mardi, 23 mai, 2017
Notre dessinateur revient en bande-dessinée sur cinq clichés et contrevérités historiques.

Voltaire était-il cynique ?

« Vous savez, ma chère, que Napoléon, c’est déjà Hitler? » Les légendes, contrevérités, clichés et billevesées sur l’Histoire de France se multiplient. Insidieux et nombreux, ils profitent de l’érosion des programmes scolaires et de la bien-pensance pour se répandre.

Le Bréviaire des patriotes et son dessinateur Bastien Moselly vous proposent un feuilleton d’une semaine ou il sera évoqué cinq polémiques concernant nos grands personnages historiques afin de donner aux jeunes et aux moins jeunes des arguments pour combattre les idées reçues. Ce lundi, tâchons de répondre à celle-ci : Voltaire était-il cynique ?

VOLTAIREDEF

 

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Sources : Candide, Chapitre 19, Le nègre de Surinam

A propos de Bastien Moselly

Je suis un étudiant en art, passionné d'Histoire (de France, en particulier), un lecteur de Jacques Bainville et un amateur d'Adam Smith. Je milite au sein de Debout la République depuis les présidentielles de 2012.

7 commentaires

  1. Christopher Lings

    Bravo pour ces planches magnifiques et très instructives !

  2. Un peu déçu de trouver même ici une confusion en race et religion. On peut être anti-islam (et/ou anti-religion en général) sans être raciste…

  3. Voltaire  condamne les pogroms ? Où ça ? Quand ça ?
    A propos des juives : « Je dirai pour leur justification qu’elles ne pouvaient se laver dans un pays qui manque d’eau absolument, et où l’on est encore obligé d’en faire venir à dos de chameau. Elles ne pouvaient changer d’habits, ni de souliers, puisqu’elles conservèrent quarante ans leurs mêmes habits par un miracle spécial. Elles n’avaient point de chemise. Les boucs du pays purent très bien les prendre pour des chèvres à leur odeur. Cette conformité put établir quelque galanterie entre les deux espèces… »
    Quand il s’agit des juifs, Voltaire n’ignore pas le racialisme délirant, il l’invente.
     
    Voltaire était un pingre qui dut son immense fortune à la guerre : il était fournisseur aux armées et touchait à chaque conflit.
    Ce n’est donc en effet ni par hasard ni par erreur que la bourgeoisie marchande triomphante le fit mettre au Panthéon.

    Raciste, absolument. Le tout est de ne pas confondre race et religion : « Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce. »

    • Voltaire déplore: « Les chrétiens, croyant venger Dieu, firent main basse sur tous ces malheureux. Il n’y eut jamais, depuis Hadrien, un si grand massacre de cette nation : ils furent égorgés à Verdun, à Spire, à Worms, à Cologne, à Mayence. Et plusieurs se tuèrent eux-mêmes, après avoir fendu le ventre à leur femme, pour ne pas tomber entre les mains de ces barbares. »

      • Merci Anthony, j’allais répondre par ce passage.
        Sur son entrée au Panthéon, on sait qu’une foule immense accompagnait le cortège composé d’acteurs, d’ouvriers, de membres de l’Assemblée nationale, de magistrats, etc. Il n’y avait pas que des bourgeois.
        Enfin vous évoquez certains défauts de Voltaire connus depuis longtemps. Oui Voltaire aimait bien l’argent et n’aimait pas trop le peuple. Roger Pol Droit a même écrit un article sur ce sujet dans le point, c’est dire si on est au courant. Cela n’a pas empêché le même Roger Pol Droit d’écrire que « pourtant, avant toute chose, il faut souligner la grandeur de Voltaire. Elle est réelle, et son courage n’est pas une fable. Il est bien le premier – avant Zola, Sartre, Aron et tant d’autres – qui inventa la figure moderne de l’intellectuel, conscience libre au service des idéaux de justice, de tolérance et de liberté. »
        Plutôt que de mettre en lumière les aspects négatifs d’un personnage, je préfère mettre en avant les aspects positifs, à savoir l’affaire Calas, l’affaire Sirven, celle du chevalier de La Barre pour Voltaire. Si on opte pour une autre attitude, on ne pourra plus évoquer rien ni personne, ça ne sera plus que du « Quoi? Aristote? Cet esclavagiste! », « Rousseau, ce misogyne qui abandonne ses enfants », etc.
        Sur le racisme: et le nègre de Surinam? Je l’ai lu et relu, difficile d’en trouver différents sens. L’idée est claire. Quand au racialisme, inutile d’en attribuer la paternité à Voltaire, il n’y a pas à chercher aussi loin, Drumont, Gobineau et Vacher de la Pouge suffisent. 

      • Les Juifs éventraient leurs femmes ?

  4. Voltaire avait de la sympathie pour l’Islam car il y voyait une religion dépourvue de toutes les institutions abjectes du christianisme. Toutefois il condamnait avec virulence la barbarie, le fanatisme, et l’obscurantisme auxquels l’Islam n’étaient pas étrangers, comme pour les autres religions. Il avait à cet égard des sentiments assez contradictoires.

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