mardi, 26 septembre, 2017

Fallait-il gracier Jacqueline Sauvage ?

Épisode 1 de la série audio « Critique de la démocratie », par Jonathan Sturel.

« Chaque fois qu’une parole politique ou qu’une décision politique fait suite à la pression médiatique, nous pouvons considérer que la fonction politique est dévaluée, et que le personnel politique est à la merci de gens qui n’ont aucun mandat, aucun pouvoir officiellement déterminé par la Constitution, qui ne sont choisis qu’en comité restreint par des gens eux-mêmes dépositaires d’aucun mandat ni d’aucun pouvoir officiellement déterminé par la Constitution. Et je ne pense pas qu’un pouvoir politique, qu’un personnel régalien, qu’un État assez faible pour ne rien pouvoir faire d’autre qu’attendre que des journalistes définissent pour eux une grille des sujets méritent ni le respect ni la considération. »

[…]

« Au-delà du cas spécifique de Jacqueline Sauvage, nous pourrions aussi parler de la pertinence du maintien du droit de grâce présidentielle au catalogue des dispositions juridiques. Dans le système républicain et démocratique qui est le nôtre, la possibilité accordée à un homme de sanctionner un destin individuel alors qu’en juger n’est précisément pas de son ressort, et que sa décision sera toujours faites soit pour satisfaire des calculs politiciens circonstanciés soit pour concrétiser un caprice personnel, est évidemment une anomalie ; en rupture avec l’esprit du régime, avec l’esprit de ses lois et de son fonctionnement. Ce droit de grâce est exactement le droit pour un homme de juger arbitrairement du sort d’une personne, en dehors des procédures judiciaires qui s’appliquent à tous les autres ; c’est-à-dire le droit de créer un destin singulier et indépendant, au bénéfice d’un individu, en dehors des règles communes. »

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A propos de Jonathan Sturel

Jonathan Sturel
Jonathan Sturel, observateur critique du monde moderne, est l'auteur du livre « La Contre-histoire de Michel Onfray » paru aux Editions Tatamis en août 2014.
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