samedi, 27 mai, 2017
Renaissance française
Crédits : Wikimedia CC

Renaissance française

« C’est bien assez d’avoir fait autrefois la volonté des païens, en vivant dans le désordre, les convoitises, l’ivrognerie, les orgies, les excès de boisson et le culte criminel des idoles. » —Première épître de Pierre, IV, 3.

« A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines. » —Léon XIII, Encyclique Rerum Novarum, 1891.

Le présent écrit est une réaction à la compassion dégoulinante, l’émotionnel « face-caméra » de ces derniers jours. Encore une fois, nous émettrons une critique de l’incritiquable, même si nous remarquons que la frontière entre ces deux conceptions tend —et nous le saluons— à être perçue de manière moins manichéenne.

Nous voulons aujourd’hui revenir sur l’après-attentat, comme l’ont fait nos camarades et amis Jonathan Sturel1 et Eric Guéguen2 dans leurs vidéos respectives. Que le lecteur considère cet écrit non pas comme une réponse, mais comme une continuation de ce qui a été dit précédemment dans lesdites vidéos.

Jonathan Sturel a parlé, tout au long de sa vidéo, des implications politiques, de la responsabilité du pouvoir civil dans ces attentats : diplomatie désastreuse, alliances douteuses et délétères à l’extérieur, laxisme, victimisation et destruction de l’éducation à l’intérieur. Nous aimerions quant à nous nous pencher sur la réaction de la communauté civile d’après les attentats. Il est encore trop tôt, nous le concédons, pour émettre un avis parfaitement au point sur la question. Mais nous tâcherons cependant d’émettre des hypothèses, tout en montrant que l’un des facteurs de la crise qui se joue en ce moment, imperceptible à certains, a de profondes racines et est depuis longtemps mise en évidence par les milieux éclairés de notre société, notamment au sein de la société ecclésiastique et chez un certain nombre de penseurs laïcs également.

En l’occurrence, M. Philippe de Villiers parlait récemment, dans un entretien accordé au FigaroVox en réaction à la triste soirée du vendredi 13 novembre, que « la barbarie va nous faire redécouvrir notre civilisation»3. Nous l’espérons de tout notre cœur, mais les réactions de la population, parisienne surtout, nous font douter quelque peu de cette note d’espoir de M. de Villiers.

Constatons les faits : depuis les tragiques évènements d’il y a dix jours, les médias nous inondent de reportages sur les hommages divers et variés rendus aux victimes des attentats. A partir de là, la première réaction, normale, salutaire, est de s’unir à ces hommages. Notre société est trop en déliquescence pour dénigrer quelque rassemblement, quelque relent de société vraie, lorsque celui-ci a lieu. Mais nous croyons que, l’émotion passée, une réaction s’impose. Notre ami Eric Guéguen, dans sa vidéo, a déjà dénoncé l’esprit de lâcheté des médias et des politiques, les faux combats — la lutte contre le FN plutôt que celle contre l’islamisme par exemple—, de la bêtise de l’électorat. Reconstruire la France est une évidence —pas pour tout le monde malheureusement— et nous nous rallions à l’affirmation d’Eric Guéguen selon laquelle la crise actuelle n’est pas du fait de la montée de l’islamisme, mais qu’il en est l’une des conséquences.

Notre société va mal. Combien de fois ne l’a-t-on pas répété ! Combien de fois n’avons-nous pas sonné l’alerte, lancé un cri de désespoir au milieu de la nuée, comme un naufragé au milieu de l’océan ! Pourtant, il semblerait qu’il faille réitérer les mêmes accusations, exhorter aux mêmes précautions, aux mêmes impératifs, encore et encore. Cela avait été fait après « Charlie », cela le sera également maintenant.

Notre société va mal, oui. Mais encore trop peu des nôtres s’en rendent compte, et campent sur leurs positions délétères. La réaction d’après-attentat en est, nous le pensons, une preuve flagrante : la réponse de la société parisienne aux attentats a été de s’enfoncer plus avant dans la débauche. On louait l’hédonisme de la vie parisienne, on saluait la luxure et la légèreté outrancière qui y règne. Pire, on en a fait une réponse au Mal. Paris, la ville autrefois ouvrière et catholique sociale, devenue la nouvelle Sodome bourgeoise sociale-libérale, se vautrant dans le désordre moral et s’en enorgueillissant, préférant « twitter » des messages larmoyants et coller de petits cœurs sur les mosquées, comme une enfant naïve, plutôt que de s’interroger sur le « pourquoi » fondamental des évènements et se remettre en question.

Naïveté des parisiens de penser que l’ostentation de leur légèreté est une forme de combat, naïveté de penser que continuer à vivre dans l’excès et l’immoralité est une réponse forte aux islamistes. Non, cela n’est pas vrai, mesdames, mesdemoiselles et messieurs les Parisiens ! Les islamistes ont frappé notre sol parce que la France s’est réfugiée dans la culture de l’inaction, de l’apitoiement et de la faiblesse. Ils ont frappé notre sol parce que c’est un objectif militaire, parce que semer le trouble et la panique dans la population est une forme de guerre. Les islamistes de l’Etat islamique se fichent éperdument que vous fassiez du bruit dans les rues, que vous manifestiez ou que vous envoyez de vains messages à leur adresse par le truchement des médias et des réseaux sociaux.

