Pourquoi il faut (re)découvrir le Nouveau Testament aujourd’hui
Jésus chassant les marchands du Temple

Pourquoi il faut (re)découvrir le Nouveau Testament aujourd’hui

Noël est passé, ceux qui en ont eu la chance se sont retrouvés en famille pour partager un fastueux repas. Alors que les enfants trépignaient d’impatience que le Père Noël fasse son œuvre dans la nuit, les adultes parlaient sûrement de choses et d’autres. Mais qui s’est réellement demandé ce que nous fêtions ce jour de réveillon ? Non pas une fête de la consommation parmi d’autres, comme on a trop l’habitude de nous le faire croire, mais bien l’Incarnation du Sauveur, qui aujourd’hui, nous manque cruellement.

Combien d’entre vous se sont précipités dans les magasins, à plus forte raison le dimanche, afin de remplir le caddie de nourriture, de boisson, de cadeaux ? Ne soyons pas hypocrites. Nous l’avons presque tous fait. Pourquoi ? Par coutume aurais-je tendance à dire. Parce que l’on nous a habitué à faire la fête le jour de l’Incarnation de Christ. Pourtant, Jésus n’est-il pas né dans une étable parce qu’il n’y avait plus de place autre part ? Nous réjouissons-nous de la venue du Sauveur ce 24 décembre ? Le louons nous par la prière ? Non. Nous mangeons et buvons trop, parce que nous sommes des consommateurs, formés, formatés pour cela. Noël, fête de la consommation, avec Pâques, le jour de l’an, ou « halloween ».

Qui se souvient qu’il y a deux mille ans, Jésus venait sur terre pour nous sauver ? Pour accomplir la parole de son divin Père ? Trop peu, je gage. Pourtant, plus que jamais, nous avons aujourd’hui besoin de renouer avec sa Parole. Notre monde est décadent. Certains le savent, mais refusent de retirer la poutre qui est dans leur œil avant de retirer la paille dans l’œil du voisin. Ce même voisin qui pense que nous allons vers un monde meilleur, plus libre, délié de toute morale, cette odieuse morale qui nous catégorise, nous classe, bref, nous rend libre.

Alors que consommer toujours plus semble être devenu le sens de la vie de l’homme occidental ou occidentalisé, toujours en quête du dernier gadget inutile, de conseils vestimentaires ou diététiques afin de ressembler à la publicité, toujours en quête de plus de richesse pour se payer deux semaines de vacances aux sports d’hiver dans une station à la mode, pour n’avoir qu’à s’endetter vingt-cinq ans pour une résidence secondaire au bord de la mer ou bien pour une nouvelle voiture. Jésus, lui, nous a offert une autre voie, cette autre voie que les gardiens de la « libre-pensée » ­— comprenez de la franc-maçonnerie —, et du droitdelhommisme — c’est à dire, comme disait Marx, des droits de l’homme à s’enrichir pour consommer ­— cherchent à tout prix à détruire et à rayer de notre imaginaire collectif.

Aujourd’hui, Jésus est présenté comme un ennemi. Oui, il est un ennemi, un ennemi du capitalisme libéral-libertaire, qui tend à nous asservir, sous couvert de nous vendre du rêve. Parce que Jésus a dit que les derniers seront les premiers, que tous seront égaux au royaume des Cieux, parce qu’il a dit que les doux et les humbles hériteront de la terre, Jésus a été crucifié, par les mêmes qui aujourd’hui nous dirigent.

Car oui, c’est bien Mammon que nous adorons, tous les jours. L’argent, le Maître argent, qui fait et défait des vies, pour qui nous abandonnons l’essence même de notre existence, l’essence même de notre humanité. Toute autre forme de dévotion est interdite, calomniée. Voyez cette pauvre femme âgée, qui pour avoir reversé de l’agent aux pauvres a été trainée devant le tribunal pour avoir été bonne envers les plus démunis, condamnée et finalement sacrifiée sur l’autel du saint argent tout-puissant le jour de la Naissance du Seigneur. Que dire encore de ces pauvres gens, parfois proches de la centaine, expulsés de chez eux pour avoir travaillé depuis l’âge de 13 ans, mais de ne pas avoir assez versé, une fois la taxe pour le Temple payée, afin de se nourrir un minimum et de payer le loyer ? Que dire de ces hypocrites qui nous dirigent qui laissent mourir de froid les sans-abris de leur Nation, mais couvrent de largesses les nouveaux venus ? Que dire de ces mêmes personnes qui rejettent la représentation de la Nativité, mais saluent en grande pompe les cultes indigènes que, bien sûr, « il ne faut pas stigmatiser » ?

Mais, me direz-vous, certains ont pris position dans votre sens, notamment dans « l’opposition » ! Ah oui ? Parce qu’ils ne sont pas hypocrites eux-mêmes ? Ne sont-ils pas tous membres de la même secte, issus des mêmes écoles et des mêmes milieux ? Ne sont-ils pas tous des scribes et des pharisiens ?

Kyrie eleison…

Et l’Église dans tout ça ? Laissez-moi vous raconter mon passage au Vatican, au cours d’un séjour à Rome. Comme Du Bellay, je rêvais de voir la Sainte Cité. Les rues qui mènent à la place Saint-Pierre sont envahies par les marchands d’objets liturgiques hors de prix, tout est fait pour amadouer le croyant trop crédule, qui pense que son chapelet en cristal le rapproche du royaume de Dieu. Jusque dans l’enceinte même du Vatican, les marchands sont présents. J’ai vu, de mes yeux vu, une boutique de souvenirs et d’objets liturgiques à l’intérieur même de l’archibasilique Saint-Jean-de-Latran ! Jésus a chassé les marchands tu temple, ils sont revenus au galop !

