mardi, 28 mars, 2017
Autorité spirituelle et pouvoir temporel (II) : La nécessaire restauration de l’esprit traditionnel
Dante et sa Divine comédie – Oeuvre de Domenico di Michelino, cathédrale de Florence.

Autorité spirituelle et pouvoir temporel (II) : La nécessaire restauration de l’esprit traditionnel

« Toi qui entres ici, abandonne tout espoir. » Le monde se meurt, l’humanité n’est plus qu’un amas de chair sans âme, car nous vivons l’époque tragique de la primauté du laid sur le beau, du chaos sur l’ordre et du vice sur la vertu. La destinée de l’homme ne paraît plus qu’être faite de limbes et de platitudes, et la vue de cet ossuaire inspire une véritable terreur ankylosante. Cette peur, qui pousse l’homme à s’enfermer dans le marasme du confort relatif, n’est autre que tombeau de l’humanité.

C’est en toute vraisemblance le futur de l’homme moderne que de finir sa course dans le caveau de l’ignorance et de l’immobilisme, car il ne bougera ni ne criera pour s’extirper de la cauchemardesque vie moderne, non, il s’en accommodera, il s’y complaira pour n’être plus que l’ombre de lui-même. C’est ainsi, dans cette dé-civilisation que l’homme trouvera sa nouvelle identité. Elle ne sera plus différenciée – idéal relatif du monde traditionnel –, mais indifférenciée, châtrée, asexuée, apatride ; chacun de ces « consommateurs » est mercenaire ; sa solde étant ce confort absurde traduisant une fausse tranquillité d’esprit ; son service, l’entrée dans l’armée de Satan.

Ce monde en perdition n’a plus rien à offrir, nous n’avons donc plus rien à en attendre. Nous respectons les combattants de l’ombre, les maraudeurs anti-système, toujours prêts à ouvrir des yeux égarés, mais leurs actions ne doivent jamais être mues par l’espérance, car en effet elle serait fort vaine. Comme nous le disions, l’action doit être le résultat de la connaissance — l’on agit, car l’on sait, non plus parce que l’on espère —, car la justice, la vérité et l’honneur imposent d’aller dans la bonne direction. C’est pourquoi espérer renverser la tendance actuelle est une attitude assurément moderne, car elle prétendrait faire participer toutes les bonnes volontés à l’agitation ambiante.

« Certes, il y aura des troubles ! Certes, il y aura des troubles ! Pendant ces troubles, celui qui est couché sera meilleur que celui qui est assis, celui qui est assis sera meilleur que celui qui marche, celui qui marche, meilleur que celui qui court pour y prendre part. »

Abu Bakra rapportant les paroles du prophète. Les signes de la fin des temps dans la tradition islamique.

Un tel dessein entendrait substituer la résolution divine par l’action humaine ; croyance en un « matérialisme historique » à l’état pur, car on voudrait par là faire primer l’immanent sur le transcendant. Or un dissident ne saurait souscrire aux vulgaires divagations de Friedrich Hegel, accordons-nous qu’il vaut bien mieux. C’est pourquoi, de même que nous avions dans notre « Abrégé sur la dissidence » fait valoir qu’ils ne le seraient authentiquement qu’en s’alliant par-delà les races, les cultures, les religions et les classes sociales, sous la bannière de l’anti-modernisme idéologique et pratique, – adhésion à la tradition dans ce qu’elle a d’ésotérique et d’exotérique – de même, nous montrons ici l’accessoire opposition entre les divers régimes nourrissant toutes les passions actuelles. Sachez que la véritable autorité est spirituelle, qu’elle soit cachée ou apparente. C’est donc à sa restauration qu’il faut se soumettre et s’employer.

