mardi, 24 octobre, 2017

Jean-Luc Mélenchon, rabatteur socialiste confirmé

Jean-Luc Mélenchon avait déjà tranché depuis longtemps. « Mon adversaire, c’est elle ! » avait-il déclaré en septembre dernier. Elle, c’est Marine Le Pen. Dernièrement, lors du “débat” organisé sur France 2, celui-ci a corroboré ses douteux projets de rabattage au profit des socialistes. Analyse d’une posture pseudo-révolutionnaire.

Depuis des mois, le Président du Parti de Gauche reste sur la même ligne : l’ennemi absolu, c’est le FN. Marine Le Pen ? Une “fasciste”, une “nazie”, une “semi-démente”. Devant ce sens des priorités pour le moins farfelu, on en vient à se demander qui est au pouvoir (politique) depuis des décennies. Est-ce le Front National ou la fausse alternance UMPS qui occupe le trône surplombant le tas de ruine qu’est devenue la France ? Et comment se fait-il qu’un prétendu adversaire du système ait les mêmes ennemis prioritaires que ce dernier ? Analysons.

Qu’est-ce que le système ?

Si l’on regarde la situation d’un œil conceptuel : l’antithèse (ici, le PS) s’oppose à la thèse (l’UMP). Au fur et à mesure que l’affrontement dure – et cela fait déjà bien longtemps -, les deux blocs parviennent petit à petit à des compromis, s’influencent l’un l’autre, se mêlent, et finissent au final par ne faire qu’un, ou presque. De cette fusion naît la synthèse. Cette synthèse, c’est l’UMPS d’aujourd’hui.

Car mis à part quelques sujets de société, force est de constater que les deux forces politiques dominantes sont en parfait accord, bien que tout cela soit habilement dissimulé, sur l’essentiel de leurs positions (à ne pas confondre avec leurs postures). La même politique économique libérale, européiste, soumise à la finance internationale. La même politique étrangère interventionniste, impérialiste et atlantiste. Je passe sur bien des points, sur lesquels souvent, seul le discours varie.

Tel est l’UMPS, telle est la synthèse, tel est le système. Mais ce dernier ne se résume pas qu’à ses seules forces majoritaires. Tout corps périphérique se soumettant, s’alliant, ou négociant avec l’une de ces deux forces fait, de facto, partie intégrante du système. Et aujourd’hui, nombre de formations politiques (Nouveau Centre, Modem, EELV…) font, par intérêt sans doute, corps avec lui. Jean-Luc Mélenchon, aussi, en fait partie.

Qui est vraiment Mélenchon ?

Car pour ceux qui ne le savaient pas encore, Jean-Luc Mélenchon n’est pas « le bruit et la fureur », la voix du peuple en colère. Il n’est rien d’autre que l’agitateur de l’aile gauche du PS, tout au mieux. Car si en avril 2012 – c’est un fait objectif – ses chances d’accéder au second tour sont minces : qu’importe, puisque cela fait partie du projet. Attirer, à coups de grands discours, la petite jeunesse perturbée, les universitaires idéalistes, les déçus du Parti Socialiste, les jeunes bobos, l’esprit plein de rêves révolutionnaires, qui soulageraient ainsi leur conscience de petits bourgeois des centres-villes.

Les attirer, pour leur offrir cette impression d’air nouveau. Un air, qui ne sera pourtant nouveau que le temps d’un premier tour. Ceci fait, sous couvert de négociations – bien que perdues d’avance -, le leader du Front de Gauche en appellera à ses ouailles : il faut faire barrage à la droite, se rassembler à gauche. En d’autres termes : voter PS. Bien faible projet, pour un révolutionnaire.

