lundi, 11 décembre, 2017
Sommes-nous en février 1934 ?

Sommes-nous en février 1934 ?

On l’a entendu plusieurs fois ces jours-ci. Devant la colère grandissante de la rue et du peuple, les socialistes se réfèrent aux émeutes du 6 février 1934 pour dénoncer un « climat des années 30 » organisé par la vilaine « extrême-droite ». À bien y regarder, le parallèle n’est pas si absurde que cela. Pour mieux comprendre les parallèles présentés ci-dessous, vous pouvez lire notre article publié hier : 6 février 1934 – Le coup d’État manqué

En 1934, la IIIe République traversait une grave crise économique. Cinq ans plus tôt, la France était informée du krach boursier qui avait frappé l’Amérique, en 1929.

En 2014, nous sommes également dans les années qui suivent une crise économique, celle de 2008, il y a 6 ans maintenant.

En 1934, la République traversait une grave crise de confiance de la part des Français. Des scandales financiers à répétition et l’incapacité du gouvernement socialiste à trouver des solutions faisaient souffler sur le pays une grande vague d’antiparlementarisme, d’antirépublicanisme  et entretenaient le sentiment du « tous pourris ! »

En 2014, le président de la République bat tous les records d’impopularité (19 % de côte de confiance selon les derniers sondages), et les Français ont de moins en moins foi en la République et la démocratie (voir le sondage cinglant de Valeurs Actuelles).

En 1934, l’affaire Stavinsky, un escroc protégé et lié à la classe politique, avait mis le feu aux poudres.

En 2013, l’affaire Cahuzac, ministre menteur jurant les yeux dans les yeux ne pas avoir de compte à l’étranger, a fini de jeter le discrédit sur l’ensemble des hommes politiques, de droite comme de gauche. Les réformes sociétales (de la dénaturation du mariage à la théorie du genre), sont venues transformer ce climat tendu en un climat explosif.

En 1934, les manifestations antigouvernementales se multipliaient.

En 2014, pas un mois ne passe sans que les rues des villes de France ne soient encombrées de citoyens mécontents réclamant, pour des raisons diverses (Manif pour tous, Jour de Colère, Bonnets Rouges) la « démission » du président Hollande.

En 1934, les parlementaires étaient sifflés dans les rues, hués au théâtre. Des cafés affichaient même sur leur porte : « Nous ne servons pas les députés. »

En 2014, les « comités d’accueil » des ministres et parlementaires sont devenus une situation normale. À la gare comme au théâtre (Taubira en a fait l’expérience), les huées les accompagnent.

En 1934, le gouvernement était socialiste (Camille Chautemps).

En 2014, le gouvernement est socialiste.

En 1934, la droite désirait utiliser l’« extrême-droite » et ses groupuscules les plus actifs pour renverser le gouvernement socialiste et prendre sa place.

En 2014, rien n’a changé.

En 1934, suite au scandale de l’affaire Stavinsky, on mutait les personnes qui dérangeaient, on dressait des listes et on écartait les opposants. Le préfet de police de Paris, Chiappe, apprécié par la droite pour son indulgence envers les manifestants, était muté au Maroc. L’Action Française écrivait : le gouvernement a « révoqué le gendarme pour donner carrière à l’anarchie socialiste et sauver les voleurs francs-maçons ! » Les Jeunesses Patriotes ajoutaient :  « Une formidable hécatombe se prépare. Dans l’armée, dans la magistrature, à tous les degrés de l’administration vont être frappés ceux qui ont donné des preuves de leur indépendance et de leur patriotisme. Le régime des fiches va renaître ! Le délit d’opinion est rétablit ! » On craignait alors une « épuration anticléricale et antipatriotique ».

En 2013, en plein cœur de la contestation du « mariage » homosexuel, des militaires étaient fichés pour avoir affiché leurs sympathies envers la Manif pour tous ou fait part de leur attachement à leurs valeurs. Comme en 1934, on s’attaque aux patriotes et aux catholiques. Comme en 1934, les francs-maçons sont dans le collimateur de certains.

En 1934, le noyau dur de la contestation était rejoint par ce que le député SFIO Marcel Déat appelait des « braves gens », des gens sans conscience politique ni engagement particulier mais qui se retrouvaient sur le slogan général : « À bas les voleurs ! »

En 2014, il existe également une immense partie de manifestants pas forcément engagés politiquement (le gros de la Manif pour tous) mais qui manifestent un ras-le-bol commun. On retrouve toujours, autour de cette masse, un noyau dur de mouvements plus engagés comme le Printemps Français, l’Action Française (toujours présente 100 ans plus tard !), les Bonnets Rouges, et bien d’autres.

En 1934, des mouvements parfois totalement opposés idéologiquement et politiquement ont marché côte à côte, ou plus ou moins. On retrouvait ainsi l’Action Française, monarchiste, les Jeunesses patriotes, républicains, les anciens combattants, la Fédération des contribuables, et même les communistes. Tous se retrouvaient sur un constat : « Dehors les escrocs ! »

En 2014, le « Jour de colère » du 2 février a été l’illustration parfaite de ce rassemblement hétérogène. Des Bonnets rouges côtoyaient des opposants au « mariage » homosexuel, des Identitaires marchaient à proximité de jeunes issus des banlieues supportant l’humoriste Dieudonné,  des antirégionalistes emboîtaient le pas à des régionalistes, des musulmans croisaient des catholiques traditionalistes… On a même aperçu une association de dénonciation du business éolien. Tous, malgré leurs différences, se retrouvaient sur un point : « Hollande démission ! »

En 1934, la police tirait sur la foule.

En 2014, mœurs différentes, la police gaze des familles, fouille des poussettes et procède à des contrôles d’identité à la sortie des églises.

En 1934, on déclarait « la Patrie en danger ».

En 2014, le danger de mort de la France n’a jamais été aussi absolu…

Christopher Lings

A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.

4 commentaires

  1. bonjour,
    Un constat effectivement, mais malgres les coups d’éclat rien n’a changer depuis 1789 ,les choses on évoluer tout simplement.

  2. L’analogie est pertinente. Tout le monde sent que cela va exploser tôt ou tard, on en parle depuis 15 ans, tout le monde le sait; et les politiques sont en première loge. La question n’est donc pas quand, mais avec qui? Car en effet, celui qui sera en charge des responsabilités à ce moment précis s’offrira une place dans l’histoire. A partir du chaos, libre lui appartiendra de redéfinir les règles selon ses propres convictions. C’est après cette place là que courent les politiques, celle qui leur permettra d’inscrire leur nom dans les mémoires et les livres d’histoire. La politique ne compte plus, je dirais même qu’ils s’en fichent. Ce qu’ils attendent c’est ce moment là, rien d’autre.

  3. Résultats de la dérégulation depuis les années 90, de la mondialisation néo-esclavagiste et du néolibéralisme mafieux, prônés par l’Ecole de Chicago.
    Tant que la Gauche humaniste et progressiste n’est pas capable de préparer un projet crédible pour entraîner toute l’Europe, la situation est en effet préfasciste…
    La Gauche démocratique est la seule alternative aux désordres et à la guerre.

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