Mais, si cette restauration est – semble-t-il – tout à fait improbable, du moins selon les modalités par lesquelles on la conçoit généralement, elle ne peut être qu’une révolte anthropologique ; celle d’un petit nombre d’hommes qui saura comprendre ce qu’ils sont en mesure de saisir de la tradition et pratiquer de la métaphysique ce qu’ils en peuvent accomplir. C’est là toute la nuance de notre point de vue par rapport aux autres « traditionalistes », en cela que nos prétentions ne vont nullement en faveur d’une restauration intégrale, qui est actuellement tout à fait impossible. Nous pensons que l’autorité spirituelle ne peut plus être restaurée selon une manifestation visible et active, mais qu’elle peut l’être de manière cachée et passive ; qu’en fait, il est possible de fonder une élite spirituelle qui ne vacillera pas, et qui se révélera au moment opportun comme la graine endurcit l’hiver jusqu’aux premières lueurs du printemps. Ne nous méprenons pas sur un retour du peuple, non plus que de l’armée, ni d’une « pseudo-élite, politique et intellectuelle », il y aura un réveil endormi, qui se couve lui-même, bercé et nourri dans l’ombre. Cette restauration passive et cachée se fera en premier dans les cœurs, puis à travers l’éducation, faisant naître une pérennité moqueuse du déracinement ambiant. Elle sera véritablement tradition, car pratiquée en priorité par la filiation. Tradere, de trans « à travers » et dare « donner » signifie « faire passer à un autre, remettre ».Dès lors, si l’admission des principes métaphysique est déterminante, ce travail ne peut être effectif que s’il y a transmission. L’esprit traditionnel, c’est donc en faire la passation à quiconque, pourvu qu’il soit transmis.

Il est cependant vrai qu’une mauvaise maîtrise de ces principes ne peut rendre sa transmission qu’illusoire, voire dangereuse pour son intégrité même, parce que si elle se voyait mal enseignée, elle pourrait conduire à un mouvement qui s’étiolerait jusqu’à la combattre. Ce risque, plus présent aujourd’hui qu’à aucune autre époque, fait peser une lourde responsabilité sur les prédicateurs qui se réclameraient d’une certaine connaissance de la tradition. Dans ce ladre monde où l’absence de principe semble être le but à atteindre, et où l’ignorance s’en est imposée comme le fondement, nul doute que la transmission sera une tâche plus ardue qu’une lutte ouverte contre un système quasi omniscient.

« Viendra un temps où l’homme de religion ne pourra la préserver qu’en fuyant de montagne en montagne ou d’une cachette à l’autre, tel le renard qui fuit pour préserver ses petits. »

Abû Nâ’îm, al-Bayhaqî

Tous doivent faire ce travail intérieur de réflexion, là où l’erreur s’est à tel point insinuée en chacun qu’une tabula rasa est pour certain indispensable, et dont l’utilité ne sera réelle que si l’on repart sur des bases saines. Aussi nous vient-il à ce sujet une citation de Schopenhauer, certainement fort usitée en son temps pour détruire la religion, au vu de sa philosophie générale – étant principalement une déviation de certains principes métaphysiques . Cette phrase s’avère aussi inappropriée à son objet de l’époque qu’elle semble s’appliquer aujourd’hui au nôtre :

« Il est très important d’apprendre de bonne heure, dès la jeunesse, qu’on se trouve au milieu d’une mascarade (…). Il faut donc enseigner aux jeunes gens que dans cette mascarade, les pommes sont en cire, les fleurs en soie, les poissons en carton et que tout n’est que farce et plaisanterie ; et que de ces deux hommes qu’ils voient si sérieusement aux prises ensemble, l’un ne vend que de la fausse marchandise, que l’autre paie avec des jetons à compter. »

