mardi, 25 juillet, 2017

Clips de campagne : d’un ridicule à l’autre

La campagne présidentielle officielle est lancée et c’est une très bonne chose car cela induit qu’elle est, par ce fait même, en voie de se terminer. Pour l’occasion, les candidats ont été invités à réaliser un clip vidéo afin de promouvoir leurs idées, que l’on espère secrètement, pour se rassurer, être celles de leurs conseillers. A l’ère de la communication, du marketing outrancier et du règne sournois de l’image, on pouvait légitimement pressentir que le tableau d’ensemble ne serait pas chatoyant. Mais qui aurait pu envisager un tel délabrement…

En effet, ces compendiums affichent une vacuité rarement égalée et paraissent indignes d’un évènement d’une telle ampleur concernant un pays au passé si prestigieux.
Le trop peu charismatique François Bayrou tente de « raviver l’espoir » à grands coups de lapalissades. Mélenchon, rabatteur apprenti robespierriste, tente de faire croire qu’on peut encore se marier en blanc après trente-cinq ans de parti socialiste. Nicolas Dupont-Aignan, dans un souci de proximité populaire, commence quant à lui son spot en déclinant son identité comme s’il était en garde à vue, sans parler d’Eva Joly qui, le visage éclairé par des lunettes vertes au xénon fait davantage penser à un personnage de « ça cartoon » ou à une enseigne pharmaceutique qu’a un candidat aux plus hautes fonctions de l’Etat. Le tout servi par une mise en scène grotesque digne d’une série d’AB1, un fond musical douteux et des rubriques d’annonce des candidats qui rappelleront aux post-ados les plus lobotomisés les débuts de la star académie. En somme, des Scaramouche psalmodiant leur cantique, passés maîtres dans l’art, très politique, de la palinodie.

Après un lib dup UMP plus que calamiteux, un clip de campagne socialiste de facture équivalente, ces nouveaux scopitones sonnent comme le dernier coup de marteau sur les clous du cercueil du sérieux politique. Une mise en avant symbolique d’une politique française réduite au symbole. Une campagne présidentielle valétudinaire qui hoquette à l’envi quelques slogans ridicules, pour tenter, tant bien que mal, de séduire un électorat contristé.
Les quelques rodomontades des uns et des autres n’y changeront rien. Face à une telle déliquescence, Saint-Just lui-même se serait surpris à rêver d’Empire, appelant de ses vœux l’espoir d’un 2 décembre salvateur.
Rappelons que sous l’ancien régime, le pouvoir était d’abord une réciprocité. Le noble tirait sa légitimité du fait qu’il protégeait, en tant qu’homme d’armes, le paysan des agressions. Dès lors qu’il fut identifié comme parasitaire par la majorité du peuple, il perdit progressivement le pouvoir. C’est une leçon que nos politiciens verbeux devront apprendre à tirer s’ils veulent continuer leurs parades obscènes. Il faut donner pour recevoir et recevoir pour donner. Quand on se complait à ne donner que du vent, on n’est jamais à l’abri de recevoir la tempête. Et à l’heure de cette tempête là, nos actuels révolutionnaires de salon seront, comme toujours dans l’Histoire, les premiers cachés sous leur lit.

A propos de Maxime Le Nagard

Etudiant en journalisme, intéressé par tous les domaines de la culture générale, en particulier l'Histoire, la littérature et la philosophie.
Revenir en haut de la page