samedi, 22 juillet, 2017
« Nos élites ont renoncé à défendre le bien commun », Alban Gérard des Gavroches
(photo : @frsalefran)

« Nos élites ont renoncé à défendre le bien commun », Alban Gérard des Gavroches

Le Bréviaire des patriotes a interrogé Alban Gérard des « Gavroches », un mouvement né à l’issue des manifestations contre la dénaturation du mariage.

► LBDP : Peux-tu présenter l’historique de ce mouvement novateur qu’incarnent les Gavroches ? Combien êtes-vous et ce mouvement est-il circonscrit qu’à Paris ?

A. G. : Les Gavroches sont nés en mai 2013, suite aux grandes manifs pour tous. Deux choses nous ont touché : l’euphorie de marcher ensemble pour défendre fièrement une vision plus juste de la société d’une part, et la grande absence de nombreuse personnes qui partagent ces idées mais ne se sentent pas concernées par la politique – ou sont trop isolées pour manifester leur opinion – de l’autre. Pour aller à la rencontre de ces personnes et qu’elles puissent se réapproprier le débat, nous avons commencé dès 2013 à aller sur les marchés et autres places publiques à Paris et en banlieue, pour informer et échanger sur des projets de lois actuels qui touchent essentiellement à la dignité de la personne. Les Gavroches sont patriotes, ils veulent faire aimer leur pays, son histoire et son héritage de différentes manières.

Décembre 2013, fête des lumières à Lyon, puis fête de la musique à Paris en 2014, un pôle musical se met en place pour joindre l’utile à l’agréable. En Avril 2015, un nouveau type d’action voit le jour : des expositions de rue où les passants sont invités à faire une pause pour rentrer dans une œuvre et redécouvrir les richesses de notre patrimoine lors d’un échange humain. Des « happening » pour dénoncer des lois eugénistes ou liberticides, bientôt du théâtre pour souffler un peu et aborder les choses avec plus de poésie ou d’humour. Les Gavroches veulent puiser dans la culture la force et la beauté nécessaires à la reconstruction de notre pays, en la rendant accessible et en la faisant aimer. La trentaine de Gavroches répartis entre Paris et Lyon sont, certes, peu nombreux pour une telle ambition, mais c’est un début !

Les Gavroches sont patriotes, ils veulent faire aimer leur pays, son histoire et son héritage de différentes manières.

► Après la Manif pour tous, quels sont les enjeux actuels des Gavroches ?

Porter aux personnes une autre voix que celle des médias sur des sujets aussi importants que la fin de vie et l’écologie humaine en général. Permettre un esprit critique, appréhender ensemble les problèmes éthiques que soulèvent les avancées techniques plutôt que de les subir. Ne pas se laisser surprendre par les changements de notre société. Les comprendre, et être assez solides pour accepter ce qui est acceptable et chercher des solutions pour ce qui ne l’est pas. Mais aussi tirer la sonnette d’alarme en ce qui concerne le grand mal de nos pays occidentaux : la solitude engendrée par l’individualisme. Pour casser cela, nous voudrions lutter dans le domaine des idées, rendre leur fierté aux Français pour permettre un sentiment d’appartenance qui ne soit pas en permanence rabaissé ou dénigré, et concrètement offrir des occasions d’échanges et de liens autour de choses bonnes et réjouissantes.

Les Gavroches interviennent beaucoup sur le terrain des débats dits « sociétaux », quel est leur positionnement sur le terrain économique et social ?

Nous reconnaissons bien volontiers notre absence d’expertise dans ce domaine ! Néanmoins, nous devons dénoncer certaines politiques lorsque leurs conséquences sont néfastes. La personne humaine est à remettre au centre, à protéger, à respecter. Tout ce qui tend à la rendre plus digne, libre et à la construire doit être mis en avant (que cela touche le droit inaliénable à la vie, une instruction solide, la protection de la famille, des plus faibles en général ou encore la place de l’homme dans l’entreprise). Tout ce qui le fragilise et le fait tendre à ressembler à une machine rentable et isolée doit être dénoncé.

► Quelles principales critiques faites-vous à l’encontre de la Veme République telle qu’elle fonctionne sous François Hollande ? Quelles idées portez-vous pour que cette République ressemble davantage à l’idéal auquel aspirait, par exemple, Robespierre ?

Le problème principal est le renoncement de nos élites -de droite comme de gauche- à défendre le bien commun. Le relativisme ambiant ne permet plus de définir des principes moraux et humains solides sur lesquels s’appuyer. La course aux élections et la recherche de l’intérêt immédiat mènent à la démagogie, la manipulation sans vue à long terme. Pour avoir le courage de ses idées, il faut avoir du courage, certes, mais des idées aussi. Nous manquons cruellement de l’un comme de l’autre en politique. La République actuelle est inféodée à l’économie mondiale d’une part et à des méga institutions qui ne défendent pas nos intérêts, de l’autre. Les dirigeants, de moins en moins palpables ne partagent pas la même réalité que les peuples qu’ils sont sensés gouverner. Quant à l’idéal de Robespierre, nous ne tenons pas à couper des têtes, même si c’est parfois tentant…

► Un dernier mot d’espoir pour notre maison commune qu’est la France pour les années à venir ?

Le Général MacArthur disait : « On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. » Et bien, je vois tellement de talents et jeunes engagés qui ne se laisseront plus intimider par les donneurs de leçons du temple médiatique que l’on ne peut désespérer. Cette génération insoumise va faire émerger des personnalités fortes qui parviendront peut-être à redonner son souffle à la France. C’est ce que nous essayons de faire avec les Gavroches.

Visiter le site des Gavroches

Propos recueillis par Guillaume N.

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A propos de Guillaume N.

Guillaume N.
Passionné par le débat d'idées, je m'intéresse à tout ce qui touche à l'Homme en général, et à l'histoire, la politique, Paris et notre douce France, en particulier. Jeune diplômé en économie, j'aspire à faire partager les vertus du bonapartisme: synthèse de la gauche et de la droite, des traditions et de la modernité, vecteur de pragmatisme et du rejet du dogmatisme.

Un commentaire

  1. moonwolf

    il est évident que ça fait 40 ans que l’étiolement idéologique de nos représentants est effective…
    ils ne font qu’assurer leur carrière, pas leur devoir…

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