Abrégé sur la dissidence (IV) – Pierre Hillard, le bon chrétien
Pierre Hillard, lors de notre entretien en janvier 2014.

Abrégé sur la dissidence (IV) – Pierre Hillard, le bon chrétien

Monsieur Hillard est un homme serein, précis, soigneux et spécialiste de la mondialisation. En soi, son parcours explique d’une certaine façon son niveau de raisonnement, car il a touché au but, en ayant étudié un des fondements du post-modernisme qui est, pour reprendre les termes de Guénon, une « volatilisation » issue du nomadisme dégénéré.

Hillard montre alors avec une clarté impressionnante comment et pourquoi la seconde phase du monde moderne doit, après la « cristallisation » aiguë du sédentarisme, se muer en une parfaite dislocation des cultures, des traditions, des valeurs, des nations, et même jusqu’aux différences sexuées, afin d’aboutir au chaos social. Celui-ci sera d’ailleurs fait, entre autres, de guerres civiles anarchiques permettant d’instaurer en dernier lieu le Nouvel ordre mondial lequel s’effectue ab chaos.

Dans cette partie nous rendrons compte de l’analyse développée par Pierre Hillard, en traduisant sa pensée sur un sujet qu’il aborde souvent sous un aspect malheureusement un peu énigmatique pour ses lecteurs : l’influence et les conséquences du satanisme.

La nécessité du Nouvel ordre mondial

Lorsque l’on traite du Nouvel ordre mondial, on constate rapidement que ce dernier s’instaure à une vitesse grandissante, et que cette organisation relève entre autres d’une volonté globale de nos « élites », ce que Pierre Hillard démontre à l’appui des comptes rendus publics de l’Union européenne, tout en décortiquant précisément l’évolution géopolitique des divers blocs régionaux. Ce constat, pourvu qu’il soit bien amené, ne saurait souffrir d’aucune contestation hormis par les commissionnaires de la terrible malhonnêteté intellectuelle. Ainsi n’est-ce pas sur ce point que nous nous attarderons, mais plutôt sur les raisons d’une telle direction.

Notons que le Nouvel ordre mondial prend place dans la période eschatologique présente, et qu’elle est comparable au principe physique de la dislocation des corps, on observe ainsi que tout au long de l’histoire, les traditions perdent en substance, les différences s’étiolent et, qu’à terme, l’on en vient naturellement à un effacement de toutes les différences par métissage. C’est par ailleurs une logique tout à fait opposée au matérialisme historique développé par Hegel et Marx, qui sous-entendent que l’homme fait l’histoire, tandis que de notre point de vue cette action est toute conditionnée et donc relative.

Il a toujours été admis dans la tradition que Satan est le prince de ce monde, et qu’en conséquence, il soit amené un jour à monter sur le trône – matérialisé par celui du Pape – pour y régner. Bien qu’il faille admettre le caractère éphémère de son règne, c’est en tout cas vers un tel royaume que nous nous acheminons. C’est tout logiquement alors que les préparatifs de son arrivée sont soigneusement élaborés, car il ne peut régner que sur l’anti-traditionel, caractérisé par la religion de la platitude, celle du consommateur moderne, esclave de ses propres désirs pour des biens dont il n’a en fait aucune utilité. Tout conditionné qu’il est pas la publicité, l’homme est devenu cet animal dont rêvait Darwin, car il a été dépossédé de sa propre civilisation.

« (…) Cette société qui se donne et se voit toujours en progrès continu vers l’abolition de l’effort, la résolution des tensions, vers plus de facilité et d’automatisme, est en fait une société de stress, de tension, de doping, où le bilan global de satisfaction accuse un déficit de plus en plus grand, où l’équilibre individuel et collectif est de plus en plus compromis à mesure même que se multiplient les conditions techniques de sa réalisation. Les héros de la consommation sont fatigués. (…) Avec la consommation, nous sommes enfin seulement dans une société de concurrence généralisée, totalitaire, qui joue à tous les niveaux (…) cette société crée des distorsions toujours plus grandes, chez les individus comme dans les catégories sociales aux prises avec l’impératif de concurrence et de mobilité sociale ascendante, en même temps qu’avec l’impératif désormais fortement intériorisé de maximaliser ses jouissances. » ( Jean Baudrillard , La société de consommation )

Cette mise en place du Nouvel ordre mondial s’appuie donc sur l’abêtissement des populations, puisque c’est l’une des conditions du contrôle par lequel s’opère cette substitution. Il faut d’ailleurs entendre par substitution, celle qui s’est accomplie en occident entre la primauté de l’ordre chrétien et la mise au centre progressif du règne de la quantité. Celle-ci se caractérise par l’avènement de la masse à la faveur du suffrage universel, et du matérialisme qui pour être pleinement abouti doit cadencer une immense entreprise productive.

Satan après sa chûte du paradis – Gustave Doré

Satan après sa chute du paradis – Gustave Doré

D’autre part, suivant un plan plus actuel, l’avènement du Nouvel Ordre est relayé par le modèle universaliste républicain, mais aussi par le communisme, ceux-ci étant les deux faces d’une même pièce. Avec au centre, comme l’explique Hillard, une intense activité de sociétés contre-initiatiques telle la franc-maçonnerie. Ceux-ci d’ailleurs sont les véritables instigateurs du républicanisme, puisque l’on retrouve sur la Déclaration française et américaine des droits de l’homme et du citoyen, la pyramide de la Franc-maçonnerie, qui correspond à l’œil de la connaissance, mais qui peut également traduire l’œil de Lucifer en tant qu’il concorde suivant sa traduction du latin au « porteur de lumière ». Un grand nombre d’indices permettant de comprendre quels sont les buts symboliques de la Franc-maçonnerie figurent ainsi sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : le sceptre tenu par le « génie de la nation » — génie n’étant rien d’autre qu’un terme signifiant « daimon » — est très révélateur, puisqu’il est à sa base enroulé d’un serpent ; ce dernier marque parfaitement l’entreprise de séduction qui gravite autour du principe démocratique ; bien que le serpent traduise aussi le mensonge, l’envie ou la malice. Ce sceptre étant dirigé vers l’œil de la Franc-maçonnerie, on voit donc que la République Française est d’inspiration satanique, mais aussi que le but de la pseudo-démocratie est de conduire les hommes vers Lucifer.

