses protectorats et colonies ; la France a toujours été une terre d’accueil comme aujourd’hui ; la France a une Histoire Black-Blanc-Beur. Tout cela n’est que le « faussel », « double inversé du réel ». Cette réécriture de l’Histoire a contaminé toute une élite politique : prenons l’exemple de l’ancien président Jacques Chiraq qui a affirmé, au nom d’une idée de l’Europe, que « les racines de la France [étaient] tout autant musulmanes que chrétiennes ». Si l’influence du monde musulman est avérée sur la culture occidentale, employer l’adverbe « autant » à valeur d’égalité et fourvoyer ainsi la génétique de la nation relève du mensonge éhonté à dessein politique, à la plus vile acception du terme.

Par ailleurs, les antiracistes œuvrent ainsi toute impunité en la faveur de la goguenardise de Brecht: « puisque le peuple vote contre le gouvernement il faut dissoudre le peuple ». Il suffit de lire les programmes de Terra Nova qui pervertissent le principe d’égalité afin de détruire la Nation. L’auteur a ainsi qualifié au cours du procès intenté, le MRAP de « Mouvement pour le Remplacement Accéléré du Peuple ».

Nulle vérité, donc nulle morale, ne peut découler de l’idéologie antiraciste qui se base sur deux postulats absolument contradictoires : 1. Les races n’existent pas. 2. Les races sont égales . Voilà un défi insondable pour la raison humaine, qui ne peut conduire qu’à une axiologie déficiente. Ici est le cœur de la contradiction incessante des curieux prophètes « du droit à la différence » qui prônent par ailleurs que différences il n’y a pas. Eux qui prônent la différence œuvrent en réalité à la standardisation des comportements et des pensées. Ils ne cessent d’entamer des procès en lèse-diversité, pour délit d’intolérance, dans le sens de la pensée unique : de nouveaux moralisateurs d’un nouveau sacré. Mais ils ne font que tromper, occulter, soustraire des problèmes. Lorsqu’on les pose, ils alimentent la confusion entre race et culture afin « d’Hitlériser » leur contradicteur. Voici la « deuxième carrière d’Hitler ».

Les équivoques de la pensée « Camusienne »

Si l’on peut congratuler le savant pour la manière dont il remet en cause la doxa et la « novlangue » Orwellienne, par son approche de la crise identitaire avant tout sur l’axe de la culture et la civilisation, on peut estimer que le travail est en partie inachevé.

En effet, on a bien envie de lui demander : « Mais à qui profite donc le crime ? ». Si l’on comprend par sa démarche pourquoi la gauche internationaliste se rend complice de pareille aventure, comment concevoir l’alliance objective que nous subissons entre ces néo-libertaires et la droite libérale orléaniste ? Si l’auteur à quelques reprises reconnaît l’ « emboîtement » de plusieurs phénomènes, économiques et sociaux, s’il esquisse l’idée de marché en parlant d’homme « corvéable » et à travers le champs lexical du marché, s’il est conscient que derrière le « tous petits-bourgeois » se cachent un internationalisme prolétarien, il ne conçoit pas suffisamment que l’avènement de l’homme universel va de pair avec le sens de l’économie normative Walrassienne qui se base sur l’ homo economicus, être sans visage aux choix dictés par la rationalité économique. Sans attaches traditionnelles, ne sommes-nous pas simplement esclaves de nos pulsions à consommer, parfaits pour le profit du Grand Marché ? Si l’on peut vanter son rejet de l’ économisme, on peut affirmer que l’être hors-sol se conçoit tout aussi sur le plan économique et que ce n’est pas sans importance. Sans recourir au complotisme, on peut observer sur le même plan que toute cette entreprise va dans le sens de l’intérêt du Capital.

Ce défaut conduit Camus à rejeter l’importance que l’on donne aux enjeux sociétaux, comme récemment le mariage pour tous, pour lequel – étant contre – il n’a pas activement rejoint la lutte. Marx quant à lui concevait bien que le capitalisme mondialisé s’appropriait le moindre pan du social, afin de faire de l’individu le « jouet » du capitalisme. La réalité, jusque dans la sphère la plus intime de l’individu, devenant « fond disponible » au sens Heideggerien, la classe capitaliste ne peut que se frotter les mains. Par ailleurs, sa vision monolithique conduit à une incohérence majeure, notamment la défense de l’euro qu’ il opère au nom d’un refus partagé du changement de peuple par la civilisation européenne. Pourtant cette monnaie incarne par essence même, par son manque flagrant de référent identitaire, le Grand Remplacement qu’il conspue.

