samedi, 16 décembre, 2017

« Papa, pourquoi t’as vendu la France ? »

» Papa pourquoi t’as vendu la France ? Me demandera mon fils lorsqu’il sera en âge de raison.

» Pourquoi dis-tu une chose pareille ? Lui répondrai-je d’un air absent contemplant mon thé du matin.

» Ben tu sais bien, tu dis toujours que l’État est devenu un café du commerce, une ”futilité”, avec ta grande voix d’ours , en particulier hier au sujet de la banlieue lorsqu’il a accusé le Qatar de ne pas donner des sous là où il faut et l’Europe de ne pas tenir compte de nous.

» Et ? (laissant tomber le biscuit dans ma tasse sans m’en soucier)

» Ce matin à l’école j’ai appris, entre deux cours d’anglais, ce qu’était la 5ème République. J’ai l’impression qu’elle ne sert à rien. Et on a ensuite fait l’Europe avec tous ces traités depuis l’époque où tu étais jeune et je n’ai pas compris le rapport, me dira mon garçon avec une naïveté déconcertante. Après tout aujourd’hui le président il sert à rien, regarde le voisin, le jeune brillant, il n’ a plus son travail et il sera bientôt obligé de déménager dans le quartier arabe parce qu’il n’arrive pas à payer. Le pire c’est que beaucoup de papas sont dans son cas. Regarde les chanteurs : tu traduis, il ne parle que de ça.

» Tu sais, aujourd’hui les grands hommes sont européens, et la politique c’est une affaire de grands hommes. Ce n’est plus comme autrefois où l’on ne pouvait penser qu’à nous.

» Oui mais qui c’est qui les a mis là ces gens ? Pourquoi on vote pour rien ? Pourquoi depuis que je suis né j’entends que l’argent n’est plus là et qu’il faut le partager ? Après tout tu vivais bien toi tu pouvais partir en vacance, t’acheter une berline et tout ça. Moi je ne peux plus car même si les Grecs sont partis, on devra payer encore pour sauver les autres. Le président il ne veut plus payer, il veut nous donner à nous, mais l’Europe elle impose que non et menace de lui demander de quitter son siège…. Décidément je comprends plus le rapport avec la République dans ce grand machin. »

Je me tairai un bon moment.

Je n’aurai rien à répondre et aucun son ne sortira de ma bouche. Je songerai à Louis XIV lorsqu’il imposa le Français et à Napoléon pour le Code Civil. Ensuite à la grandeur du modèle Français copié dans de nombreuses contrées. Puis à Mitterrand que l’on appelait le « dernier grand président ». Tout ce qui lui fut postérieur a, de manière décroissante, été efficace. « Autrefois, la France aurait pu se permettre de protester, penserai-je. Mais là, la politique a changé, l’économie a changé, la population a changé, tout a changé. Nous ne sommes qu’un pays d’appauvrissement.»

Le problème étant que cet enfant va venir peut-être plus tôt que je ne l’imagine dans cette projection, et l’échéance de ce monde parfait…

Anthony La Rocca

 

A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.
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