Parerga et Parapolimena

Si bien que dans un registre plus profond Caldéron faisait dire à Sigismond : « Qu’est-ce que la vie ? — Une fureur. Qu’est-ce que la vie ? — Une illusion, une ombre, une fiction, et le plus grand bien sont peu de chose, car toute la vie est un songe, et les songes mêmes ne sont que songes. » Faut-il donc se réveillez de ce cauchemar?  Car la vie saine ne se trouve pas au-delà du Styx qui mène aux enfers terrestres, il faut avoir le courage de dominer ce nocher guidant la barque de nos propres individualités vers les plus grands périls. Dans ce monde mensonger et virtuel, notre seul acquis consiste à s’imprégner des derniers rappels de la métaphysique pure à l’occident ; Guénon, Evola, Eliade se sont récemment chargés de la transmettre à l’esprit occidental, et plus anciennement Ibn Arabi, Platon, Al Allaj avaient entretenu cette connaissance, condition d’accès à « l’homme véritable ». Aussi, d’une certaine façon, il a pu être dit que l’Orient eût régénéré l’Occident. La vérité se trouve donc dans tous les textes sacrés ; la Bible, le Coran, la Bible hébraïque, et l’on pourrait d’ailleurs étendre ces textes à un grand nombre de traditions ayant été consignées, comme la Disciplina etrusca, l’Avesta et les Védas. Les lectures seront la première étape, et leur bonne compréhension plus qu’indispensable, car il faut voir ce que les fausses interprétations ont fait des textes sacrés et à quoi elles ont réduit la parole divine : le protestantisme, puritain, calviniste, anglican ; le pseudo-Islam : wahhabite, salafiste ; enfin, l’excroissance cancéreuse du judaïsme talmudique n’en sont que les tristes raclures.

« Ma communauté connaîtra des dissensions nombreuses. Au nombre de ces dissensions, il y aura une secte s’exprimant avec élégance et œuvrant pour le mal. Ils liront le Coran, mais celui-ci ne dépassera pas leurs gosiers [ils ne lui donneront pas foi]. Ils s’éloigneront de la religion à la vitesse de la flèche qui se dirige vers sa cible et n’y reviendront pas avant qu’elle ne soit revenue dans son carquois. Ils sont les pires des créatures de Dieu. Heureux celui qui les aura tués ou qui aura été tué par eux. Ils invitent les hommes à suivre le Livre de Dieu alors qu’ils n’ont rien à voir avec le Livre. Celui qui les combat pourra davantage se réclamer de Dieu qu’eux. Et quel est leur signe distinctif ? Fut-il demandé au prophète. « Ils se rasent la tête », répondit-il. (AD.) »

Incidemment, les tenants du dogme wahhabi salafi ne se rasent-ils pas la tête ?

 À plusieurs reprises, nous avons avancé que la lâcheté des Occidentaux fut le principal vecteur du consentement tacite, permettant à une anti-élite de faire s’effondrer la civilisation occidentale traditionnelle. Ces lâches ont traversé les générations et pullulent maintenant en tous lieux, prenant peur à la moindre réflexion non conventionnelle, au moindre chuchotement de vérité ; quand ils ne nient pas en bloc, ils dénoncent insidieusement celui qui envisage autrement – danger suprême à leur pensée unique. C’est sans conteste qu’ils finiront jetés dans le vestibule des lâches

« Cet état misérable est celui des méchantes âmes des humains qui vivent sans infamie et sans louange et qui ne furent que pour eux-mêmes […] Les cieux les chassent, pour n’être moins beaux et le profond enfer ne veut pas d’eux, car les damnés en auraient plus de gloires » 

La divine comédie, Dante Alighieri

Mais certains joueront de l’honneur, certains auront la veine de la justice ; « Il y aura beaucoup d’appelés, mais peu d’élus ». Ce sera cette génération « Réactionnaire », qui n’est plus passive, mais réactive à la décivilisation orchestrée, pure qualité et peu nombreuse, elle défendra et préservera la connaissance en Occident. Cependant, cette réaction ne signifie pas la régence d’une lutte ouverte, qui, de quelque manière qu’elle soit, aura toujours le dessous face aux moyens incommensurables des modernes – qui peuvent se prévaloir de leur sempiternel « sens de l’Histoire ». Ce sera à l’inverse une réaction sibylline au monde actuel ; lui étant totalement incompréhensible, elle passera d’autant plus inaperçue qu’elle recèlera le vrai à l’état pur. Cette réplique ne saurait être confondue avec lesdits réactionnaires qui ne s’accordent qu’à sauver des reliquats traditionnels occidentaux – pris en un sens uniquement exotérique et pratique –, lesquels étant, de toute façon, fort éloignés du principe dont ils émanent depuis longtemps ; assurément, il n’y a plus rien à sauver en Occident, tout est à retrouver. C’est d’ailleurs une vraie ineptie que celle des conservateurs, dont l’action – ou plutôt l’inaction – trahit une totale incapacité à s’opposer ouvertement à un monde ravageur, ces derniers ne faisant que danser sur les restes d’un cadavre meurtri en espérant le ranimer, quand bien même il serait mort depuis le XIVe siècle. Les chenilles devrons se faire chrysalides, là où tout un monde basculera dans la séditieuse dissolution, il y aura cette génération absolue, radicale, à l’opposée du culte de la nuance et du règne de la demi-mesure, elle aura le mérite d’avancer dans la bonne direction. Comme un signe de la fin des temps, cette fine fleur répondra à l’échéance du kali yuga, et formera l’aile occidentale de l’armée du Madhi.

