jeudi, 30 mars, 2017
Le grand retour de l’idée nationale

Le grand retour de l’idée nationale

Après avoir assisté à cet emballement patriotique de quelques semaines pendant l’euro organisé sur notre sol, la question qui se pose pour tout français engagé dans le combat souverainiste, qui n’est que le combat pour le retour de la politique et de la démocratie en France, c’est: pourquoi n’est-il pas aussi légitime de soutenir la France en matière politique ? Car le football, aussi passionnant soit ce sport, n’est qu’un événement festif qui doit être relégué au rang des plaisirs de la vie alors que la politique est autrement plus cruciale pour l’avenir.

Comme il était beau de voir le pays manifester avec autant d’ardeur et de fidélité l’amour de son pays ! Loin des idées fumeuses et indigestes du grand village planétaire et de gouvernance mondiale, les valeurs saines et pour le moins normales pour toute personne de bon sens sont de communier dans le soutien sans faille à son pays lorsque celui-ci est impliqué dans une compétition sportive.

Seulement, une fois l’émotion de l’événement passée, pourquoi ne serait-il pas légitime de manifester la même défense de la nation lorsque notre pays est confronté à la compétition mondiale à l’oeuvre aujourd’hui ? Pourquoi considérer qu’en la matière, notre pays est jugé trop petit ou trop faible pour y faire face en se reposant sur des administrateurs non élus d’une structure de plus en plus illégitime qu’est l’Union Européenne ? Des pays comme l’Islande, la Corée du Sud, la Suisse ou encore Singapour sont-ils beaucoup plus grands que la France pour pouvoir conduire leurs affaires seuls ? Pourquoi faudrait-il se défausser sur une machine technocratique aussi vaste qu’inefficace ? Quel argument valable nous ressortent les structures européennes mis à part «le saut vers l’inconnu» qui n’est autre que le retour à l’ordre national millénaire préexistant? De quel bilan si positif peuvent se targuer les technocrates bruxellois pour afficher tant d’arrogance et de suffisance à l’égard des décisions soi-disant «irréfléchies et déraisonnables» des peuples ? Alors que les nations constituent l’espace politique le plus pertinent dans lequel s’exerce la souveraineté et la conduite normale du pouvoir, comme le rappelle bien J. Sapir dans son dernier ouvrage, de quelle efficacité ont-ils fait preuve sur les politiques européennes dont ils ont la charge depuis trop d’années? La politique agricole commune est-il un succès éclatant? Les promesses de plein-emploi et de prospérité ont-elles été tenues ? Depuis quand les objectifs affichés lors de la Stratégie de Lisbonne en 2000 devant faire de l’UE l’économie la plus compétitive et innovante du monde ont-ils été respectés par ces oligarques ?

Il est plus que temps de tirer le bilan d’une UE antidémocratique et nuisible. Les élites politiques françaises sont les premiers responsables de cette défausse généralisée en ayant laissé progressivement le pouvoir monétaire à Francfort, le pouvoir budgétaire de plus en plus sous l’emprise de Berlin et de Bruxelles, le pouvoir législatif et judiciaire à Bruxelles et au Luxembourg et la maîtrise des frontières à une agence européenne aux moyens ridicules qu’est Frontex. Demain planeront sur la France des menaces dont elle ne contrôlera pas du tout les tenants et aboutissants: la conclusion du traité de libre échange avec les Etats-Unis, l’introduction d’OGM malgré l’interdiction instituée en France ou encore l’imposition de migrants supplémentaires alors que notre pays subit une pénurie d’emplois, de logements et de capacité d’accueil.

Français qui avez vibré durant ces semaines de compétition sportive, pourquoi ne partagez-vous pas cette défense immodérée pour vos couleurs dans la compétition économique qui s’accomplit tous les jours sous nos yeux ébahis ? L’impact et les enjeux sont pourtant autrement plus importants dans nos vies quotidiennes. Français qui vous êtes levés pour soutenir cette équipe de France, pourquoi ne vous levez-vous pas contre les incessantes humiliations que notre pays subit depuis de trop nombreuses années, au point de remettre toujours en selle les mêmes incapables qui conduisent notre pays un peu plus vers l’abîme fatal dans lequel ils nous précipitent joyeusement ? Bref, chers Français, combien de temps allez-vous encaisser sans sourciller cette confiscation du pouvoir que l’on vous arrache au point de finir par être totalement fatalistes face aux événements tragiques qui nous arrivent, aussi bien en termes de mondialisation sauvage que de crise migratoire ? Il faut bien se rendre compte que cet état de fait n’est pas une fatalité sauf si vous laissez les clefs de la maison France toujours aux mêmes traîtres, incompétents et dangers publics que sont ces politiciens de droite comme de gauche. À l’heure où des Français tuent des Français, est-il raisonnable de laisser notre pays dériver ainsi vers la guerre civile ? Lorsqu’on voit la difficulté et la longueur avec laquelle se sortent des pays l’ayant connu comme l’Algérie, le Liban ou plus récemment la Syrie, l’Ukraine, n’est-il pas de notre devoir de tout faire pour éviter absolument cette éventualité ?

