jeudi, 27 juillet, 2017
Abrégé sur la dissidence (III) – Les souverainistes républicains
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Abrégé sur la dissidence (III) – Les souverainistes républicains

« Souverainiste républicain. » Nous pourrions faire entrer dans cette catégorie bon nombre d’opposants, mais non pas de parfaits dissidents ; les souverainistes étant souvent républicains, ce qui est difficilement conciliable avec l’intellectualité et les agissements d’un véritable insoumis.

En soi, être souverainiste et républicain demeure un authentique paradoxe, car la république prétend à l’universalité par le biais de l’uniformisation, reflet exaspérant de la médiocrité des masses. L’universalité qu’elle prône est un affront à toute forme de tradition – à l’image de la construction européenne –, elle n’est que la mise en avant d’une anticulture. Or, pour qui est attaché aux valeurs et à l’indépendance de la France, la république est un tombeau à portée mondialisante : les révolutionnaires ne voulaient-ils pas l’étendre à tous les pays européens, à l’exemple des communistes internationalistes ?

Quel que soit le sens que l’on confère à ces deux termes, république et souverainisme sont pour nous irrémédiablement opposés : car la République correspond avant tout à l’égalitarisme ; au laïcisme ; à un universalisme impliquant un syncrétisme culturel relevant en réalité de l’ethnocide et au libertarianisme qui, dans les faits, ne peut qu’entraîner les individus vers une sorte de marasme sadien, n’ayant pour objectif que de les aspirer dans les sables mouvants d’une sexualité obscène. La république est une parodie de démocratie qui flatte sans cesse le bon peuple en lui faisant miroiter un pouvoir qu’il n’a pas, et cela ne signifie aucunement que nous ayons quelques préférences pour la démocratie. Nous sommes ainsi tout à fait en accord avec Cicéron lorsqu’il dit :

« Il n’est point d’État auquel je refuse plus nettement le nom de chose publique qu’à celui qui est placé tout entier dans les mains de la multitude. […] Il n’existe point de peuple pour moi s’il n’est contenu dans le lien commun de la loi. Hors de là, cet assemblage d’homme est tyran aussi bien qu’un seul homme et même tyran d’autant plus odieux qu’il n’est rien de plus terrible que cette bête féroce qui prend la forme et le nom de peuple » – Cicéron, De la République.

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Qu’on ne se méprenne pas non plus entre le titre de l’ouvrage de notre homme et la république d’oligarques qui préside en occident ; les régimes politiques dont il traite, bien qu’ils en partagent le nom, n’ont rien de commun : la république actuelle ne s’inspire nullement de celle de Platon qui présente dans sa définition tous les aspects d’une monarchie divine.
 Sachez donc qu’être compromis avec la République n’est pas autre chose que se complaire de l’étreinte d’un rejeton du modernisme, aussi ne peut-on apparaître dissident si l’on n’est pas avant tout antirépublicain ; ensuite, en remontant la varice du mensonge moderne, il s’agira de désapprendre tous les piliers constitutifs d’un mode de raisonnement à rejeter en bloc. Toutes ces compromissions ne sont que des éléments de réponses corrompues : le souci d’efficacité est indissociable d’une connaissance pleine de l’ennemi. Or, s’il est vrai que le souverainisme, en refusant la dissolution mondiale, laisse à croire en une certaine opposition, elle ne doit toutefois pas se borner aux enjeux économiques et étatiques. Tout au plus le souverainisme actuel tend à un conservatisme superficiel. À l’inverse, faire preuve d’un esprit excessivement nationaliste n’est pas non plus bien venu, puisque « la constitution des “nationalités” a été le moyen employé pour détruire l’organisation sociale traditionnelle du moyen-âge » – René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps.

Nous pourrions en outre nous interroger sur le caractère anticlérical et pro-laïc de certains pseudo-souverainistes. En effet la laïcité n’est autre que l’envers mystique du monde contemporain, car la Tradition occidentale a été remplacée en totalité par le concept laïc, notamment lors de la séparation entre l’Église et l’État. En vérité, le fait que la laïcité, athée par essence, veuille s’imposer comme religion universelle tient au fait qu’elle n’est en réalité qu’une singerie de la Tradition véritable , cette dernière, si plurielle qu’elle paraisse dans sa forme, n’est autre chose que fondamentalement unique et universelle ; en effet, ce qu’on nomme Tradition primordiale constitue avant tout les principes transcendants de la métaphysique pure, laquelle se retrouve dans l’ensemble des traditions et cultures, même lorsqu’elles ont atteint un haut niveau de dégénérescence.

