Le « socialisme-pour-tous » ou le nivellement par le bac

Le « socialisme-pour-tous » ou le nivellement par le bac

86,8 ! Les chiffres du pourcentage de réussite à l’examen du baccalauréat pour l’année scolaire écoulée viennent de tomber, c’est le cas de le dire… de tomber de plus en plus haut.

En y ajoutant le nombre des reçus au terme de l’ultime session de septembre et du redoublement, le taux devrait culminer à quatre-vingt-quinze pour cent des candidats du cru 2013.
Mais qui sait ce que ce résultat donnerait en données corrigées des variations idéologiques ? Dix pour cent… quinze… vingt peut-être, en tenant compte de l’appréciable apport en points des épreuves de pétanque, baby-foot et 421 ?

Quatre-vingt-quinze pour cent ! Quelle tristesse ! Comment ne pas penser aux cinq pour cent de notre jeunesse marqués d’infamie. Comment ne pas être obsédé par l’image de ce chiffre enduit de goudron, recouvert de plumes Sergent-Major et repoussé hors l’enceinte de la cité ?

Jadis, et jusqu’à naguère, le baccalauréat faisait le grand bonheur et l’immense fierté des rares adolescents qui l’obtenaient, ainsi que celle de leurs parents et de leur entourage. Quelques décennies plus tard, décennies d’idéologie socialisante débridée, le baccalauréat au rabais ne fait plus que la honte et la désolation des rares adolescents qui ne l’obtiennent pas… et de leur maman !
Le baccalauréat servait à reconnaître les meilleurs ; il ne sert plus qu’à isoler les pires. Il couronnait de lauriers la tête des vainqueurs ; il enfonce un bonnet d’âne sur la tête des vaincus. Il distinguait une élite ; il identifie les parias.
Exit l’immense bonheur et la grande fierté ! Le bachelier ne se hisse pas sur la première marche du podium, sous les hourras et les applaudissements ; le non-bachelier s’enfonce d’un sombre degré dans l’exclusion, sous les huées et les quolibets. Il ne sera même pas gendarme !

La sélection est l’un des ressorts fondamentaux de la vie. Il faut un Q. I. de socialiste pour ne pas le comprendre. Qu’on le déplore ou la pare de mille vertus, elle reste le facteur essentiel de l’évolution des espèces et des sociétés, bien indépendamment de la volonté des hommes. On ne peut la tordre, la plier à son gré comme on infléchit une courbe du chômage, au son de son pipeau. Refoulez-la par le haut, elle s’infiltrera par le bas, insidieusement mais avec d’autant plus de pression, de force et de violence.
Car le problème est bien là, quarante-cinq ans après 1968. Là où l’idéal veillerait à la juguler, la répartir, en tirer le meilleur parti, selon des critères connus et reconnus de tous, de compétence et de mérite, l’idéologie s’échine à la nier, la dénier, la repoussant du même coup, bien loin de l’intérêt général, dans les replis obscurs des réseaux et coteries, du corporatisme et de la consanguinité, du népotisme et de la tricherie.

Cela dit, les idéologues forcenés qui, depuis une cinquantaine d’années, ont fait main basse sur l’instruction publique de notre pays ne vont pas s’arrêter là. C’est bien connu : les idéologues, ça ose tout ; c’est même à ça qu’on les reconnaît !
Nos énergumènes ont la parade, soyons-en sûrs. La fuite en avant est leur manière d’avancer.
Maintenant que “le-baccalauréat-pour-tous” est à portée “demain”, “la-mention-très bien-pour-tous” s’impose, dégageant du même coup, sur l’horizon étroit de nos simples d’esprit, l’accès aux prochains bastions à conquérir : “l’agrégation-pour-tous” ou “le-doctorat pour tous”, “l’X-pour tous” ou “l’ENA-pour-tous”, “la Légion-d’honneur-pour-tous” et “l’Académie-française-pour-tous” !…
De quoi contrecarrer, voire annihiler définitivement, la résistance des récalcitrants, et faciliter l’insertion des analphabètes dans la société, via les plus prestigieuses filières des plus prestigieuses écoles.

Même si, à en juger par la qualité de discernement des puissants visionnaires qui nous gouvernent depuis quarante ans, toute nouvelle disposition en ce sens, visant, en deux mots, à accorder l’accès de tout à tous, ne saurait qu’entériner une situation de fait.

Allons ! citoyens « de c’pays », comme disent les gens de gauche, réjouissez-vous : plus de blanc, plus de noir… du gris pour tout le monde ! Et vive le socialisme pour tous !
… un gris de plus en plus foncé.

Maxime Sentence

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A propos de Maxime Sentence

Maxime Sentence
« Je ne suis d’aucun monde. Ma seule patrie est l’humour. Sans superstition, sans croyance, sans idéologie, sans illusions autres que celle de croire que je n’en ai aucune, ne me restaient que l’humour et le cynisme. Par cynisme, j’ai choisi l’humour. » Retrouvez les Carnets de Maxime Sentence : http://www.lebreviairedespatriotes.fr/category/carnets/
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