D’autre part, la rigidité excessive de sa démarche peut conduire à un déterminisme trompeur, à réduire le pluriel à une horde cohérente, une armée. Par exemple, quand on discute du rôle des musulmans dans les Manifs Pour Tous, Camus s’empresse de les voir comme des agents doubles qui renonceront bientôt à la langue du pays d’accueil. Cela est à lier à la critique précédente, mais aussi à une autre. Sans aller dans le sens des apologues de l’homme universel, on peut reconnaître que l’attachement des musulmans français à un certain sens de l’honneur et de la transmission peut parfaitement être mis à l’œuvre pour la mise en place d’un effet d’« en-soi » national dans la typologie de Merton, sans les soupçonner d’un quelconque cynisme. Si l’on doit en effet condamner fermement la « nocence » générale que l’immigration accentue, on peut croire, et même légitimement penser, que nombre d’immigrés de fraîche date peuvent parfaitement « faire France » comme tous les citoyens. Encore faut-il ne pas leur attribuer un projet de colonisation auquel ils répondent de fait. Si demain nous remettions la patrie au goût du jour, si l’on remet en marche le roman national et la politique d’assimilation, on peut se convaincre que, si certains auront vocation à trépasser, d’autres accepteront le nouveau modèle français. Le prima du problème est avant tout le lavage de cerveau, l’acculturation du peuple, qui interdit ainsi la mise en place d’un tissu social.

Si R. Camus appelle évidemment à lui les musulmans patriotes anti-remplacistes, sa théorie trop mécanique peut parfois compromettre la complexité du problème contemporain. Il affirme que l’on ne peut assimiler un peuple à un autre, or on peut défendre que si l’on fournit une machine à faire des Français, que l’on met fin à la crétinisation des masses par le « bourrage de crâne », la civilisation peut se préserver à travers de multiples individus de lignées différentes. Adhèrent-ils au fond au projet « remplaciste » ? Les musulmans, que l’on a pris pour clientèle depuis trop longtemps, commencent à ne plus vouloir être le levier du gauchisme. C’est parce que la syndicaliste Anne-Marie Haller les a traités – parmi d’autres minorités – de « public crédule et peu éduqué » après l’affaire des retraits des écoles à cause de la propagande d’État au sujet du genre, et surtout parce qu’ ils voient comme tout le monde la vacuité de l’avenir que l’on nous réserve qu’ils commencent à refuser d’être infantilisés par la politique.

Abattre les chiens de garde et s’unir

À la non-civilisation actuelle, nous devons substituer un idéal spirituel communément admis, la Nation, car elle a la vertu de faire une frontière entre le soi et le non-soi, ce qui permet tout aussi un rapport apaisé à l’Autre. Si l’Autre veut rester l’Autre, il s’exclut lui-même. Si l’étranger n’est plus une menace mais que l’on peut l’admirer sans crainte, on peut dialoguer avec lui et s’admirer mutuellement. R. Camus a déjà affirmé aimer l’étrangeté. La frontière a le mérite de l’apaisement.

Pour l’auteur, le temps presse. L’horloge tourne. Et la population ne cesse de bouger, au point qu’il n’y ait plus de peuple français homogénéifié par un socle commun. L’abêtissement ne cesse de progresser dans le bain de la mondialisation, au point que l’on se laisse bercer par les fables droit-de-l’hommistes. Et l’aiguille se balade. Tandis que le Grand Remplacement s’accélère de plus en plus. Dans le sang des affrontements de rues et dans l’inquiétude qui pousse à partir. Mais jusqu’où aller?

On peut reprocher à l’auteur d’exagérer la courte durée de temps que nous possédons, car certaines sources présentent seulement près de dix pour cent de musulmans en France d’ici quinze ans. Mais même si l’on peut s’appuyer dessus et que la Providence nous offre cinquante ans, doit-on observer passivement la mort d’une civilisation voulue par la haine de soi de nos élites ? Tous les Français de cœur, quelle que soit leur ascendance (a-t-on besoin de le préciser ?), ainsi que les étrangers en situation régulière attachée à la France, de même que les hommes politiques étrangers soucieux de la France, doivent s’unir pour défendre la Nation française contre ceux qui veulent tirer un trait sur l’Histoire. Les patriotes doivent se mettre d’accord sur le plus essentiel, la survivance de l’ État comme incarnation du supérieur. La France n’existe que parce que nous – les Français – en décidons ainsi.

Heureux espoir, il y a ceux, descendant de Cratyle, qui croient encore en la France sans la dépouiller de son être. Ce n’est pas tant l’Islam lui-même qui est le nœud de notre problème du mal-vivre (l’intégriste laïque se trompe en cela) ; c’est bien d’avantage l’abandon de l’idée de « France », historique et culturelle comme étant le moule de chacun.