Les séparatistes et autres schismatiques du fait religieux sauront-ils comprendre par là que c’est dans leur ignorance du fait traditionnel qu’est le moteur principal de leurs activités néfastes, et qu’elle ne saurait relever d’autre chose que de la maxime « diviser pour mieux régner ».

Définitivement, la tendance souverainiste actuelle et la dissidence véritable ne peuvent aller de pair, car le dissident est celui qui est conscient de l’erreur du monde moderne et qu’un rétablissement ne peut passer que par la Tradition. 
La dissidence devra toutefois s’allier avec l’ensemble des formes de rejet du modernisme, quoiqu’elle ne doive absolument pas être affectée par leurs compromissions. Si c’était le cas, alors les morceaux recomposés de Tradition primordiale dont les vrais dissidents doivent se faire les garants risqueraient d’être tués dans l’œuf. L’alliance des « dissidents » avec les « opposants » est donc circonstancielle cependant qu’elle puisse à terme nous faire aboutir au prodige que serait une sauvegarde de la civilisation, celle-ci passant par une miraculeuse rémission du mal moderne. Il est d’ailleurs normal que l’opposant vulgaire ne puisse être conscient en totalité ni même partiellement des enjeux véritables. Cette approximation est relative aux divers degrés de compréhension des êtres, en l’état, nous avons affaire au genre de différence qui pouvait, au moyen-âge, apparaître entre le clerc et le laïc.

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« « Clerc » ne signifie pas autre chose que « savant » et il s’oppose à « laïc », qui désigne l’homme du peuple, c’est-à-dire du « vulgaire », assimilé à l’ignorant ou au « profane », à qui on ne peut demander que de croire ce qu’il n’est pas capable de comprendre, parce que c’est là le seul moyen de le faire participer à la tradition dans la mesure de ses possibilités (entendez dans notre exemple participation à la révolte, idéologique et physique, NDA). Il est même curieux de noter que les gens qui, à notre époque, se font gloire de se dire « laïcs », tout aussi bien que ceux qui se plaisent à s’intituler « agnostiques », et d’ailleurs ce sont souvent les mêmes, ne font en cela que se vanter de leur propre ignorance ; et, pour qu’ils ne se rendent pas compte que tel est le sens des étiquettes dont ils se parent, il faut que cette ignorance soit en effet bien grande et vraiment irrémédiable. » – René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps.


Ainsi, la différence entre le dissident véritablement complet et le suiveur « opposant » correspond à foison à l’opposition entre le « clerc » qui connait son chemin et le « laïc » suivant les traces du clerc. Précisons, afin d’éviter quelques méprises, que nous ne sommes en rien détenteurs d’un quelconque savoir métaphysique qui exigerait une soumission de quiconque à nos intérêts, seulement nous apparaissons assurés du diagnostic qui peut être fait de la société actuelle et des solutions permettant de la ramener à un état d’équilibre.

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A propos de Jérôme Carbriand

Étudiant en économie, j'ai outrepassé les limites de l'enseignement universitaire en m'intéressant aux post-keynesiens, j'ai en cela une solide maîtrise des réalités économiques. D'autre part, j'ai parallèlement voué un intérêt particulier à la lecture d'une grande partie de la philosophie occidentale dont l'incohérence générale m'a incité à étudier la "métaphysique". Dans cette voie, certains auteurs m'ont véritablement touché, c'est le cas de René Guénon, Julius Evola et Mircea Eliade. Que suis-je donc, sinon une Cassandre sans génie, dont le seul mérite aura été de tomber avant les autres, écrasé par une foule arrogante et aliénée. Je suis le mouton noir d'un troupeau aveugle, dont les yeux s'entrouvrent pour percevoir l'abîme dans lequel nous nous jetons. Je suis le cauchemar de la modernité et la honte de la Tradition pour avoir enduré la boue d'une époque aussi souillée.

