dimanche, 22 octobre, 2017
« À la racine de toutes les frictions d’aujourd’hui, il y a une crise de l’être ! »
Tours et clocher de l'abbaye de Cluny (crédits : wikimediaCC).

« À la racine de toutes les frictions d’aujourd’hui, il y a une crise de l’être ! »

Alors que la France est frappée par une crise non seulement économique et sociale mais aussi –et peut-être surtout– identitaire et morale, alors que les esprits sont marqués par une perte des repères et une confusion des notions, il paraît nécessaire de ne pas s’arrêter aux seules questions d’actualité mais de revenir aux fondamentaux et de rechercher une vue sur le long terme de la philosophie politique. Tel est l’objet de cet entretien avec Guillaume Bernard, maître de conférences à l’Institut catholique d’études supérieures*.

Pouvez-vous nous ‎rappeler quel est, dans le cadre de la philosophie politique, le changement de paradigme fondamental entre ce qu’on appelle les Classiques et les Modernes ?

La modernité politique apparaît au XVIe siècle avec, en particulier, l’humanisme – qui se traduit par une confiance en l’homme pouvant dériver vers une autosuffisance –, le protestantisme – qui se prétend un retour au christianisme des origines d’où, d’un point de vue ecclésiologique, le rejet de la tradition et, sous l’angle juridique, la préférence pour la loi positive contre la coutume – et le rationalisme – la raison n’est plus cherchée dans la chose mais inscrite dans l’homme. Elle s’est pleinement épanouie au XVIIe siècle avec le courant contractualiste : les corps sociaux ne sont plus une donnée de l’ordre cosmologique des choses, ils sont supposés être une création des hommes. Toute une partie de la doctrine adopte la théorie de la sociabilité artificielle – celle du contrat social– et rompt avec la sociabilité naturelle.

Deux courants ont permis ce basculement : le nominalisme et la seconde scolastique espagnole. Au XIVe siècle, dans un contexte de très grave crise économique, sociale, sanitaire, etc., le nominalisme mit l’accent sur la personne du prochain ; selon lui, seuls les être singuliers étaient vraiment réels, les être collectifs n’étant connus que par le nom qui leur était donné. Il n’y avait pas encore de négation de la sociabilité naturelle, mais cette doctrine préparait à concevoir les corps sociaux comme une addition de parties. Au XVIe siècle, pour moraliser la conduite des conquistadores, la seconde scolastique insista sur l’idée que l’indigène ne devait pas être respecté seulement par devoir moral – étant le prochain, le fils du même Père– mais par obligation juridique – il disposerait de droits intrinsèques en raison de son humanité. Ce courant a donc apporté l’élément indispensable pour que le contractualisme social puisse être pensé : des droits attributs de l’humanité que tous les hommes possèdent de manière identique – puisqu’ils ont la même nature– et qu’ils peuvent mettre en commun lors du – supposé– passage de l’état de nature à celui de société.

Ainsi, la conception classique de l’ordre social s’appuie sur l’idée qu’il existe un ordre naturel, le pouvoir politique ayant pour finalité – par la fonction judiciaire– de rétablir l’harmonie brisée à cause de l’action des hommes. Il est naturel à l’homme de vivre en société ; cette vie s’incarne à travers différents corps sociaux comme la famille, le métier ou la cité. A l’inverse, la vision moderne considère qu’à l’état de nature il n’existe que des individus – ayant des droits naturels en raison de leur appartenance à l’espèce humaine– et que l’ordre politique ne peut être que le résultat d’un contrat social. Individualistes et collectivistes ne conçoivent pas ce contrat de la même façon mais s’accordent sur sa nécessité. Selon les premiers, il implique l’abandon partiel de leurs droits naturels par les hommes au moment du passage de l’état de nature à l’état social ; l’État a pour fonction de protéger les droits conservés lors la construction de la société. Les libéraux privilégient donc l’individu. En revanche, pour les collectivistes, les individus abandonnent tous leurs droits naturels ; l’État a donc pour fonction de redistribuer de manière égalitaire des droits civils et politiques. Ces penseurs privilégient donc la société. Dans ces deux versions de l’ordre social, la fonction politique principale est législatrice puisqu’il n’existe plus d’ordre cosmologique des choses.