En bon chrétien, Hillard a admis la logique de l’ordre traditionnel, et d’ailleurs il la professe. On peut cependant déplorer un léger manque d’ouverture car, se bornant dans son analyse à la seule religion chrétienne, il n’en reste pas moins que tout ce qu’il dit est juste. Il ne faut toutefois pas oublier que le caractère organisé et ordonné de l’Église offre une des dernières possibilités de restauration de l’ordre traditionnel en Occident. On ne doutera pas de l’importance de Pierre Hillard quand il s’agira de faire prendre conscience aux chrétiens des phénomènes destructeurs actuels.

Du reste, il analyse très correctement la tendance actuelle du Noachisme, tout droit sortie du dangereux Talmud, qui recense des interprétations farfelues de l’Ancien Testament. Hillard développe une pensée qui doit toucher tous les croyants, parce qu’il prouve d’une certaine façon que le mondialisme relève d’un concept mystique, explicitant au passage le rôle particulier joué par les Juifs dans le dernier cycle du manvatara ; ce qui lui fait dire que « le mondialisme est un messianisme pressé ». De notre côté, nous allons plus loin, car tous les dogmes modernes sans exception sont relatifs à une mystique, nullement athée, nullement rationaliste, mais en totalité « religieuse » se référant pour plus d’exactitude à une espèce de « religiosité », toute négative.

Peut-être même les athées comprendront-ils par là qu’il n’y a rien de réellement athée dans le monde et que le laïcisme tant apprécié n’est là rien de plus qu’une mystique. Cette appartenance apparaît clairement lorsque l’on analyse les déclarations de Vincent Peillon, qui ne se positionne que par rapport à la négation de toute religion et de toute tradition, ce qui est une attitude proprement « luciférienne ». Le ministre de l’Éducation nationale ne se limite pas à cette simple négation, et il propose tout bonnement la constitution d’une « spiritualité laïque ». Il est aisé de comprendre que cette « spiritualité » est en fait anti-spirituelle. La contre-initiation tire vers le bas, tandis que l’initiation véritable amène vers le haut. Tel que l’explique Guénon : « le “luciférianisme” est le refus de reconnaissance d’une autorité supérieure ; le “satanisme” est le renversement des rapports normaux de l’ordre hiérarchique ; et celui-ci est souvent une conséquence de celui-là, comme Lucifer est devenu Satan après sa chute. » (René Guénon, Autorité spirituelle et pouvoir temporel). C’est exactement dans ce sens que nous emmène Peillon, car après avoir nié les vérités traditionnelles, ce qui constitue proprement du luciférianisme, il harangue ses troupes à suivre la voie satanique. D’ailleurs, nous ne voulons nullement inquiéter le commun des mortels, mais sachez que chaque action de la vie moderne constitue autant de rituels et de liturgies de cette « spiritualité laïque ».

Toutes ces considérations n’ont pu se développer qu’à partir de la théorie humaniste, laquelle, prenant l’homme dans toute sa faiblesse, ne lui permet plus de voir au-dessus de sa propre condition. Le sacré correspond ainsi au moralisme suivant une exacerbation de l’exotérisme ; on peut parler à ce titre d’une tentative de sacralisation du profane. René Guénon nous dit à ce sujet qu’« il s’agissait en effet de tout réduire à des proportions purement humaines, de faire abstraction de tout principe d’ordre supérieur, et, pourrait-on dire symboliquement, de se détourner du ciel sous prétexte de conquérir la terre » (René Guénon, La Crise du Monde moderne). Une manœuvre que Pierre Hillard a bien comprise, et qui conclura logiquement notre portrait de ce « bon chrétien » éclairé par les vraies lumières.

Voir notre entretien vidéo avec Pierre Hillard

Faire un don via Paypal ou par chèque

VN:F [1.9.22_1171]
Avis: 9.8/10 (9 votes pris en compte)
Abrégé sur la dissidence (IV) – Pierre Hillard, le bon chrétien, 9.8 sur 10 basé sur 9 ratings

A propos de Jérôme Carbriand

Étudiant en économie, j'ai outrepassé les limites de l'enseignement universitaire en m'intéressant aux post-keynesiens, j'ai en cela une solide maîtrise des réalités économiques. D'autre part, j'ai parallèlement voué un intérêt particulier à la lecture d'une grande partie de la philosophie occidentale dont l'incohérence générale m'a incité à étudier la "métaphysique". Dans cette voie, certains auteurs m'ont véritablement touché, c'est le cas de René Guénon, Julius Evola et Mircea Eliade. Que suis-je donc, sinon une Cassandre sans génie, dont le seul mérite aura été de tomber avant les autres, écrasé par une foule arrogante et aliénée. Je suis le mouton noir d'un troupeau aveugle, dont les yeux s'entrouvrent pour percevoir l'abîme dans lequel nous nous jetons. Je suis le cauchemar de la modernité et la honte de la Tradition pour avoir enduré la boue d'une époque aussi souillée.
Revenir en haut de la page