13 commentaires

  1. je pense que vous allez loin dans votre vision anti républicaine. en effet il y a je pense dans une certaine vision de la République, tout comme d’ailleurs dans une certaine vision de la France, le contraire de tout ce que vous écrivez. en effet, la République peut être celle de la méritocratie, celle de l’égalité hors de l’égalitarisme, celle de la fraternité sans l’assistanat. je pense que le Consulat mais aussi la République Décennale en sont des exemples tout comme la République que voulait le général de Gaulle. l’on serait presque tenter de voir dans vos propos un peu de Thiers et de sa « vile multitude » mais cela doit être normal pour un monarchiste pour qui le peuple reste toujours celui qui prit la Bastille. il y a plusieurs républiques tout comme il y a plusieurs monarchies et à choisir je préfère une république forte à une monarchie molle.

    • La république dans son sens originel n’est autre qu’une Monarchie divine s’appuyant sur la tradition, c’est du moins le sens qu’en donne les classiques comme Platon. Pourquoi cette monarchie serait-elle molle ? Par quels critères jugeriez-vous cette mollesse qui devrait nous imposer le suffrage universel — image de la médiocrité des masses –, je prend la république pour le sens qu’elle a présentement, c’est donc ce dernier que je critique , non pas pour celui que l’acceptation que les classiques lui donne et que je soutien, ni pour celle que vous en donnez et que je ne soutien pas car en fait on n’a jamais pu l’observer, sinon part le biais de quelques formes de timocratie durant le règne de Napoléon 1er. D’autre par les principes auxquels se réfère cette république que vous jugez exemplaire ( celle de Napoléon 1 er ) sont également déviés, ne serait-ce que par le suffrage universel ; car selon Aristote un même être ne peut pas apparaitre en « acte » et en « puissance » au même moment et sous le même rapport. L’égalité est pareillement une chimère, même en droit — bien que cette idée puisse être juste au premier abord — il n’en est pas moins qu’elle ne reste qu’un moyen d’obstruer l’ordre et le contrat qui s’effectue entre les castes du système féodale, qui du reste est équivalent au système indien et musulman.

      • c’est bien ce que je dis, pour vous le peuple n’est qu’une vile multitude sans doute tout juste bon à servir ses maîtres. je ne sais si vous êtes issu d’une « bonne » famille mais si tel n’est pas le cas, remerciez donc cette égalité de vous avoir permis de faire vos études et d’arriver là où vous êtes et sans doute plus haut encore. vous voyez pour moi l’égalité c’est ce qui a permis à des « fils de rien » ou de « pas grand chose » de pouvoir devenir ministre, maréchal, etc … cette même égalité qui, normalement, de nos jours doit permettre à n’importe qui de monter le plus haut possible. votre théorie de la vulgaire masse à qui il est trop dangereux, ou bien abaissant, d’avoir donné la parole pouvait se concevoir lorsque « vos » élites maintenaient tout la majorité dans l’ignorance, aujourd’hui ce n’est plus le cas, heureusement. je conçois que la République comme nous la connaissons ou du moins comme certains l’orientent est à revoir mais cela ne fait pas d’elle l’ennemi ultime de la France. tout comme je ne pense pas qu’il soit souhaitable que la France revienne à la marine à voile ou bien au télégraphe, je ne pense pas qu’il souhaitable et réaliste de vouloir priver le peuple de son égalité dans la démocratie.

      • Il n’est pas nécessaire de tâtonner dans le vide dans l’espoir de me saisir par quelques catégories sociologiques, j’expose des principes, vous n’êtes pas obligé de les accepter , ni d’ailleurs de les comprendre, on peu être un génie dans toutes les sciences modernes , ça ne veut pas dire qu’il nous sera possible de comprendre les principes de la métaphysique.
        Le peuple a son rôle à jouer dans sa fonction créatrice et productrice , et c’était le cas il y a encore quelques dizaines d’années. Il n’est pas question de juger ici une caste qui doit présenter une complémentarité avec les autres.
        Enfin les « élites » monarchiques n’ont jamais pourvu à maintenir le peuple dans l’ignorance, — c’est même principalement l’activité des homme politiques actuelle — , pour vous en expliquer le rôle il faudrait que vous soyez sensible à la compréhension des grands mystères et des petits mystère et surtout à l’ensemble de l’initiation spirituel censé tirer la société vers le haut , en fonction des possibilités de chacun.
        Sans présenter aucuns jugement de valeur, vous êtes aussi étranger à la pensée traditionnel que du vinaigre avec de l’eau, comment justifier un renversement tel que celui de défendre l’ascension de gens vers un travail pour lequel il ne sont pas fait ? Car c’est bien cela qu’est le changement social — qui ne peut être d’ailleurs qu’une agitation — , aucune tradition ne reste , aucune connaissance ne subsiste , aucune qualité n’entre chez celui qui rompt avec l’activité familiale . Que dire d’une personne qui croit que la politique est une ascension vers le haut, alors même que les gens qui en font partie ne sont que les représentants de l’assentiment du peuple, et que celui ci n’est jamais rien qu’une quantité médiocre , ces hommes sont corrompus à souhait et relèvent en fait des éléments les plus inférieurs auxquels on puisse être rattaché.