Au final, la doctrine politique moderne – anthropocentriste, rationaliste et contractualiste– l’a emporté dans les faits à la fin du XVIIIe siècle et a procédé à la transformation des institutions politiques et sociales.

Le grand mal récurrent de nos sociétés contemporaines post-modernes qu’est la perte de sens n’est-il pas lié à l’absence de cause finale chère à Aristote et à la scolastique médiévale ? 

La société contemporaine est intellectuellement perverse en raison de la confusion de la fin et des moyens. La question de la « cause finale » – ce en vue de quoi une chose est faite, ce vers quoi elle tend « naturellement »– est évacuée puisqu’elle conduirait à s’interroger sur l’existence d’un ordre des choses ne dépendant pas de l’homme. Par conséquent, la pensée politique se concentre uniquement sur les moyens décrétés rationnels.

Prenons l’exemple du régime politique. Dans la pensée classique, les régimes politiques – monarchie, aristocratie, politeia– sont plus ou moins adaptés aux circonstances –guerre ou paix par exemple– et aux lieux – territoire restreint ou étendu notamment ; mais, ils sont tous susceptibles d’être légitimes s’ils réalisent le bien commun. C’est la finalité dans laquelle le pouvoir est exercé qui fait, avant tout, sa légitimité. A l’inverse, pour la vision moderne, il n’existe de société que par la mise en place d’un contrat social. Par conséquent, le régime démocratique – je n’entre pas ici dans la question de savoir s’il est ou non réel– apparaît comme, par principe, le plus voire le seul légitime : il est en effet logique de confier la souveraineté à ceux – les contractants– sans qui la société et donc le régime politique n’existeraient pas. Ici, le régime politique – c’est-à-dire le moyen– absorbe et fait disparaître la question de la fin –le bien commun.

Expliquez-nous votre théorie sur l’évolution des idées politiques qu’est « le mouvement dextrogyre ».

Depuis la Révolution, la vie politique française a été marquée par le mouvement sinistrogyre (Albert Thibaudet) : les nouveaux courants sont venus par la gauche de l’échiquier politique et ont repoussé sur la droite ceux qui étaient nés antérieurement. Ainsi, le libéralisme est-il passé de gauche (au XVIIIe siècle) à droite (au XXe siècle) après avoir incarné le centre (au XIXe siècle). Pendant deux siècles, la gauche a donc, petit à petit, intellectuellement colonisé presque toute la droite ; elle lui a imposé ses références et l’essentiel de ses valeurs.

Cependant, l’expansion des idées de gauche a connu un arrêt brutal. Désormais, c’est par la droite que vient la pression politique, ce que j’ai proposé d’appeler le « mouvement dextrogyre » – ou « dextrisme ». Il est né de la conjonction de plusieurs facteurs. L’événement fondateur a été l’effondrement du régime collectiviste soviétique. Ensuite, le 11 Septembre – et la multiplication des attentats islamistes et du massacre des chrétiens– a été cristallisateur : il a permis à la droite de substituer un ennemi à un autre, de remplacer l’anticommunisme par l’anti-islamisme. Enfin, la révélation de l’impuissance à contrôler la mondialisation, aussi bien financière que migratoire, semble favoriser l’accélération du processus.

Les idées de droite, qui jusqu’à présent avaient été comprimées par le sinistrisme, se redéployent, regagnent du terrain et repoussent vers la gauche les idées qui occupaient son espace politique. Bien entendu, l’influence intellectuelle et médiatique de la gauche n’a pas disparu, comme en témoignent les récentes offensives de l’idéologie du gender. Il est impossible de revenir du jour au lendemain sur plusieurs décennies d’abandon du terrain des idées. Cependant, la droite n’a plus honte d’elle-même. Qui plus est : l’innovation intellectuelle et / ou la poussée électorale viennent par la droite. Cela ne signifie nullement que le mouvement dextrogyre soit le monopole de la droite radicale : il l’englobe et la dépasse. En France, il se traduit par la conjonction de plusieurs phénomènes :

  • la « dédiabolisation »  voire la normalisation du FN ;
  • la droitisation d’une part importante de la droite modérée, qui désormais se dit « décomplexée » ;
  • le basculement d’une partie du centre vers la gauche ;
  • l’écartèlement de la mouvance social-démocrate entre le socialisme et le social-libéralisme ;
  • l’étiolement des forces communistes qui ne doivent leur survie électorale qu’à des alliances en fonction des enjeux – absorption dans le Front de gauche ou constitution de listes communes avec le PS pour les municipales ;
  • l’incapacité de l’extrême gauche à profiter de l’impuissance du gouvernement socialo-écologiste.