Au dernier temps d’une nation qui s’altère au point de ne plus répondre au qualificatif de peuple, complètement ébranlé par une immigration massive – dont on peut dire qu’elle-même fut déracinée, et dont l’action consista à son insu à empêcher le corps social de se contracter et de se souder pour défendre sa tradition et son intégrité – l’insoupçonnable élite spirituelle qui se constituera comme garant du dépôt de la tradition, par le biais d’une récupération de la métaphysique pure, sera le dernier bastion de la civilisation en Occident. Nul doute, que ce retranchement sera dûment harcelé par les conditions mêmes de l’existence contemporaine, car « Viendra un temps où le croyant se dissimulera [parmi les hommes] avec autant de soins que ne le fait aujourd’hui l’hypocrite parmi vous. » (Ibn Sinnî)

La France est donc une « société retournée contre elle même » comme le déclara Laurent Ozon sur Méridien Zéro, surprise par une république chantre de l’universalisme du non-être, cause et condition du « sida mental » induisant l’incapacité des Français à organiser leur propre survie. L’entreprise de castration et de culpabilisation ayant sévi à l’encontre des Européens fut létale, bien que les enjeux devant occasionner sa future disparition soient encore visibles et actifs, telle la gangrène du chômage, la disparition de la nation et une démographie fléchissante, devant nécessairement faire suite à cette « chaîne de conduction de stress » suscitant l’unité d’un peuple dans une période critique. L’immigration massive a rendu toute réaction impossible, elle a sapé le corps social ; cette contraction civilisationnelle, qui fut pour nous aux sources de la féodalité par l’alliance des Romains, des Gaulois latinisés et des Francs saliens contre le péril nomade représentant la dissolution (voir Les fondements de la tradition Féodale) a été prévenue par des centaines d’années d’ablation mentale. Les étapes successives de cette résection d’un corps social ordonné furent en France la révolte des nobles menés par Le Bel détruisant les ordres de chevalerie, la révolution jacobine de 1789, les guerres fratricides de 14-18 et de 39-45 permettant l’avènement du consumérisme, et enfin les révoltes de mai 68 livrant une société perdue aux alarmes de la propagande gauchiste internationaliste.

La « dissidence » actuelle

Pierre Hillard.

Pierre Hillard.

Afin de parachever notre explication, quelques mots sur la « mouvance dissidente » s’imposaient toutefois. Car l’on voit actuellement s’opérer une rupture en son sein, et s’il est possible de la déplorer d’un point de vue personnel, cela ne change pas notre regard lucide quant au devenir de la France et du monde actuel, puisqu’il est peu probable qu’une réaction visible et rapide mette fin aux dérives existantes. Bien que toutes ces organisations « dissidentes » soient bénéfiques à la compréhension du constat par les masses, leur impact est tout à fait négligeable sur les événements à venir. Pierre Hillard titrait ainsi son ouvrage de manière péremptoire : « La marche irrésistible du nouvel ordre mondial », et cela est fort bien vu ; de la même manière, nous pourrions préciser cette vérité en décrivant « la marche irrésistible du monde moderne », dont la mondialisation n’est qu’une application par le biais d’une action dissolvante.