  2. Tout dépend de quelle République on parle parce qu’en linguistique, trois critères sont nécessaires pour comprendre le sens d’un mot. Le premier est le sens étymologique. Ainsi, la République signifie res publica, c’est à dire la chose commune. En conséquence, toute personne œuvrant pour le bien commun pouvait se revendiquer d’être républicain. Le deuxième est le sens contemporain. Ainsi, la République est un régime qui réparti les pouvoirs entre les dirigeants et le peuple et essaye de trouver un équilibre entre les deux. Il s’ensuit un mode de gouvernance qui est soit la démocratie, soit l’oligarchie. Le troisième et le dernier est le sens idéologique. Ainsi, la République n’est plus un régime mais une doctrine qui doit s’imposer à tous. Dans le cadre de notre monde moderne, il faudrait adhérer à tout sur tout. Sur le plan économique, il faut forcément être favorable à l’Union européenne et au libéralisme. Sur le plan social, ben, difficile à dire puisque le libéralisme à outrance entraine un appauvrissement économique. Sur le plan sociétal, il faudrait forcément être favorable, à l’immigration, au multiculturalisme, au « mariage » homosexuel, au laïcisme, à la PMA/GPA, à l’euthanasie… Toute personne qui s’opposerait à ces idées ou l’un de ces idées serait anti – républicaine et a besoin d’être éduqué selon les dogmes de cette doctrine ou serait voué à l’enfer à tout jamais.

  3. La République Gaullienne d’inspiration bonapartiste a été tellement dévoyé que revenir à ses fondamentaux est déjà une dissidence (voir le FN).

    Je ne porte pas un regard noir sur l’Ancien Régime, mais je trouve ce texte quelque peu excessif. Il est tout d’abord floué par le fait que la République Française n’en est plus une car elle a perdu ses pouvoirs régaliens au profit d’une seconde qui n’a aucune incarnation en un peuple: l’Union européenne. Il me semble pernicieux de généraliser la République à sa modernité la plus extrême. Celle de BHL, qui n’est autre que néocolonialiste et otanienne, est une invention récente, nonobstant qu’elle soit assurément une dérive de la République.

    La République c’est aussi le mérite: si le vote s’est élargi aux guerriers en la Cité Athénienne, c’est parce qu’ils ont su prouver qu’ils étaient prestigieux. Cette idée de mérite ne peut se dessaisir de mon esprit moderne, pour lequel la grandeur d’un homme doit lui donner prétention à voir plus haut.

    La laïcité, est à différencier du laïcisme. L’une étant une condition du vivre ensemble, l’autre la haine du religieux. J’accepte la laïcité tant qu’elle n’est pas agressive, et qu’elle ne nie pas la chrétienté de la France. J’accepte la République non ses dérives.

    Après tout l’importance est dans le fond idéologique: une République qui fait le bonheur d’une caste est néfaste, une République qui incarne les citoyens et s’inscrit dans la continuité de son précurseur est bonne. Je suis un populiste, au sens où je crois qu’écouter le peuple pour agir en son intérêt est nécessaire au politique. Il me semble surréaliste à cette heure de penser que le retour du Roi est pour demain. Je crois qu’un pays comme la France, de soixante-cinq millions d’habitants peut vivre en démocratie, au contraire de la Chine où le particulier ne peut trouver de place en un milliard de personnes.

    • Je ne suis pas d’accord sur le vote élargi aux guerriers. Je rappelle que les soldats athéniens étaient déjà des citoyens donc ils avaient déjà le droit de vote. Il arrivait parfois que la citoyenneté soit élargie à des non citoyens parce qu’ils ont été remarquables lors des combats. Cependant, cette procédure était très rare parce les Athéniens étaient très jaloux de la citoyenneté.

      • J’avais lu quelque part que la citoyenneté avait été largement élargi au petit peuple incapable de payer une sorte de Cens, car il avait montré ses capacités militaires. Mais je reconnais m’être mal exprimer et je doute maintenant de ce que j’avance.

