samedi, 21 octobre, 2017

22 février 1680 : La Voisin est brûlée vive en pleine Affaire des Poisons

La Voisin

Catherine Deshayes dite La Voisin

Le 22 février 1680, Catherine Deshayes, dite La Voisin, est brûlée vive en place de Grève pour sa participation à l’Affaire des Poisons et à des messes noires.

L’Affaire des Poisons est une série de scandales qui ont embrasé Versailles de 1672 et 1682, sous le règne de Louis XIV, et ont déclenché une véritable chasse aux sorcières et aux empoisonneuses dans tout le royaume. Elle concerne directement de hautes personnalités de la Cour dans des affaires d’empoisonnement et a débuté en 1672 lors de l’inventaire d’après-décès de Godin de Sainte-Croix suite à la découverte des lettres de sa maîtresse, la marquise de Brinvilliers, qui ont révélé que cette dernière avait empoisonné son père dans le but de toucher son héritage.

Cette affaire revint sur le devant de la scène une seconde fois en 1679 lors d’une enquête sur les messes noires, des rituels sataniques dans lesquels les participants vendent leur âme au Diable pour diverses jouissances de la vie terrestre comme l’argent, la longévité ou le sexe. Des enfants en bas-âge y étaient égorgés, leur sacrifice et leur sang étant jugés nécessaires au rite. Durant l’enquête, une certaine Marie Bosse avoua avoir fourni des fioles de poison à certaines épouses de membres du Parlement, voulant empoisonner leur mari.

Celle-ci dénonça également La Voisin comme faisant partie intégrante de l’affaire et, surtout, ayant agi en faveur de Madame de Montespan, maîtresse délaissée du Roi Soleil voulant retrouver ses faveurs. La Voisin aurait fourni, contre une grosse rémunération, du poison à La Montespan et l’aurait fait participer à des cérémonies de conjuration au sein desquelles plusieurs enfants ont été sacrifiés. Louis XIV, directement concerné par ce scandale, fit en sorte qu’il ne s’ébruite point.

La Voisin fut brûlée vive le 22 février 1680, condamnée par la « chambre ardente » – un tribunal spécial consacré à l’Affaire des Poisons. « À cinq heures on la lia ; et, avec une torche à la main, elle parut dans le tombereau, habillée de blanc : c’est une sorte d’habit pour être brûlée. Elle était fort rouge, et on voyait qu’elle repoussait le confesseur et le crucifix avec violence. À Notre-Dame, elle ne voulut jamais prononcer l’amende honorable, et devant l’Hôtel-de-Ville elle se défendit autant qu’elle put pour sortir du tombereau : on l’en tira de force, on la mit sur le bûcher, assise et liée avec du fer. On la couvrit de paille. Elle jura beaucoup. Elle repoussa la paille cinq ou six fois ; mais enfin le feu augmenta, et on l’a perdue de vue, et ses cendres sont en l’air actuellement. Voilà la mort de Madame Voisin, célèbre par ses crimes et son impiété » écrivit madame de Sévigné à sa fille le 23 février 1680.

 

A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.
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