Pour faire écho à ce que nous disions dans notre précédente chronique, les dissidents autoproclamés sont à une période charnière du mouvement, aussi leur faut-il se rallier sous une seule bannière s’ils veulent peser un tant soit peu. Mais, ce ne sera manifestement pas le cas : alors même qu’un « business dissidence » prend racine et absorbe tout l’auditoire vers un constat sans solution, réduit à l’éternel retour de la médiocrité ; là une dissidence Eurasiste déterminée à voir chez les Russes un sauveteur inespéré se dissocie peu à peu de mouvements trop « tièdes » quand s’agite autour un grand nombre de « nationalistes » soutenant des doctrines plus ou moins modernes, qui, si elles étaient demain appliquées ne seraient ni plus ni moins qu’une grossièreté de l’actuel monde moderne, comme l’a été le nazisme. On s’efforce à définir la « dissidence », mais personne n’en appréhende la linéature, et d’ailleurs peu s’en réclament, car elle constitue un état d’esprit trop complet et absolu, et finalement incompris. Il est à se demander parfois jusqu’à l’utilité de ces Cassandres, que par définition personne n’écoute… certains de nos lecteurs se reconnaîtront peut-être en ces mots que nous reprendrons à notre compte :

« Je cause parfois avec les hommes comme l’enfant avec sa poupée. Elle sait très bien que la poupée ne l’entend pas, mais elle se procure, par une agréable auto-suggestion consciente, la joie de la conversation. »

Parerga et parapolimena

Quelques-uns parviennent néanmoins, au détour d’un léger songe, à quérir le souvenir d’une France gorgée d’honneur, de foi, de justice. Ils sont peu à se remémorer les temps glorieux, mais certains s’en souviennent, préférant le passé à un sombre avenir préparé par un triste présent. Réveillez-vous ! Car le futur sera bien rude , notre époque s’éteindra dans une mélodie fracassante de cris et de terreur, une fureur rouge se substituera à la morne grisaille de nos vies,  ce sera là l’occasion pour les glorieux rêveurs d’un dernier mot. Alors qu’il soit audible à tous : « nous n’avons jamais oublié nos racines! ». Entendez cette épitaphe du Chateau de Pirou donnant un aperçu du vénérable esprit patriote et traditionnel

« […] sache donc qu’il n’appartient qu’aux Morts d’instruire les vivants, puisqu’ils le font seuls sans intérêt et puis qu’ils savent faire parler les Marbres lorsqu’eux-mêmes ne parlent plus. Lis, écoute, songe à toi en songeant à eux et profite de leur instruction. L’ancienneté de la Noblesse, la grandeur de la maison, les charges importantes que l’on y a levées, les illustres alliances qui y sont entrées. Le courage, la valeur et les belles actions que l’on y a faites. Puis que tout cela dit n’a pas empêché Messire Charles du Bois [dernier seigneur des lieux] d’entrer au tombeau, qui que tu sois rentre en toi-même, vois que tout n’est que vanité et pour prendre le même chemin qu’il a pris, vis et meurs comme il a vécu et comme il est mort, car c’est le seul qui mène à la gloire. […] prie pour lui afin qu’il prie pour toi. Pense plus au ciel qu’à la Terre […] »

En conséquence, l’affirmation d’une élite spirituelle est donc absolument nécessaire comme prélude à la restauration de l’autorité spirituelle ; « seul au milieu des ruines » l’homme sera nécessairement amené à se réaliser par sa propre individualité afin de contourner une société traditionnelle défunte – nous espérons toutefois que les organes dissidents jouent un rôle fédérateur et solidarisant afin d’accompagner ces révoltes à base personnelle. Mais présentement l’homme est tombé dans le puits de l’individualisme, et seules la famille et sa foi – pourvu qu’elles survivent aux lois actuelles – peuvent l’en faire sortir. La posture à tenir sera claire ; « Fais en sorte que ce sur quoi tu n’as pas prise ne puisse avoir de prise sur toi ».

Jérôme Carbriand

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A propos de Jérôme Carbriand

Étudiant en économie, j'ai outrepassé les limites de l'enseignement universitaire en m'intéressant aux post-keynesiens, j'ai en cela une solide maîtrise des réalités économiques. D'autre part, j'ai parallèlement voué un intérêt particulier à la lecture d'une grande partie de la philosophie occidentale dont l'incohérence générale m'a incité à étudier la "métaphysique". Dans cette voie, certains auteurs m'ont véritablement touché, c'est le cas de René Guénon, Julius Evola et Mircea Eliade. Que suis-je donc, sinon une Cassandre sans génie, dont le seul mérite aura été de tomber avant les autres, écrasé par une foule arrogante et aliénée. Je suis le mouton noir d'un troupeau aveugle, dont les yeux s'entrouvrent pour percevoir l'abîme dans lequel nous nous jetons. Je suis le cauchemar de la modernité et la honte de la Tradition pour avoir enduré la boue d'une époque aussi souillée.

