vendredi, 26 mai, 2017

Quand la populace foule la pelouse de l’Élysée…

François Hollande vient d’ouvrir les jardins de l’Elysée au public. Acte ô combien symbolique qui témoigne bien de la faillite de l’Etat français. Un Etat qui n’existe plus.

Au XVIIème siècle, Louis XIV, excédé par les badauds qui le harcelaient dans ses magnifiques jardins de Versailles, décida d’en interdire l’accès au public et d’en garder le privilège. Plus de 3 siècles plus tard, François Hollande ouvre les jardins de l’Elysée au peuple. Giscard avait fait de même en accueillant le public à la célèbre garden-party du Palais présidentiel, me direz-vous, mais revenons-en à notre comparaison.

Louis XIV avait décidé de se couper de la population. Il avait le pouvoir, les petites gens ne l’avaient guère. Chacun reste à sa place, et tout le monde ne s’en portait que mieux. De Gaulle le disait si bien : « La grandeur a besoin de mystère. On admire mal ce qu’on connaît bien. » Et le Général de confirmer : « L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans l’éloignement. »

Il fut ainsi « normal », à l’époque, de garder une certaine distance. Aujourd’hui, c’est notre président qui est « normal ». Pourquoi ? Car il ne lui reste plus que cela. Le pouvoir, il ne l’a plus. Ne lui reste que le titre, et l’apparence. Cette apparence, la voici dans tout son symbolisme : l’ouverture des jardins, de l’espace privé du chef de l’Etat, aux badauds. « Le président de la République est ici grâce et avec les Français » a expliqué une conseillère. En effet, le pouvoir n’existant plus ni dans les mains du Président, ni dans celles des Français qu’il est sensé présider, la distinction n’a plus lieu d’être.

Autre comparaison qui parait anodine mais n’en demeure pas moins intéressante : le style des jardins. Celui de Versailles a vu naître ce que l’on appelle le « jardin à la française », classique, symétrique et magistral. Celui de l’Elysée est passé d’un jardin à la française à un « jardin à l’anglaise », irrégulier et pittoresque, en 1773 sous l’impulsion… d’un banquier (!), Nicolas Beaujon, alors propriétaire des lieux. La droiture, la structure et la force françaises ont été remplacées par l’influence anglo-saxonne. Anodin ?

Ainsi en ce beau dimanche d’octobre, le dernier du mois, les passants ont pu déambuler dans les allées des jardins du Palais de l’Elysée, vides de tout pouvoir. Le couple présidentiel (car la politique est désormais affaire de couple) est ensuite sorti à la rencontre de la populace afin d’échanger, de paraître proche, similaire, normal… Impuissant.

Pour conclure sur un conseil du Général de Gaulle qui, décidément, avait compris tout ce que son piètre successeur d’évertue à renier : « Face aux grands périls, le salut n’est que dans la grandeur. » Comprenne qui voudra.

Christopher Lings

A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.
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