lundi, 27 mars, 2017

La France dans la mondialisation : Pourquoi rien n’est perdu

Depuis quelques années, la France perd des parts de marché au niveau mondial au profit d’autres puissances industrielles, notamment l’Allemagne, et croît beaucoup moins rapidement que certains pays de l’OCDE. Quelle analyse tirer de cette stagnation française et que faire pour inverser la tendance ? C’est l’équation que nous allons tenter de résoudre dans les quelques lignes qui vont suivre.

Mais avant toute chose, qu’est-ce que la mondialisation ?

Elle désigne le développement de liens d’interdépendance entre hommes, activités humaines et systèmes politiques à l’échelle du globe, c’est-à-dire l’évolution logique du monde à l’heure des changements induits par l’avènement du numérique et des déplacements humains facilités.

Attention ! Il ne faut pas la confondre avec le mondialisme, qui est une doctrine visant à instituer un nouvel ordre mondial dirigé par un Etat mondial souhaitant, de ce fait, la dissolution des Nations.

Nous sommes, comme vous le savez certainement, la cinquième puissance économique mondiale. Nos politiques ont d’ailleurs souvent tendance à l’oublier, notamment quand ils considèrent la France comme un fétu de paille avec pour seule obligation de s’inféoder à une structure supranationale, quand les nouvelles grandes puissances se basent sur le patriotisme économique pour prospérer. Ces puissances émergentes comme la Chine, le Brésil ou encore l’Argentine se protègent et affichent des taux de croissance à la limite de l’indécence, pendant que nos politiques se félicitent pour avoir atteint 0.2%.

Faisons donc le point sur les atouts et les faiblesses de la France, ainsi que les solutions que l’on pourrait éventuellement apporter pour favoriser une ré-émergence salvatrice de notre Nation.

Secteur primaire :

Le secteur agricole est relativement dynamique dans notre pays, nous plaçant au rang de premier pays producteur agricole de l’Union Européenne, malgré le souhait de cette dernière de briser cette prédisposition naturelle de la France, notamment par le biais des évolutions de la Politique Agricole Commune (PAC).

La France dispose d’une « surface agricole utile » d’une importance considérable qui nous permettrait, si l’on ne bridait pas nos agriculteurs en les asphyxiant, notamment avec la réduction du niveau d’exonération de charges sociales dont bénéficiaient les travailleurs saisonniers, de pouvoir continuer d’exploiter cette terre française qui est d’une richesse exceptionnelle.

À titre d’exemple, l’agriculture représentait en France 40% de part de la population active en 1913 contre 5% en 1995.

Retrouvons notre agriculture et ne laissons pas l’Union Européenne prendre des décisions allant en sens inverse des souhaits de nos agriculteurs. Ecoutons-les, ce sont eux qui peuvent détenir les clefs d’un retour de la France sur le plan mondial.

Secteur secondaire et tertiaire :

C’est probablement là que le bât blesse. Nous nous permettons ici de mettre en corrélation les deux secteurs dans le sens où l’un permet de fournir du travail de recherche et de développement à l’autre.

Le secondaire est considéré, en économie, comme le secteur stratégique clé dans les pays développés. La faible part du PIB de ce dernier peut donc poser des problèmes de compétitivités.

En effet, l’on constate en France, depuis plusieurs années, une politique mettant au ban de la société les PME / PMI en faveur des grands groupes. C’est un suicide économique que de continuer sur cette voie tant la contribution à la croissance et à la prospérité revient à avoir un tissu dense de PME / PMI.

Les problèmes principaux viennent souvent des contraintes administratives et des difficultés pour accéder au financement et à la main d’œuvre qualifiée. Le marché commun est donc un handicap pour ces entreprises qui génèrent plus de la moitié de la valeur ajoutée créée, au total, par les entreprises actives (grands groupes compris).

En termes de capital humain, la France se distingue par la qualité de sa main d’œuvre, de son savoir-faire mais aussi par la qualité de ses ingénieurs et techniciens.

Aussi, et en dépit du très fort nombre d’actifs occupés dans le secteur tertiaire (78% des emplois), la France sous-investit en enseignement supérieur, et ses universités souffrent d’un manque d’autonomie et de concurrence, à la fois dans le choix de leurs professeurs et dans la sélection des étudiants.

La dette publique excessive et les politiques macroéconomiques posent également un réel problème quant à l’aide des entreprises en périodes de récessions et les empêchent ainsi d’investir dans la Recherche & Développement.

Quelles solutions ?

La France, durant les Trente Glorieuses, a appliqué son modèle colbertiste de politique industrielle, où l’Etat intervenait d’une manière importante et permettait de servir de levier au progrès technique, ce qui nous a permis d’acquérir des positions dominantes dans les secteurs des transports, de l’armement et de l’énergie nucléaire, entre autres.

L’ultra-libéralisation des mouvements de capitaux et l’ouverture économique (marché unique européen) peut empêcher l’application de ce système, c’est pour cela qu’il est nécessaire de plaider pour une sortie de l’Euro, ce qui nous permettrait de retrouver la capacité de dévaluer pour corriger les écarts de compétitivités mais aussi de revenir à un taux d’inflation dit « structurel », supérieur au 2,5% de nos jours, propre aux structures productives, financières et sociales de la France.

L’Union Européenne empêchant ces réformes structurelles, il faut donc très rapidement se poser la question de l’utilité pour la France de rester dans ce carcan qui est en train d’étouffer le peuple dans son ensemble.

Profitons-en également pour rendre hommage à l’économique Jacques Sapir, qui devrait être plus souvent écouté par nos politiques, et non pas suivre les économistes travaillant pour les grandes banques internationales qui n’ont aucun intérêt à changer de système.

Pour l’intérêt de la France, il faudrait impérativement ouvrir un débat public, donnant ainsi la parole à ceux qui soutiennent ce projet mais aussi aux personnalités qui s’inscrivent en faux contre celui-ci. Il en va de la continuité de la démocratie et, accessoirement, de la survie de la France tel qu’on l’a connait.

Mathieu

A propos de Mathieu

Mathieu
Passionné d'Histoire, de politique (inter)nationale et de géopolitique ; je m'attache à faire partager ma passion et ma volonté de débattre sur tous les sujets ... surtout les plus brulants !
Revenir en haut de la page