2 commentaires

  1. Une très bonne analyse si je puis me permettre de donner mon avis personnel sur la question, le voici.

    J’appartiens au Cercle des Volontaires, je fais donc de la réinformation, mais il faut bien se rendre compte que nos marges de manœuvres sont extrêmement limité et que nous sommes en permanence sur le fil du rasoir de la diabolisation. La plupart des gens que je vois au quotidien sont formaté depuis le plus jeun âgé pour s’opposé à aux à toutes les valeurs et réflexions que nous pouvons véhiculer, concernant commutées, le véritable rôle du progressisme, l’héritage du religieux, le nationalisme etc etc..

    Même si une volonté inconsciente de renouer avec les anciennes valeurs se fait de plus en plus sentir, le dénis de réalité et l’endoctrinement sont autant de barrières a franchir pour une grande majorité de la population. Et lorsqu’on essais de s’y attaquer, il faut prendre beaucoup de précautions pour ne pas être immédiatement et définitivement écarté du dialogue et stigmatisé.

    En ce qui concerne le problème de la division des médias et courants alternatifs, ils peuvent pour l’instant être considérés comme une bonne chose plus qu’un problème. Je m’explique: outre le fait que toute unité est actuellement impossible, on ne peut pas lutter contre la pensée unique par l’établissement d’une autre pensée unique, seulement par une pluralité d’opinions. D’autre part notre diversité permet de rassembler des gens venant d’horizon très différent et de les orienter au moins partiellement vers une meilleur direction.

    Actuellement toute participation plus active a des actions dissidentes serait très mal vue par la population car considéré comme extrémiste. Improductives, elle nous métrait en marge de la société et achèveraient nos bénéfices. Le seul espoir est que la déliquescence du régime actuel aboutisse à un éveil collectif et une situation qui permettront plus d’initiatives et de critique vis a vis du système de valeurs actuel.

    Gardons espoir et soyons vigilent. Tout n’est pas encore perdu!

  2. Cher Monsieur,

    Votre avis est le bien venu, je sais toutes les limites auxquelles sont soumis le commun des mortels.
    Mon défaitisme ne vient pas de là, je suis simplement en accord avec les écrits sacrés, si la guerre est perdue d’avance, certaines batailles en revanche ne le sont pas, et la gloire, l’honneur et la justice n’abandonneront pas les combattants de la civilisation.
    L’occident est perdu, et l’orient tombera aussi, car ce qui doit arriver arrivera. Mais un mal, n’en est pas moins mauvais, et c’est du bon côté qu’il faut donc se ranger.
    Je ne pense pas comme vous, qu’il faille se limiter aux barrières et à diverses précautions qui nous empêcheraient d’être stigmatisés, je suis d’humeur incisive, il faut s’extirper de toutes limitations et dire ce qui est, choquer s’il le faut, faites claquer votre rhétorique et parler avec passion, c’est cela qui fera que les gens suivront.
    « Actuellement, toute participation plus active a des actions dissidentes serait très mal vue par la population car considéré comme extrémiste. Improductive, elle nous métrait en marge de la société et achèverait nos bénéfices. »
    Vous vous trompez, il faut se battre, il faut être actif, il faut sortir de sa torpeur et défier les risques, défier la pensée unique, défier l’ignorance. Vous pourriez finir par convaincre 2% de la population, mais le nombre ne compte pas ici, seulement la qualité et le courage. Considérer que la majorité des individus sont perdus, battez-vous pour vous-même et ceux qui restent. Les gens n’ont pas d’avis, sur rien du tout, ils sont dans la superficialité et l’endoctrinement, à nous tous de balayer ce voile inconsistant.

    cordialement

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