      • Je comprends ce que vous voulez dire par le mérité mais il arrivait aussi que la citoyenneté fut élargie en fonction de la situation militaire d’Athènes. C’est assez confus dans les sources parce qu’il ne faut pas oublier que les Athéniens avaient une fonction idéale de l’armée citoyenne. Donc ça dérangeait surement leurs auteurs qui essayaient de justifier la situation.

      • Vous voulez sans doute faire référence à l’ascension progressive des thètes, plus basse des castes de citoyens ?
        Ceux-ci, bien que privés de l’accès aux plus hautes magistratures, ne furent jamais privés de l’exercice de leurs droits civiques depuis Solon.

        Du reste, la concomitance de l’ascension sociale de cette classe de rameurs avec la dérive thalassocratique de cette cité est loin d’être innocente…

  4. A Jérôme Carbriand,

    C’est votre point de vue et je le respecte. Mais je pense que vous rallumez une querelle du XIXème siècle, quand le peuple français se déchirait quant au régime à adopter. La France eut une quinzaine de constitutions depuis 1789, et on pensait que de Gaulle avait trouvé un bon compromis en 1958 avec la Vème République, cette monarchie-républicaine qui ne dit pas son nom. Sauf que c’est le suffrage universel qui fait office de sacre. Visiblement, ça ne vous suffit pas. Quel intérêt à revenir à une monarchie pour vous ? La république, malgré ses défauts, s’appuie sur une base essentielle, le mérite. Ce que je rejette dans la monarchie, c’est son caractère héréditaire. Ce principe a pu être efficace au Moyen-Age et à l’époque moderne, mais nous sommes au XXIème siècle.

    Et vous qui vouez la République aux gémonies, je vous rappelle que d’un point de vue géopolitique, la monarchie française a quand même perdu le Canada et l’Amérique française, elle « a perdu le monde » comme le disait Michelet. C’est la monarchie qui a perdu la bataille de la mondialisation, alors que la Première République a quand même conquis une partie de l’Europe de 1793 à 1804. Elle a conquis ce que la monarchie a échoué à prendre tout au long des siècles, cette Europe gallo-romaine qui était rattachée à la France quand Rome dominait le monde et la Gaule.

    Le retour des Bourbons sur le trône de France en 1815 et la monarchie de Juillet furent une catastrophe. Louis XVIII « le Gros cochon », et Louis-Philippe « la Poire », comme on les surnommait à l’époque, furent totalement soumis aux Anglais et au système mondialiste, malgré cette supercherie des retours des cendres de l’Empereur, qui n’était que l’arbre qui cachait la forêt, cachant le fait que la restauration de la monarchie ne conquérait plus rien. La vérité, c’est que la France ne conquiert plus rien en Europe depuis Waterloo, que ce soit sous la monarchie, sous le Second Empire ou sous le régime républicain. L’empire colonial français, conquête des républicains au demeurant, fut aussi l’arbre qui cachait la forêt. Les Anglais et les Allemands nous ont laissé faire, car pendant ce temps, l’Allemagne de Bismarck avait les mains libres sur le continent.

    Et votre anti-modernisme me fait peur. C’est quoi pour vous l’anti-modernité ? Faut-il interdire les traitements contre les cancers et les médecins de soigner les malades ? Faut-il revenir à la lampe à huile ? Quelle modernité faut-il interdire selon vous ? A quelle époque voulez-vous revenir ? Quel est votre âge d’or ? Je crois qu’il existe effectivement des règles de civilisation, comme la différenciation des sexes comme l’institution du mariage, pour ne prendre que ces exemples, mais je crois aussi que la technologie et la science doit évoluer, même si toutes les évolutions ont leurs revers, c’est certain.

