lundi, 23 octobre, 2017
Le retour à la monarchie : réellement la meilleure des options ?

Le retour à la monarchie : réellement la meilleure des options ?

Les « cocardiers » que nous incarnons gravitent autour d’une seule et même conception : le peuple français souverain. Sans aucun doute nous partageons aussi la conception d’une République, au sens générique d’État légitime aux yeux du peuple : « Tout gouvernement légitime est républicain : car alors seulement l’intérêt public gouverne et la chose publique est quelque chose » (Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat Social). Toutefois, au gré du climat politique actuel nauséabond, un vieux conflit réapparaît sournoisement en notre propre formation : Monarchie ou un rebond démocratique ?

Il faut dire que la Ve République qui semblait résoudre ce combat centenaire (entre chouans et patauds, Hugo et Napoléon III, Maurras et l’héritage révolutionnaire…etc) en confiant un pouvoir exécutif fort et autoritaire à un président élu et en adéquation avec son peuple, n’est pas à son meilleur jour. Contestée par le Front de Gauche et le Front National comme étant insuffisamment démocratique à leurs yeux, dépravée par la politique européenne ainsi que la décentralisation et l’ultralibéralisme, l’égalitarisme supplantant l’élitisme républicain…. Elle a perdu à notre époque un certain prestige. Alors que faire ?

Le royalisme paraît aujourd’hui être l’anticonformisme en sa forme la plus radicale. Dans ce monde en révolution perpétuelle où toute structure traditionnelle est rendue inappropriée, il est sûr que c’est on ne peut plus réactionnaire. Un modèle politique basé sur la famille patriarcale – adjectif vu comme un gros mot – fait forcément écho avec l’actualité. Le père (gouverneur), la mère (l’assemblée) et les enfants (le peuple) seraient unis en une même famille aux mêmes intérêts.

À décharge de ce système, souvent diabolisé et caricaturé, il n’est pas forcément contraire à l’expression de la volonté populaire, comme l’explicite Rousseau lui-même : « Pour être légitime, il ne faut pas que le gouvernement se confonde avec le Souverain, mais qu’il en soit le ministre: alors la monarchie elle-même est République. »

Toutefois, ne sombrons pas dans l’illusion de l’hybris royaliste. Pour le premier aspect, prenons conscience que comparaison n’est pas raison. Les habitants n’ont pas pour unique rôle d’obéir docilement à l’État au vu d’une éducation. Rousseau stipule que les enfants s’émancipent toujours de leurs parents, engendrant ainsi de nouvelles relations ; où seraient la cohésion et la durabilité d’un État si tout reposait sur ce principe d’enfance ? Enfin alors qu’il y’ a une justification naturelle pragmatique à la paternité, qu’est-ce qui justifie l’hérédité du pouvoir ? Qui nous dit que, parce qu’il est fils de, il est prédestiné à être le meilleur pour porter notre drapeau ? Songez à Louis XV et son manque total de conscience politique…

La seule justification recevable serait une transcendance divine. Dans un univers éduqué et de classe moyenne, n’utilisant la religion catholique que pour les mariages et les enterrements, autant dire que la majorité des français ne l’accepterait pas si facilement. On en vient au second point : le Roi n’a de loin pas l’unanimité populaire dans la société actuelle.

Nous sommes au lendemain de l’anniversaire de la Révolution Française. La populace ne semble aucunement s’être émancipée de l’héritage des Lumières et des valeurs purement révolutionnaires comme l’égalité, la liberté, la laïcité, le positivisme, la méritocratie et la primauté nationale. Elle les a au contraire faites sienne. Instaurer de nouveaux statuts de privilèges provoquerait plus d’un ulcère. Les discours sur l’inégalité des hommes produit par les Lumières sont dans l’âme même des Français.
D’autre part, la déficience semble hors de ce propos : la soumission à des pouvoirs tierces. Qu’il s’agisse des lobbys, de la finance, des entités transnationales, de l’Islam à travers le monde, du joug des États-Unis… Notre prince est aujourd’hui à nu, il ne commande plus rien. Le royalisme seul n’est pas la solution primaire : on peut concevoir que le roi soumette son royaume au diktat de la mondialisation. Louis XVI avait bien des relations amicales avec l’Autriche, en dépit de son devoir de Chef, comme nos présidents avec le Qatar.

La priorité est de reconstruire une souveraineté populaire. Remplacer une représentation qui a les mains liées. Bien-sûr, par ailleurs, l’expérience française de la royauté est à considérer et non à jeter aux oubliettes. C’est toute la démarche d’une pratique Gaulliste du pouvoir : conjuguer la continuité du passé monarchique avec les acquis des sans-culottes. Pour cela remettre l’autorité au cœur de l’exécutif, lui garantir une force conséquente (contrairement à ce que réclame les partis dits populistes), semble la meilleure chose à faire en considérant l’état actuel des choses. Nous n’oublierions pas que la France fut une monarchie ; nous la pérennisons sous une forme différente , contemporaine.

On peut analyser le défaut d’autorité de la démocratie de plusieurs manières. La plus probante est l’actualisme dénoncé par Alain Finkielkraut sur France Culture: « Défiance, transparence, instantanéité, voilà qui n’est pas très encourageant pour l’exercice du pouvoir, de l’autorité en démocratie. » Il faut une vision globale et globalisante de l’ensemble du peuple et la maintenir tel un graal intangible. Une démocratie césarienne, une démocratie faite homme souverain (lire l’article de David Saforcada à ce sujet).

Il y a urgence de restaurer la patrie que l’on porte en nos cœurs. La République démocratique a encore de beaux jours devant elle, la France, elle, n’a pas le temps d’attendre.

Anthony La Rocca

A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.
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