Nous pensons très sincèrement qu’il est vraiment temps que les Français, les Parisiens en particulier, sortent de la torpeur dans laquelle cinquante ans de déchéance morale et civile, ainsi que plus d’un siècle de déchéance religieuse, les ont plongés. Il serait grand temps que les Parisiens —nous les prenons en exemple car ils sont le centre de notre propos, mais la remarque s’applique ailleurs également—sortent de leur microcosme, conçoivent réellement les enjeux, les causes et les conséquences ! Non, votre mode de vie n’est pas un exemple. Non, relativiser les valeurs ancestrales de la France réelle n’est pas une liberté, pas plus que bafouer les codes de la vertu !

Alors, nous entendons déjà les corbeaux se presser sur la branche afin de coasser leurs vaines protestations et calomnies. Notre discours serait en effet intolérable, scandaleux, « intégriste ». Qu’ils sachent ceci : nous n’en avons cure. Notre objectif est de réveiller la conscience collective de la France et des Français, pas de perdre notre temps en futiles réponses sophistiques aux esclaves du péché.

Et comme toute bonne rédemption commence par une bonne confession, que le peuple confesse :

  • Confesse son aveuglement —parfois volontaire, ce qui est dramatique—face aux problèmes récurrents qui ronge le pays depuis plusieurs décades.

  • Confesse l’immoralité de son existence, dénonce les excès dont il fait preuve, en public comme en privé.

  • Confesse l’abaissement de son éducation, de sa vie intellectuelle, par la sous-culture dictatoriale du numérique et du loisir.

  • Confesse son relativisme délétère face aux réalités de l’existence et aux valeurs transcendantales de notre civilisation.

  • Confesse enfin son irréligion, l’abandon de la tradition et de la foi de ses ancêtres, la foi catholique, au profit de la religion laïciste et du culte de l’argent, de l’Avoir et du Paraître, de la religion de la jouissance et de l’insouciance coupables.

Car il est facile de dire que la faute incombe aux hommes politiques. C’est vrai que ça l’est. Mais qui les a mis en place ? Qui est allé mettre en pratique son droit de vote et mettre en branle le processus démocratique des élections libres ? Car il est facile de mettre tous les péchés du monde sur le dos du « système ». Mais qui le finance ? Qui en profite ? Qui se plaint des délocalisations, du chômage, mais fait de la gestion de son compte bancaire l’Alpha et l’Oméga de son quotidien, et donc se rue sur les produits importés ? Car il est facile de mettre sur le dos des Mahométans les maux actuels, mais qui a laissé passivement la France se déchristianiser ? Qui a laissé se créer le vide spirituel dans notre société ? Qui a laissé des laïcards hystériques dénaturer la pensée française et son relai principal, l’école ?

Toute conséquence a une cause première, un principe. Nier ce principe, c’est se déresponsabiliser entièrement, alors que nous, nous tous, sommes coupables de ce qui nous arrive, nous sommes responsables de notre sort.

Mais ce n’est pas la fin. Il a fallu la déportation à Babylone pour que les Juifs retournent à Dieu, il aura fallu le 13 novembre 2015 pour que les Français fassent de même. Nous prions pour que la France renaisse autour des valeurs qui furent les siennes autrefois, qu’elle abandonne les vaines promesses de ce monde.

On n’ose parler des valeurs « Travail, Famille, Patrie », car ce fut la devise du régime de Vichy. Mais quelles belles valeurs ! N’y trouve-t-on pas tout ce dont nous avons besoin ? Le Travail d’abord, car une vie de labeur au service de la communauté toute entière est un bien parfait et parce que, comme l’écrivait Voltaire dans Candide : « le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. »

Famille ensuite, car c’est là le parfait modèle, la base de toute société, calqué sur la perfection de la Sainte Famille, symbole de foi, de charité et d’espérance, au sein de laquelle se développe les vertus cardinales et se transmet la tradition des Pères depuis la nuit des temps.

Patrie enfin, car comme l’Eglise, elle est notre mère, nous nourrie, nous protège, nous élève. Aussi devons-nous, comme de bons enfants, la respecter, l’honorer et la protéger des périls. Sinon, nous ne méritons pas de nous dire Français ! Faisons de cette devise notre Credo patriote, sauvons-nous, par la grâce de Jésus-Christ et l’intercession de la Sainte Vierge, reine de France. Sauvons la France, reconstruisons notre société sur des bases saines, de vraies valeurs. Ne cédons point à la tentation de la division partisane et purement politique, car ce dont nous avons besoin, c’est d’un renouveau spirituel, d’abord et avant toute chose. La foi est le ciment de la vie sur lequel s’appuie la maison France. Si ce ciment s’effrite, les murs s’effondrent. Tâchons de ne pas nous réveiller un beau matin au milieu des ruines.

 Sans crainte risquons notre peau,

Pour la Croix et pour le Drapeau !

Sous ces deux si nous nous serrons,

Par ces deux signes nous vaincrons !

Adhérer

1 http://www.lebreviairedespatriotes.fr/22/11/2015/videos/reflexions-post-13-novembre/

2 http://www.lebreviairedespatriotes.fr/20/11/2015/videos/je-suis-francais-mais-pas-uniquement-depuis-les-attentats/

3 http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/11/20/31001-20151120ARTFIG00214-philippe-de-villiers-la-barbarie-va-nous-faire-redecouvrir-notre-civilisation.php

A propos de Louis Landais

Louis Landais
Etudiant, passionné d'histoire et des Humanités en général.
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