mercredi, 26 juillet, 2017
De la nature du concept de Nation
Crédits ; Wikimedia CC

De la nature du concept de Nation

À la lumière d’une évolution géopolitique qui semble la remettre en cause, il serait plus que correct de revenir sur la nature même du concept de Nation… en voie de disparition.

Actuellement, pour de nombreux individus, les manifestations de la Nation ne concernent plus que des rencontres sportives, quelques inventions et records divers, ou encore certaines recettes culinaires. L’école même ne semble plus vouloir véhiculer quelque idée nationale que ce soit : on apprend davantage les étapes de la construction européenne que celles concernant l’évolution du territoire français. À l’heure où les régions jouent un rôle de plus en plus important dans les cadres institutionnels et économiques européens, il semble désuet et anachronique de revenir sur l’identité française, que l’on tend de moins en moins à présenter, à préserver ou encore, cela va de soit, à défendre. Les grands « actes nationaux » apparaissent oubliés et livrés à divers jeux de société culturels, signe d’un abandon de son essence, à savoir sa défense.

Car, qu’est-elle véritablement ? Certains auteurs font remonter les racines de la Nation française – signe d’une conscience et d’une volonté commune du peuple français à vivre sur le même sol, à l’intérieur de frontières convenues et choisies, sous les mêmes lois et institutions – et ses premières manifestations à Vercingétorix, lors de sa résistance à César entre 54 et 52 av. J.-C., d’autres au baptême de Clovis vers 496, certains à Hugues Capet en 987, voire Philippe II à Bouvines en 1214 ou encore à Jeanne d’Arc en 1430. On vous affirmera même qu’il ne s’agit que d’une invention de la période révolutionnaire et impériale pour fédérer le peuple français derrière ses chefs et ainsi réussir à le faire combattre l’Europe coalisée des monarques absolus !

Bref, en traversant notre histoire nationale, nous pouvons avoir l’étrange impression que les Français ont toujours attendu et suivi un homme providentiel sous certaines conditions et dans certaines circonstances. Entre ces périodes, il apparaît que la conscience nationale est inexistante et impossible à appréhender. Ainsi, le concept de Nation ne serait qu’une vaste invention des hommes politiques du XIXème siècle ? Ou bien faut-il que la patrie soit en danger pour que ce sublime élixir puisse déborder des âmes populaires ?

Répondre rapidement à ces questions est bien complexe, mais, quoi qu’il en soit, il convient, plus que jamais, de défendre notre identité et de préparer son avenir autrement que dans la dilution, qui nous est promise par l’évolution des cadres politiques et institutionnels de l’Union Européenne. Devant le cadre fédéral sans saveur, nous privant ainsi de notre identité – qui depuis 1992 est doublée par une « nationalité européenne » –, que nous promettent UMP et PS pour ne citer qu’eux, nous sommes obligés d’intervenir devant l’aveuglement de nos hommes politiques. Car, c’est justement en ce moment que notre patrie est en danger, que notre identité nationale, déjà bafouée, est sur le point d’agoniser. Le 11 juillet 1792, les députés de la Législative avaient la même crainte et ils n’ont pas hésité !

Car réfléchissons un instant, que serait l’Europe sans les États-nations, que cela soit au niveau culturel, politique ou humain ? Pour que Wagner, Verdi ou Berlioz soient de grands compositeurs européens, il fallut d’abord qu’ils possèdent une identité nationale propre. Que dire alors des écrivains et des philosophes : Goethe, Chateaubriand ou encore Pétrarque n’ont été représentatifs de la culture européenne de leur époque que parce qu’ils étaient respectivement allemand, français et italien. Qu’ils véhiculaient leurs œuvres dans leur langue, y imprégnant leur culture, leurs traditions et leurs opinions, qui découlaient de leur vécu et de leur éducation personnelle, nationale.

Si au point de vue économique le concept de nation ou de patrie est sorti depuis longtemps de son orbite, il ne peut en être de même au niveau politique.

Intervenons sur le terrain au nom de notre nation agonisante ! Car que dirons-nous à la postérité ? Que nous avons failli, abandonné nos héritages communs, notre patrimoine à la meute enragée des technocrates agissant au nom de l’impérieuse mondialisation des espaces économiques et politiques. Si tel est le cas, il serait honteux d’avoir une quelconque postérité, car quelle serait-elle et où irait-elle ? Sans peut-être en avoir conscience tout de suite, il se peut qu’elle se réveille un jour et qu’elle se demande qui l’a placé ainsi et le maudisse gravement…

David Saforcada

A propos de David Saforcada

Napoléonien depuis ses 6 ans, militant bonapartiste depuis l’âge de 15 ans, aujourd'hui Président de France Bonapartiste. Candidat bonapartiste à plusieurs élections locales et nationales. Auteur de nombreux articles politiques et historiques, a publié en 2008 "Louis Napoléon, Premier Président - Dernier Empereur", en 2010 "La République Consulaire, la République Bonapartiste" et en 2013 « Louis Napoléon Bonaparte, l’autorité pour la liberté ».

Un commentaire

  1. Il est probable que le concept de Nation est subrogé à une langue commune parlée à l’intérieur d’un territoire bien défini par des limites (frontières)….Or si la langue Française que nous parlons aujourd’hui semblerait trouver son origine dans le Picard médiéval en pratique au13 ieme siècle les lettrés utilisaient plûtot le latin pour échanger alors que le petit peuple de ce qui n’était que l’embrion d’une nation en gestation utilisait soit une autre langue régionale, basque, Breton, langue d’oil et langue d’oc et plus souvent encore un patois local de ses langues mal intérptétées
    Au tout début de 19 ieme siécle, en France, un Vendéen était un étranger en Bretagne tout comme le Breton en Normandie….Il aura fallut que la langue française soit imposée pour que le concept de nation naisse dans ce pays ou les QUERELLES DE CLOCHER continuent d’exister avec parfois quelques férocité politicardes ! Mon étonnement lorsqu’il y a quelques jours, dans le gard, des gens du cru ne se génaient pas pour dire que les étranger qui venaient résider dans leur village (7.000 h) les emmerdaient….Etonné car habitant le même village je posais a question de savoir qui ils considéraient comme étranger ? Ma surprise fut grande quand il me répondirent que pour eux les étrangers c’étaient les parisiens, et autre Français venus d’autre département…(Parisiens têtes de chien, parigots têtes de veaux). Ettendant que cela se fasse ALORS que ce nom estassocié à Nationalisme et nationalisme à Nazisme….Les peupleset en particulier le peuple de France est comme un mouton qui se rend à l’abbattoir rituel….Quand à la langue Française nous entendons chaque jours un peu plus qu’elle est en voix d’extinction…Il suffit de fréquenter Marseille Paris ou le Neuf-trois pour s’en convaincre….et tout cela avec la complicité de nos pseudo-élites et les loges qui les dirigent !

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