17 octobre 1961 : Hollande ou le choix de la repentance

Le président normal a sans doute trouvé normal de revenir sur un évènement historique anormal, la répression française du 17 Octobre 1961 à Paris contre des membres du FLN, dans un communiqué ne dépassant pas une dizaine de lignes. Jusque là, je n’imaginais pas qu’une visite officielle se préparait par la révision si succincte d’un fait historique qui mériterait fine analyse. Et encore moins par une concession prétendue sur le passé commun entre deux puissances.

La première image qui vient à l’esprit de tous après cet acte de foi est le refus de François Mitterrand de présenter des excuses pour Vichy face à Jean-Pierre Elkabbach en 1994. Proximité politique relative sans doute.

« La France n’a pas d’excuses à donner, ni la République, à aucun moment je ne l’accepterais. C’est l’entretien de la haine. A aucun moment la haine ne doit gouverner la France », « Ces gens ne sentent pas profondément ce que c’est que d’être Français et l’honneur d’être français » avait-il lâché se faisant ainsi le porte-parole de ses prédécesseurs au sujet de la dignité de la France.

Puis Chirac rompt avec fracas peu d’années plus tard en reconnaissant devant une foule indénombrable le tort de la République française au sujet de la rafle du Vel d’hiv’,cédant ainsi aux pressions d’autrui. Comme quoi rien n’est inébranlable.

Depuis ce jour où une page s’est tournée : la tradition semble s’inscrire de manière sempiternelle. Nous développons le rejet au fil du temps du patrimoine historique de la France, en particulier la colonisation, ou le péché suprême de l’homme blanc. Oui, il n’y a jamais rien eu de bénéfique dans la colonisation, aime-t-on croire. Tout un héritage s’effondre. Peut-être un jour devrons nous nous soumettre au sujet du du massacre d’Aigues-Mortes, des répressions de la Révolution Française, nous assujettir sur le thème du renvoi de l’invasion arabe de Poitiers en 732, reconnaître enfin notre tort sur notre rivalité avec les Wisigoths…. Bref, le chemin de la repentance est sans limite. Réjouissons-nous des défaites, et pleurons nos victoires… Certes la mémoire c’est important, mais monsieur Hollande devrait savoir que l’intégrité d’un pays aussi.

Quoi qu’il advienne, ce n’est pas dans les mains d’un homme encore néophyte en terme de souverain que le jugement de la culpabilité ou non de la France est sensé être.

D’autant plus que ce qui est de loin le plus révoltant c’est que le président de la République a, ici, innové de manière inouïe. Le plus dégueulasse est qu’il se soit permis de tenir compte d’une écriture hautement contestable d’un affrontement survenu lors de la guerre d’Algérie.

Tout d’abord le chiffre avancé est arbitrairement choisi. Nombre de rapports témoignent qu’il n’y a pas eu 300 victimes mais bien moins d’une dizaine. Une légère marge d’erreur… Comme l’a souligné Marine Le Pen récemment : c’est un “évènement éminemment contesté dans la réalité de ce qui est exprimé”. Des rapports sont là pour appuyer en faveur de la présidente du FN. Il est clair que l’on ne peut connaître avec exactitude ce qu’il s’est produit ce jour là. Mais laissons trancher les historiens plutôt que la subjectivité engagée d’un homme.

Rappelons que la manifestation était interdite, que la répression policière était par conséquent incidente directement aux ordres du Général . On n’appelait pas ce théâtre : la guerre, mais le mot convient on ne peux mieux mieux. Le FLN explosait les civils français et criblait les officiers européens de violence.

Hollande est régi en réalité par une détestation du passé de la France, et par la débâcle face à l’enjeu communautaire. Le patriotisme apparaît à cette gauche comme une robe noire à un mariage. Il suit l’époque qui préfère céder aux nouvelles populations et nationaliser le sentiment de dégoût de la France. Une idéologie à part entière.

« Right or Wrong, my country », Carl Shurz. A tort ou à raison mon pays est mon pays.

 

Anthony La Rocca

A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.
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