lundi, 27 mars, 2017
Église, tradition et modernité : entretien avec l’abbé de Tanoüarn
Guillaume de Tanoüarn à Paris, novembre 2014.

Église, tradition et modernité : entretien avec l’abbé de Tanoüarn

Prêtre catholique traditionaliste, l’abbé de Tanoüarn a répondu aux questions du Bréviaire des patriotes. Il évoque pour nous l’état de l’Église, son rapport à la modernité mais aussi le fléau du rationalisme ainsi que l’influence de la franc-maçonnerie et des idées libérales-libertaires aujourd’hui.

Propos recueillis par Christopher Lings

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A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.

5 commentaires

  1. Il ne faut pas confondre dieu et l’idée de dieu. Par idée de dieu, je n’entends pas l’idée que l’on se ferait de dieu, ou la manière de le concevoir; je parle simplement de penser dieu. Si Dieu relève exclusivement de la croyance ou la foi, je crois que l’on peut aussi penser dieu. Et c’est cela, à mes yeux, l’idée de dieu. Si pour Fitch « une pensée qui pense dieu se pense plus qu’elle ne se pense », ce n’est pas parce que l’amour de dieu élève seul la pensée, mais parce que l’idée de dieu relève aussi de la rationalité. Penser dieu, ce n’est pas voir dieu ni l’entendre, mais c’est justement ce qui en fait un acte rationnel. Aussi ne doit-on pas opposer comme contraire de dieu l’athéisme, ou comme contraire de la haine l’amour que dieu nous porte, encore moins la paix comme contraire de la guerre. En effet, le monde n’est fait que de contrastes, d’oppositions. La seule chose contraire à l’univers, donc contraire à dieu, c’est le néant. Or le néant ne se pense pas; il se conçoit. Et parce que personne ne peut se représenter la réalité du néant, le néant ne peut se concevoir uniquement que par l’absurde. La rationalité n’est ni un concept, ni un faux semblant; elle n’a rien d’absurde. La rationalité montre juste que, penser dieu, c’est aussi prouver l’existence de dieu.

  2. Ce cher Monsieur, lorsqu’il aborde Guénon, fait référence aux État multiple de l’être, mais ,aussi à une grande partie de l’œuvre de l’auteur.
    De même que le principe est supérieur à la personne ou à l’être comme entité individuelle, de même il ne voit en Jésus ni la personne, ni l’individu — car c’est une vu trop matérialiste– mais bien la figure largement partagée de l’homme universel.
    Et lorsque l’on parvient à l’état d’identité suprême, c’est parce qu’on a supprimé son individualité en la faveur de Dieu. Qu’on s’est laissé imprégner par lui , il emplit alors tout notre être, car finalement notre identité véritable c’est Dieu.
    Enfin, ce sont là des considérations qui pour être bien débattues, doivent déjà être bien comprises, et il est probable que de vive voix notre abbé ne se soit bien fait comprendre.

  3. Pour une critique du Guénonisme gnose ignorante des spécificités de la mystique chrétienne et du dogme chrétien en général, lire Jean Borella et notamment « esotérisme guénonien et mystère chrétien » ainsi que « Problèmes de gnose ».
    Et pour en finir avec le franc-maçon Guénon, il faudra aussi bien un jour ressortir les lettres de Louis Charbonneau-Lassay..

    • Le Guénonisme n’existe pas, car ce que défend Guénon a été défendu par divers auteurs, aussi bien Eliade, qu’Evola, Coomaraswamy, Schuon, Savoret etc… Bref sans faire la liste des défenseurs de la Tradition primordiale, il est bien évident que Guénon n’a jamais prétendu inventer un système quel qu’il soit.
      Il est évident que vous êtes assez ignare dans votre genre, car si vous aviez lu l’auteur que vous prétendez critiquer, vous sauriez que la Gnose n’est pas la métaphysique, et que c’est une chose plus propre aux néoplatoniciens qui n’est d’ailleurs pas exempt de toute déviation.
      Enfin les discussions épistolaires entre Guénon et Lassay sont certainement disponibles au même titre que celles qu’il a entretenu avec d’autre auteurs.
      Je ne vois pas, pour en avoir lu certaines, quels grands mystères « sataniques » elles doivent recéler, sauf pour les « symbolistes » du dimanche qui se prétendent catholique.

  4. Gabrielle de Saint-Sauveur

    Je m’étonne qu’on parle ici de la gnose, comme d’une hérésie. Il se trouve que la crucifixion de Jésus comme chemin à vivre intérieurement, et non comme chemin à admirer parce qu’il l’a fait pour nous, est l’authenticité même de ce que Jésus essaie de dire ds les Evangiles, rapportés 4 siècles après par des disciples.
    1) Ne Jamais minimiser l’écart, possible, entre un maître et ses disciples (qui, prenant la place du maître « défunt »; s’enorgueillit ou cède à des pressions extérieures, au choix);
    2) Les religions des mystères, propres à la Grèce antique, parlaient de résurrection et de crucifixion, dans la droite ligne de ce que Jésus incarnera plus tard. Jésus lui-même a dit exprimer une Sagesse qui vient « du fond des âges »… Il n’a jamais prétendu inventer la crucifixion ni la résurrection. Seule l’Eglise l’a décrété, à coup de lapidation, et de morts sur le bûcher vivants.

    Enfin, Entre Jésus et l’Eglise, il se pourrait bien qu’il y ait un fossé, et que, comme Jésus le craignait, on ait remplacé la « Parole divine » par nos ‘Traditions » humaines… C’était annoncé, ça, par Jésus. Qu’en fait l’Eglise de cette parole de Jésus?… Silence

    Pour conclure, les partisans d’une initiation, d’une connexion à la part de Dieu en nous, étaient 1ers par rapport à l’Eglise catholique romaine. C’est donc celle-ci qui fait figure d’hérésie par rapport à ses aînés, qu’elle s’est permis de détruire. Est-ce chrétien, cela? Comment peut-on prétendre, à coups d’armées (compromission avec le politique, en passant), faire taire une voix différente? Une voix que ces initiés ne cherchaient pas à imposer ni à faire école, eux?

    L’heure est au choix du camp auquel on appartient : fils de Dieu ou fils des représentants de Dieu… Séparer le grain de l’ivraie, et d’urgence. Les scandales qui éclatent au sein des institutions religieuses devraient ouvrir les yeux. Et pourtant…

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