Non, patriotisme et morale ne sont pas antagonistes !
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Non, patriotisme et morale ne sont pas antagonistes !

Patriotisme et morale sont deux termes que notre société oppose. Le premier désignerait le renferment sur soi, l’obscurantisme, l’intégrisme, la délation d’autrui…. Pour ainsi dire : le Mal. Donc, antithèse de la morale du Bien – dont un certain microcosme télévisuel type Canal + et divers Tartuffe ont l’outrecuidance de prétendre à en être le prophète –, il ne pourrait prétendre à la morale.

« Peut-on être moral sans s’intéresser à la politique ? », m’a-t-on posé au baccalauréat de philosophie. J’ai eu le réflexe de m’interroger sur ce qu’il fallait entendre par « la politique » ? La politique politicienne de « partisannerie » ? Ou alors la Politique ? Le premier ne mérite pas de réponse, mais le second si.

Ensuite, où placer la morale ? Au simple niveau des politiciens ? Ou à la Politique ? Je crois que peu attendent des dirigeants qu’ils soient modèles d’élégance – même si le mensonge du ministre du Budget a fait beaucoup de dégâts dans la conscience collective –, mais beaucoup attendent plutôt que l’on mène une politique morale.

Nous ne prétendons pas, nous patriotes, connaître le Bien ou le Beau universel. Par contre, nous nous attachons à connaître l’Histoire et la Culture de notre race, de notre civilisation et plus particulièrement de notre État-Nation. Ainsi pouvons-nous rassembler un peuple derrière des valeurs communes, des mœurs partagées par le plus grand nombre. Dans le monde de l’expérience, elles sont une réalité spirituelle plus complexe que l’individu. Nous souhaitons une transcendance morale de la société par les traditions, les valeurs – « La distance morale qui est entre elle et nous fait d’elle une autorité devant laquelle notre volonté s’incline » (Durkheim) – plutôt que l’argent roi.
Le rôle de l’État n’est pas de mettre en place une morale prétendument mondialiste. Mais plutôt de garantir l’intérêt général d’un peuple par sa force symbolique et concrète. Les comportements individualistes et communautaristes, purement intéressés, entravent ainsi la morale. Voilà pourquoi nous condamnons des concepts tels le « mariage » homosexuel, car nous disons non au pragmatisme, à une morale utilitariste, au nom des valeurs et de la symbolique. Une volonté morale se détermine par le devoir (thèse en accord avec Kant), lui-même dicté par la sociologie.

Cette morale a de toute évidence, dans le cas de la France, une consonance chrétienne mais aussi républicaine, au sens des Lumières. On parle sans cesse de « morale laïque » en omettant que la laïcité à la française est bien une laïcité chrétienne car elle en est issue. Jean-Louis Harouel , auteur de « Le vrai génie du christianisme », souligne bien que la laïcité est une invention spécifiquement chrétienne.

Fort de ces valeurs, nous avançons donc à pas de velours, avec humilité, dans les chaussures trop grandes de nos prédécesseurs.

Au niveau du prince, nous pensons qu’il ne doit pas être régent mais souverain, pour conserver tel un précieux bijou la constance de cette morale du devoir. Théoriquement, ses intérêts sont ceux de son peuple à part entière et ne sont pas entachés par des ambitions cachées. On se fiche qu’il vive à la manière d’un Robinson Crusoé ou qu’il dévoile un gros compte en banque, on n’en a cure de cette transparence barbare et risible. Nous attendons seulement qu’il agisse avec le souci de sa culture, de la survivance de son peuple ; qu’il opère tel le meilleur de nos défenseurs.

Évidemment, le patriotisme n’est pas garanti par lui-même de la morale. Certain patriotes ont été immoraux. Mais il est peut-être l’un des meilleurs moyens de la défendre. Son essence est noble et aspire originellement à la morale. Si vous pensez toujours aux régimes autoritaires qui ont mis à sac l’Europe, je laisserais Albert Schweitzer vous répondre : « Le nationalisme, c’est un patriotisme qui a perdu sa noblesse. »

Peut être idéaliste, j’ai la conviction que si on garantit une morale patriote au peuple, qu’il en a le réel sentiment, alors épris d’une haute ambition de justice, il sera incité à agir pour l’autre. Si le système économique et démographique nous semble cohérent et proportionné, chacun, et non une admirable poignée, agira contre la pauvreté, car éprouvera le besoin de transcender les réflexes les plus rigoristes pour donner subsistance au « clochard » d’en face. Même si le passant se voudra incorruptible, un pincement de cœur le fera faire demi-tour. Peut-être que le « suspended coffee » ou le boulanger Turc avec le surprenant « Si vous êtes dans le besoin, servez-vous… » relayés par Altana Otovic séduiraient un plus grand nombre de gens. Sans morale close, il n’y a peut-être pas de morale ouverte.

Soutenir financièrement des causes internationales ne nous ferait plus peur. La morale, pour les Français en majorité, doit venir d’abord du haut, miroir d’eux-même – État gaulliste. Morale bien ordonnée commence par soi-même.

Anthony La Rocca

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A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.
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