Mais que fait donc l’Église de Rome avec tout cet argent ? Pas aider les armées de sans-abris qui envahissent chaque nuit les quais de la Stazione Termini en tout cas. Au moins n’y a-t-il pas de piquants ou de barrières là où ces malheureux peuvent s’installer, pas comme chez nous, où il faut à tout prix cacher la misère aux yeux du consommateur, qui pourrait être rebuté, par pitié ou par dégoût, à la vue de ces miséreux qui dorment où il peuvent, pendant que les clandestins sont mieux lotis. Ne rentrons pas dans les considérations purement spirituelles de la nouvelle religion libérale issue de Vatican II, cela serait bien trop long à exposer.

« Ecce homo » disait Pilate. Oui, voici l’homme, voici ce que nous sommes devenus. Des êtres sans amour, sans foi, sans repère et sans but. Si nous avons touché du doigt l’idéal chrétien au Moyen Âge —où la masse n’était peut-être pas riche matériellement, mais l’était en foi— aujourd’hui il ne reste rien, ou presque. Loin de moi l’idée de m’élever au rang de docteur de l’Église, mais ce christianisme, s’il l’est encore, n’est pas celui que j’ai lu dans l’Évangile. Et je gage, aux vues de l’augmentation constante des adeptes de la fraternité saint Pie X, que je ne suis pas le seul.

Alors, mes amis, lisons l’Évangile. Lisons le Livre des livres, parce qu’il nous rappelle qui nous sommes, ce pourquoi nous sommes là. Que vous soyez croyant ou non, si vous lisez cela, c’est que vous n’êtes pas insensible à la destruction progressive et violente de notre société et de notre culture. Tout a été dit, tout a été prédit. L’Évangile est un message d’espoir, pour tous. L’espoir qu’au-delà de ce monde sans plus aucun repère, l’espoir perdure. Jésus, Lumière du monde comme l’appelait saint Jean, a apporté ce qui a fait notre monde occidental. Si son royaume n’est pas de ce monde, son message apporte la paix entre les hommes et l’amour de tous envers Dieu et envers tous les hommes.

Valeurs, sens de la vie, paix, amour, tout ceci est écrit dans l’Évangile. Bien loin d’être un manifeste politique, il est un guide, un phare dans la tempête. Christ fut le premier des dissidents, et parce qu’il s’est levé contre les hypocrites, contre les Juifs et contre le pouvoir de l’argent, alors il est mort en croix, pour nous tous, pour qu’à sa suite nous continuions le combat pour un monde plus juste, pour qu’à travers notre communion, le règne de Dieu vienne.

NB : le Nouveau Testament (traduction de l’abbé Crampon, avant Vatican II) a été récemment réédité par Kontre Kulture

Nicolas Champion

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A propos de Louis Landais

Louis Landais
Etudiant, passionné d'histoire et des Humanités en général.

4 commentaires

  1. L’indifférenciation prônée par les féministes et les illuminés adeptes de la théorie du genre, ne doit-elle pas constituer un bouleversement de paradigme à tout le moins égal à ce que fut l’égalité lors de l’avènement du christianisme en remplacement du polythéisme?

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  2. Je n’ai qu’un mot à dire après avoir lu votre texte : BRAVO.

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  3. Philippe le Toulousain

    Félicitations à mon Frère en Christ pour cet article.
    Depuis 200 ans la France est un peu plus chaque jour Anti-Chrétienne.
    Nous sommes une nation apostate et nous en payons un peu plus chaque jour le prix.
    Nous allons devoir relever l’étendard du Christ pour relever la France qui se meurt.
    Ce n’est pas avec nos élites que nous le pourrons car elles sont rongées par la FM.
    Ni avec toutes les communautés qui portent la Haine du Christ dans leur culture.

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  4. Voilà encore quelqu’un qui réfléchit, par lui-même et avec des préceptes louables au sein d’une nation. Je ne connaissais pas votre site et j’avoue ne plus trop savoir comment j’y ai atterri. Je viens de laisser un commentaire à l’un de vos confrères et souhaite vous en laisser un à l’avenant.
    Je pense être être moins croyant que vous, encore que je me considère comme chrétien, et l’un des messages de votre article qu’il faudrait, en effet, relayer est que le christianisme fait partie intégrante de l’occident européen, que l’on se rende à l’église fréquemment ou non, que l’on sache ou non prier, que l’on soit chrétien ou non, le christianisme est un des piliers de notre civilisation. A ce titre, je souhaiterai clamer haut et fort que l’une des expressions que j’exècre au plus haut est celle de « judéo-chrétien ». Cela ne veut rien dire, et n’est que la concrétion d’un besoin organisationnel datant des premiers siècles de notre ère, d’autant qu’il suffit de lire l’Ancien et le Nouveau Testaments pour se rendre compte de l’abîme existant entre l’un et l’autre. Regardons, par exemple, la place et la valeur de la femme dans ces deux textes ; dans le premier, un vil outil pour parvenir à ses fins, dans le second la récipiendaire de l’amour.

    http://lumieresurlestemps.blogspot.fr/

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