Individuellement par les prophètes du « droit » à la différence ; collectivement par le déracinement à marche forcée et la complaisance coupable que l’on mène en guise politique sociale, les « remplacistes » forment un peuple protéiforme, qui s’ homogénéise de lui-même par localités et qui se scinde selon les repères des différents groupes. Ceci ne peut que déboucher sur un futur conflit armé entre les différentes cultures, comme l’histoire de France en témoigne. Il ne s’agit pas de nier le poids de l’économie, qui rejoint idéologiquement ce que l’on évoque, il s’agit de regarder en face la crise identitaire.

Il subsiste bien une population à qui nos dirigeants n’ont pu appliqué la « lobotomie citoyenne ». Ils sont ces divergents français que les larmes broieront le jour où Marianne et Sainte-Marie auront été saccagées par « des barbares ». Sachez, messieurs les remplacistes, qu’il demeure des imbéciles qui sont nés quelque part. Nous en faisons partie.

Anthony La Rocca

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A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.

7 commentaires

  1. Bien que j’apprécie certain aspect de l’analyse de Camus, j’apprécie d’autant plus votre propre point de vu , notamment lorsque vous en soulignez les équivoques .
    Effectivement l’Islam ne me paraît pas un ennemi de la France mais plutôt un allié en cela qu’il s’oppose à la laïcisation de la société, à l’homme indifférencié prôné par le républicanisme . Les vrais musulmans, on ne les vois pas et on ne les entend pas, ces salafistes qui s’activent dans les mosquée en sont les ennemies invétérés.
    Le vrai musulman est un « soumis à Dieu » et d’ailleurs les Chrétiens devraient l’être tout autant.
    Cependant force est de constater que le « grand remplacement » est un fait et qu’il sera un des facteurs d’anéantissement de la France.
    Il ne faut pas oublier que la civilisation n’est pas uniquement française — en fait elle ne l’est plus — , mais représenté par toutes les traditions, et c’est pour elles qui faut se battre.

    • Je suis d’accord que ce qui doit nous doit-être avant tout la religion de l’indifférenciation qui permet le Grand Remplacement non l’Islam qui n’est que second. Je crois que la laïcité n’est pas une Culture, c’est une politique permettant de coexister, elle ne doit être que ça. Je suis pour que la religion aille dans le privé, mais je ne suis pas pour que l’on affirme un droit chemin laïc, que l’on méprise les croyants et que l’on bouffe du curé ou de l’imam comme C. Tassin par exemple.

      Toutefois, lorsque vous parlez de « vrais musulmans » je serais plus prudent, car face à la diversité des interprétations et des croyants, il me parait difficile de parler de « vrai Islam ». Si l’on me permet le pluriel, il y’ a des Islams intolérables en France car s’opposant à nos lois et d’autres que l’on peut accepter.

      Il y ‘a une part de musulmans patriotes, qui aime la France comme un pays chrétien. Il faut défendre les traditions françaises. La France pluriséculaire n’est pas un pays musulman et ne saurait l’être.

      Enfin que dites-vous lorsque l’on affirme que la laïcité est née au sein du catholicisme?

    • Il y a 2 types de musulmans, mais il n’y a qu’un coran.
      Il y a des musulmans qui vivent une foi, apparemment apaisée, sans percer réellement les préceptes de leur religion. Ils sont nombreux et ils ne sont pas forcément des ennemis déclarés de la France. Ce qui ne veut pas dire qu’à terme ils n’adouberont pas une France qui ne sera plus elle.
      Il y a ceux qui connaissent les fondements et les visées du Coran. Car, si quelques intentions de l’Islam peuvent prêter à l’interprétation, il est, en revanche des commandements, parmi les plus déterminants, qui n’offrent aucune voie à la discussion. Ces croyants là ne sont assurément pas les amis de la France du moins au sens où nous comprenons le mot « ami ».
      Pour ces derniers, le sens de l’histoire ne se conçoit que dans l’unicité de « la loi islamique » et l’unité de celle-ci à l’échelle du monde. Les moyens propres à la réalisation de cet objectif importent peu pourvu que le courant soit irrésistible. En cela nous sommes confrontés à une agression qui vise purement et simplement à une annexion sans compromis et sans complaisance.

  2. Ils ne faut pas reprocher aux musulmans d’être ce que nous en avons fait mais à nous d’être aussi faibles!
    Le « remplacement » dont on parle n’aurait pas pu se produire il y a un siècle, posons-nous la question de savoir ce qui a changé entretemps… Le peuple crétinisé est en premier lieu responsable de ce qui arrive!

  3. « Les racines des civilisations ne disparaissent pas tant que n’a pas disparu le peuple qui en était la matrice. » D. Venner.

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