vendredi, 26 mai, 2017
L’Auld Alliance : L’alliance oubliée

L’Auld Alliance : L’alliance oubliée

auld allianceAprès l’accord signé par le premier ministre britannique, David Cameron, autorisant la tenue d’un référendum, en 2014, sur l’indépendance de l’Ecosse ; j’ai souhaité revenir sur un évènement qui ne fut jamais enseigné à nos petites têtes blondes, l’Auld Alliance ; mais aussi sur le caractère légitime du souhait, émanant du chef de file du parti national écossais (SNP), Alex Salmond, de rendre l’Ecosse indépendante du Royaume-Uni.

Tout d’abord, en l’an de grâce 1295, le roi Jean d’Ecosse scella, en compagnie du roi de France Philippe IV, une alliance garantissant la protection de la royauté qui se verrait attaquer par la perfide Albion. La Norvège fut également signataire bien qu’elle n’y fit jamais référence.

Outre la partie formelle de cette alliance correspondant à une succession de traités militaires renouvelés règne après règne (20 fois entre 1326 et 1558), une particularité culturelle, commerciale et diplomatique existait aussi.

En effet, elle garantissait la double citoyenneté entre les deux États permettant, entre autres, aux étudiants écossais de venir dans les universités françaises telles que Paris ou Orléans (les universités écossaises s’inspirèrent d’ailleurs du modèle et des structures de ces dernières) ; d’un commerce florissant, particulièrement l’importation par l’Ecosse de vin de Bordeaux appelé « Claret » ainsi que d’un statut fiscal très avantageux pour les différents échanges commerciaux entre les deux pays ; mais aussi par la composition de la garde personnelle du roi de France qui fut longtemps et uniquement écossaise.

Cette particularité a subsisté bien après la révocation de l’alliance franco-écossaise en 1560, suite au traité d’Édimbourg, et à l’Union des royaumes d’Ecosse et d’Angleterre (1707), en ayant, par exemple, maintenu la double citoyenneté.

Dans son discours d’Édimbourg, en 1942, Charles de Gaulle disait cela : “Dans chacun des combats où, pendant cinq siècles, le destin de la France fut en jeu, il y eut toujours des hommes d’Écosse pour combattre côte à côte avec les hommes de France”.

De nos jours, nos amis écossais enseignent encore cette fabuleuse histoire à leurs nouvelles générations et continuent d’honorer, notamment par un accueil formidable fait aux français, cette relation immortelle entre nos deux peuples.

Je déplore que nos programmes scolaires fassent l’impasse sur cette alliance qui est considérée, par le Général de Gaulle, comme étant « la plus vieille alliance au monde ».

Ensuite, la question qui se pose concernant l’indépendance de l’Ecosse ne doit pas être traitée avec le prisme régionaliste, notamment en rapprochant ce vœu du Scottish National Party aux aspirations séparatistes belges ou encore catalanes.

En effet, comment reprocher à un pays, qui a vécu une grande partie de son histoire non-inféodé à l’Angleterre, de vouloir retrouver sa liberté ?

De plus, l’Ecosse a toujours conservé certaines caractéristiques d’une nation. Que ce soit son passé, sa géographie, son système d’éducation propre, son droit local, ses traditions sportives et religieuses, ses médias … ont contribué à inscrire dans la pierre une identité nationale propre.

Le Scotland Act de 1998 vient d’ailleurs renforcer le Parlement Écossais, fondé la même année, qui peut donc, désormais, décider de sa politique à mener en termes d’éducation, d’environnement, de santé, de logement ou encore de justice.

L’épineuse question de la propriété des importantes ressources pétrolières et gazières de la Mer du Nord peut justifier le peu d’enthousiasme que montre le parlement britannique quant à une éventuelle séparation.

Pour finir, l’histoire de l’Ecosse démontre bien qu’elle est une nation à part entière et non pas seulement une entité régionale. À l’image des français et, souvent, aux côtés de ces derniers, les écossais ont combattu pour conquérir leur liberté et l’ont gagné au prix de leur sang. Il est donc légitime de leur donner la parole afin qu’ils puissent décider de l’avenir de leur pays.

J’apporte mon plus grand soutien aux patriotes d’Ecosse et je leur souhaite de remporter la plus belle bataille de leur histoire et ainsi inscrire, en lettre d’or, l’un des plus beaux mots qui ait été inventé : FREEDOM !

Mathieu

A propos de Mathieu

Mathieu
Passionné d'Histoire, de politique (inter)nationale et de géopolitique ; je m'attache à faire partager ma passion et ma volonté de débattre sur tous les sujets ... surtout les plus brulants !

Un commentaire

Revenir en haut de la page