Les britanniques nous ont montré la voie vers la libération nationale qui attend à l’avenir l’ensemble des nations européennes. Les oiseaux de malheur ont essayé de déchaîner tous les instruments de propagande moderne pour étouffer, minimiser et contourner le phénomène qu’ils n’osent même plus regarder en face : les nations veulent reprendre leur destin en main. La catastrophe n’est sûrement pas cette prise de liberté mais ce bilan désastreux de politiques européennes qui ont rendu notre continent affaibli, exposé et en plein délitement social et identitaire. Cette réalité que les technocrates ne veulent pas voir et encore moins assumer, les Français encore perchés à « la belle idée européenne » doivent redescendre sur terre et regarder lucidement le bilan de 30 ans de transferts inconsidérés de souverainetés : une atonie économique sous couvert de misère sociale grimpante, un accroissement des tensions identitaires et sociales, une faillite sécuritaire et migratoire désarmante.

Non, l’Union Européenne n’est plus qu’une désunion politique qui réactive les vieilles haines intra-européennes à force de vouloir faire converger de force des pays trop hétérogènes pour adopter les mêmes recettes uniformes. En témoigne, l’éloignement implacable des soldes commerciaux extérieurs entre la France et l’Allemagne depuis l’instauration de la monnaie unique. Non, l’Union européenne n’est pas le bouclier protecteur des pays européens face à la concurrence internationale mais est bien le cheval de Troie de la globalisation sauvage. Non les pays qui sortent de cette structure supranationale ne vont pas vers le « vide politique intergalactique » mais vers le retour à la prospérité et l’apaisement social et identitaire. Pour rappel, l’essentiel des pays du monde sont gouvernés par eux-mêmes et n’ont pas d’organisation supranationale au-dessus d’eux pour prendre les décisions à leur place. Et, fait incroyable, il y a même parmi eux des pays qui s’en sortent beaucoup mieux. Non les personnes âgées britanniques ayant massivement fait peser la balance dans le victoire du Brexit ne sont pas « repliées sur elles-mêmes » ni « xénophobes ». Ils veulent, tout simplement, en toute lucidité arrêter de voir leur Parlement chapeauté par des organes illégitimes comme la Cour de Justice de l’Union Européenne ou la Commission européenne. Ils ont posé là un acte de bravoure et un héritage fort aux nouvelles générations. Ceux-ci doivent le saisir plutôt que de s’accrocher aux vieilles lunes de constitution de grands blocs technocratiques aux frontières indéfinies qui doivent rester au placard du XXème siècle.

L’Union Européenne a, en effet, montré son vrai visage, surtout dans la gestion de la crise de 2008. Elle est incarnée aujourd’hui par la phrase emblématique de son président de la Commission européenne, M. Juncker : il n’y a pas de choix démocratique possible en dehors des traités européens. N’oublions pas que le bras financier de la zone euro qu’est la BCE s’est rendu coupable de blocus économique et financier à l’encontre de Chypre, ce qui est, dans le vrai monde, c’est-à-dire le monde hors UE, un acte de guerre. N’oublions pas qu’elle impose des politiques de rigueur aux pays d’Europe du sud qui ne produisent aucuns résultats économiques à part toujours plus de misère sociale, de crise économique et de hausse des dettes publiques. N’oublions pas qu’elle a bafoué sans vergogne le vote du peuple grec en juillet 2015, comme elle l’avait fait pour les refus français et hollandais lors du traité constitutionnel de 2005, des doubles votes grotesques irlandais –2008 et 2009 sur le traité de Lisbonne– et danois –1992 et 1993 sur le traité de Maastricht.

Comme l’a justement relevé E. Todd récemment, après le réveil russe par la voie de Poutine, le réveil américain par la voie de Trump, le réveil britannique par la voie du Brexit, c’est maintenant au tour de la France d’entreprendre sa grande mutation politique en brisant ce cycle délétère vieux de 40 ans et en portant au pouvoir des souverainistes en 2017. Dans le sillage de ces deux événements marquants de ce début d’été, la France doit conserver cet élan patriotique bienvenu et le matérialiser en 2017 par un retour imminent à la souveraineté nationale et populaire, préalable indispensable si elle veut mettre toute les chances de son côté pour sa préservation et sa prospérité futures.

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A propos de Guillaume N.

Guillaume N.
Passionné par le débat d'idées, je m'intéresse à tout ce qui touche à l'Homme en général, et à l'histoire, la politique, Paris et notre douce France, en particulier. Jeune diplômé en économie, j'aspire à faire partager les vertus du bonapartisme: synthèse de la gauche et de la droite, des traditions et de la modernité, vecteur de pragmatisme et du rejet du dogmatisme.

2 commentaires

  1. Un texte d’une très grande justesse.Un appel à la raison.

  2. La réponse vous la formulez dès les premières lignes. Le foot s’inscrit dans un cadre festif. Nous vivons dans une société basée sur le loisir. Ce qui fait tripper les gens ce sont les divertissements. Le reste ca ne les concerne pas c’est beaucoup trop compliqué. 🙁

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