Révolutionnaire, qui plus est au passé douteux. Ancien ministre et député socialiste, il a tout dernièrement encore validé l’intervention militaire en Libye, ce qui a fait se demander à Pierre Carles, journaliste dissident, si sa posture révolutionnaire n’avait pas ses limites. Il y a peu encore, l’ancien éléphant du PS avait aussi nié connaître l’existence du dîner du Siècle… Peu crédible. Il ne faut également pas oublier ses projets d’alliance avec Cohn-Bendit (oui, l’ultra-mondialiste) en 2009, et son vote en faveur du « oui » à Maastricht en 1992, et surtout, surtout, son appartenance (désormais confirmée par l’intéressé, au Grand-Orient de France.

Comment peut-on, aujourd’hui, prétendre combattre le système quand, en tant que franc-maçon de longue date, on est au coeur de celui-ci ? Car la franc-maçonnerie, ce groupe occulte qui noyaute la République, pourrait incarner à elle-seule le système actuel, affairiste et laïcard. Difficile donc d’apporter une quelconque crédibilité à cette posture pseudo-révolutionnaire.

Malgré tout ce qui vient d’être exposé, on pourrait croire, à l’écoute des discours populistes et démagogiques de Jean-Luc Mélenchon, grand orateur qu’il est, que le Front de Gauche est hors du système. Il n’en est rien. L’extrême gauche, sous influence trotskyste, fait depuis des années, avec ses rêves internationalistes d’abolition des frontières et de régularisation massive des sans-papiers, le jeu du patronat. Comme si cela n’était pas encore assez, cette même extrême gauche complice se voit dirigée par des gens qui, à l’image de Mélenchon, s’empresseront au second tour de diriger leurs électeurs, en criant au rassemblement de la gauche, vers le Parti Socialiste, partie intégrante du système.

L’épouvantail FN

Autre connivence avec ce système, et non des moindres : ils agitent un même épouvantail nommé Front National – la bête immonde. Lors de leur université d’été, les militants du Parti de Gauche ont même planché en atelier spécial sur les moyens de contrer l’ascension de Marine Le Pen. Dans leur esprit, le vilain système capitaliste est déjà loin. Il s’agit désormais de s’allier à lui pour faire face à la menace fasciste. Comprenez que la candidate frontiste a toutes ses chances d’accéder au second tour de la présidentielle, et que sa présence est l’alibi idéal pour qu’une alliance avec le PS ne soit pas trop mal perçue.

Jean-Luc Mélenchon l’avait dit à Marine Le Pen lors du débat qui les a opposés sur BFM TV : « Contre vous, on fera tous bloc à gauche ». Ce à quoi la présidente du FN avait rétorqué qu’« il y a toujours des bonnes excuses pour aller au soutien de la gauche ». Une gauche, « qui se regroupe depuis 200 ans » rappellera plus tard Mélenchon (discours du 29 août 2011), en « priant » (lui, l’anticlérical acharné) ses « camarades socialistes » de débattre – et de s’entendre – avec lui. Dernièrement, lors du “débat” organisé par France 2 au sein de l’émission “Des paroles et des actes”, Jean-Luc Mélenchon a récidivé : contre elle, il n’hésitera pas une seconde à s’allier à l’UMPS.

On en appelle à l’alliance suprême de la gauche, parfois même au Front Républicain, bien plus large, pour défier l’infâme extrême-droite. La stratégie fonctionne, et les naïfs électeurs du Front de Gauche se prennent déjà pour des résistants alors qu’ils ne sont, en réalité, et bien malgré eux, que de simples idiots-utiles qu’on garde de côté, au cas où. Ils ne savent pas que la véritable fracture se trouve ailleurs. Le patriotisme face au mondialisme, telle est la véritable opposition.

Mais ceci n’est pas, on l’a vu, dans l’intérêt de Jean-Luc Mélenchon, fidèle rabatteur socialiste. Avec des révolutionnaires de la sorte, les oligarques peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Car pour reprendre ses propres paroles, qui parlent d’elles-mêmes : l’adversaire, l’ennemi prioritaire, la cible ultime, ce ne sont pas eux, « c’est elle ». Cherchez l’erreur…

Pour comprendre ce qu’est une démarche cohérente de défense des ouvriers, se rapporter plutôt à Georges Marchais :

Christopher Lings

A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.
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