    D’autre part, quelle monarchie faut-il rétablir ? Une monarchie constitutionnelle parlementaire à l’anglaise ou une monarchie absolue à la française, qui d’ailleurs ne l’était pas ? Et ce que vous craignez le plus, est-ce la république ou la démocratie, ou les deux ? Car je vous rappelle que l’URSS était aussi une république, mais pour la démocratie, il y avait des choses à revoir…

    Si vous voulez mon avis, le problème d’aujourd’hui n’est pas en rapport avec le type de régime, mais ce sont ceux qui le gouvernent. D’une certaine manière, nous pourrions même caricaturer en affirmant que le problème d’aujourd’hui, si nous considérons que le principe de la Révolution était de supprimer les corps intermédiaires pour ne laisser à la fin que le dialogue direct entre l’Etat et le peuple, c’est que nous ne sommes plus en république, en raison du nombre incalculable de lobbys néfastes à la démocratie, qui n’ont pas lieu d’exister. Sans parler du mondialisme, et là je vous rejoins, qui détruit les Etats-nations, en donnant les clés de la maison aux institutions supranationales comme l’UE. Je pense que c’est la démocratie qui est malade, car une démocratie représentative n’est jamais une démocratie, mais une nouvelle oligarchie, une nouvelle aristocratie, parasite pour l’oligarchie française. Si cette élite est aussi parasite, c’est parce que c’est un reflet d’une certaine histoire de France. L’Histoire de France a toujours été un combat contre l’empire anglo-saxon, la finance et les élites mondialistes. Dans notre longue histoire, sous tous les types de régime, il y a toujours eu ceux qui commandaient (Philippe le Bel, Jeanne d’Arc, Louis XI, Louis XIII et Richelieu, Mazarin, Louis XIV, Napoléon, Clémenceau, De Gaulle….) et ceux qui obéissaient (Louis XV, Louis XVI, Louis XVIII, Louis-Philippe, Aristide Briand, Pétain…)

    Donc je pense que vous vous trompez de combat, qu’il y a bien un problème de souveraineté mais qu’une monarchie ne nous garantit absolument pas un retour au XVIIème siècle. En monarchie comme en république, il y a des chefs (rois ou présidents) fainéants…

  5. Très bonne étude du point de vue principiel.
    Certains ici, pétris qu’ils sont de contingences historiques, semblent ne pas l’avoir très bien saisi.

    Comme vous le rappelez très bien en mobilisant Platon, la critique porte sur le modèle actuel de République démocratique, et non sur de glorieuses institutions du passé telles que purent en connaître la République Romaine – un régime à caractère avant tout aristocratique.

  6. Je ne suis pas d’accord avec cet article qui tente d’établir une séparation au sein des patriotes entre les tenants d’un modernisme á tout crin et les tenants de l’ordre moral traditionnel.
    En vérité, je pense que les francais ne sont pas opposés au vent du changement et des vecteurs de modernité iés au progres technique et à l’evolution de leurs modes de vie. Mais, les reactions massives de la Manif pr tous ont montré qu’ils rejettent ce modernisme sociètal qui va à l’encontre de leur attachement aux valeurs traditionnelles.
    Le problème ètant que ce debat entre Anciens et Progressistes n’a rien à voir avec le choix du regime politique. Ya plus de monarchies en Europe. Pourtant que je sache le regime monarchique n’a pas servi de rempart contre ces dérives societales. Et de la même maniere rien n’empeche une Republique de respecter les valeurs traditionnelles qui puisent ses racines dans un heritage issu de regimes differents l’ayant precede.
    Après, sur la legitimite du peuple à se meler de politique, les choses ont vraiment évolué. Une France à l’ecrasante majorite rurale et illetrée c’est pas la même société qu’une France à l’ecrasante majorité dans le tertiaire et informée à outrance via Internet. L’education des masses a contribué à forger un nouvel esprit critique qui fait que le citoyen veut avoir son mot à dire sur tout donc on ne peut clairement pas passer á un muselage integral. Par contre, comme l’avait bien senti Michelet, le peuple, pour peu qu’il ne soit pas trop manipule par les medias, a un instinct pour distinguer et porter au pinacle le dirigeant qui lui faut.

    Ce que veulent les francais, au delà du choix du regime, c’est plusieurs choses: un pouvoir executif fort voire autoritaire avec comme contrepartie une consultation electorale (appel au peuple, referendum, election au suffrage universel du Pdt), une defense des interets francais à son sommet envers et contre tout, un dirigeant qui surmonte toutes les divisions et toutes les fractures qui peuvent exister entre les francais, un dirigeant qui leur redonne le prestige et la fierte d’appartenir a une grande Nation, noble et qui donne sa voix au chapitre des relations internationales.
    Ils rejettent les systemes mous et paralysants style republique trop parlementaire ou une monarchie constitutionnelle, tout deux cedant aux lobbys de toute espece.
    Bref ils veulent le respect des principes bonapartistes qui ont fait la force de la France car ils font la synthese des bienfaits liés á la Republique et à ceux de la Monarchie !

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