mardi, 25 juillet, 2017
10 janvier 1920 : L’Allemagne ratifie le traité de Versailles
Signature du traité de 1919, galerie des Glaces, château de Versailles.

10 janvier 1920 : L’Allemagne ratifie le traité de Versailles

Le 10 janvier 1920, l’Allemagne, grande vaincue de la Première guerre mondiale, ratifie le traité de Versailles (rédigé en 1919) qui prend ainsi effet.

Un traité mal fait qui sera, dès 1920, décrié par l’historien Jacques Bainville dans ses Conséquences politiques de la paix. Premièrement, la lourdeur des sanctions imposées à l’Allemagne, jugée seule responsable de la guerre, va faire naître chez sa population un fort sentiment de revanche qui propulsera, plus tard, un certain Adolf Hitler au pouvoir.

En effet, l’Allemagne est, entre autres, amputée de 15 % de son territoire (dont le canal de Dantzig qui la morcelle en deux) et de 10 % de sa population. Elle n’a plus le droit d’avoir d’aviation militaire, d’artillerie et de chars, son service militaire universel est aboli et son armée ne doit pas excéder 100 000 hommes. Elle est sommée d’abandonner ses colonies, perd tous ses brevets (dont l’Aspirine). Enfin, elle doit verser aux alliés, et surtout à la France, une somme de 132 milliards de marks-or. Cette dureté, voulue surtout par la France de Clemenceau pour affaiblir l’ennemi et relancer l’économie nationale, fera naître au fil des années un fort sentiment d’injustice et de revanche parmi la population. Dès son arrivée au pouvoir, Adolf Hitler remilitarisera, occupera nombre de territoires et refusera de payer la dette, avec les conséquences que l’on connait.

Mais la grande erreur de ce traité, pour la France du moins, est relevée par Jacques Bainville. Ce dernier ne s’attarde pas sur la lourdeur des sanctions (car dans l’immédiat, la France en profite) mais déplore le maintien de l’unité allemande. Là est la véritable menace ! Il s’agissait, pour que les sanctions soient vraiment efficaces, de ressusciter le traité de Münster de 1648, qui avait divisé l’Allemagne en un morcellement de petits états, et de défaire l’œuvre de Bismarck, qui l’avait unifiée autour de la Prusse et avait ainsi pu vaincre la France en 1871. En résumé, la paix était « trop dure pour ce qu’elle avait de doux, et trop douce pour ce qu’elle avait de dure », selon le mot de Bainville.

Mais ce scénario profitait bien trop à la France, et c’est sans doute la raison pour laquelle il n’a pas eu lieu. Fidèle à sa politique d’équilibre des puissances en Europe, l’Angleterre n’a, semble-t-il, pas permis de voir la France ainsi propulsée au rang de puissance européenne absolue. Le Premier empire était-il encore dans les mémoires ?

L'Europe en 1923 (Wikipedia)

L’Europe en 1923 (Wikipedia)

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A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.
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