Qu’ils en approuvent ou non les conséquences, le mouvement dextrogyre met les hommes politiques devant une alternative : adapter leurs programmes pour maintenir leur créneau électoral sur le spectre politique ou accepter de glisser sur leur gauche s’ils entendent maintenir leur discours – l’opinion publique, elle, se « droitisant ».

Les doctrines se repositionnent lentement sur l’échiquier politique. D’une part, les concepts venus de la gauche sont en train d’y retourner, dégageant ainsi de l’espace politique pour les idées ontologiquement de droite. Alors qu’il était devenu omniprésent à droite par opposition au collectivisme soviétique, le libéralisme glisse de nouveau, mais cette fois-ci de droite vers la gauche. Le voilà en passe de retrouver son unité idéologique : le libéralisme économique – qui ne doit pas être confondu avec la lutte contre le fiscalisme et la bureaucratie– classé à droite rejoint le libéralisme sociétal de gauche, tous deux reposant sur l’idée qu’il n’existe aucune valeur en soi mais uniquement sur la base d’une convention. D’autre part, comme l’horizon de la marche des idées s’est inversé, les tendances politiques qui, par le passé, se sont affrontées peuvent désormais s’entendre : c’est le cas du gaullisme et du nationalisme qui, longtemps en conflit, se rejoignent aujourd’hui dans le souverainisme.

Pour l’heure, une partie des idées produites en raison du mouvement dextrogyre sont  hybrides. Elles sont le résultat d’une juxtaposition ou d’une combinaison des philosophies politiques classique et moderne. C’est ainsi que peuvent cohabiter des idées plutôt réactionnaires favorables à la défense de l’identité collective – conçue comme un tout– et d’autres plutôt progressistes relatives à la sauvegarde des libertés individuelles. C’est dans ce contexte que la laïcité, élaborée à l’origine comme une arme contre l’identité traditionnelle de la France et l’enracinement social du catholicisme, a pu être repensée – et retournée– comme un argument contre le multiculturalisme. Reste cependant qu’elle a créé une sorte de vide – par le déracinement du catholicisme– que l’islam(isme) s’empresse de vouloir combler.

Si l’on suit votre théorie, les mouvements souverainistes classés aujourd’hui incongrûment à l’extrême droite sont en passe de (re)venir au centre ?

Les lignes de fracture dans le système partisan ont évolué. Au XIXe siècle, le régime politique permettait de distinguer la droite – favorable à un exécutif fort– et la gauche – partisane d’un régime parlementaire. Au XXe siècle, l’étendue de la fonction de la puissance publique a servi de curseur, la droite limitant le rôle de l’État aux fonctions régaliennes tandis que la gauche favorisait son intervention économique et sociale. Or, depuis une trentaine d’années, les forces communistes se sont effondrées tandis que le parti socialiste a, officieusement, fait son Gad-Godesberg. Le critère économique n’est donc plus significatif pour distinguer droite et gauche : entre le socialisme non collectiviste et le libéralisme – en passant par la social-démocratie et le social-libéralisme–, les différences sont plus de degré que de nature. C’est désormais dans un autre domaine que droite et gauche peuvent être véritablement distinguées : dans la lignée de mai 68, elles s’opposent sur les questions identitaires et civilisationnelles. Ainsi, les corps sociaux – comme la famille– sont-ils des manifestations d’un ordre naturel des choses supérieur à l’homme – position classique– ou des constructions artificielles produites exclusivement par la volonté humaine – vision moderne ?

Par conséquent, la ligne de fracture de la vie politique française passe beaucoup plus au sein du camp politique classé à droite qu’entre celui-ci et la gauche. Il y a donc, classées à droite, deux courants, l’un classique, l’autre moderne. La droite moderne fonde son discours sur la théorie du contractualisme social : les corps sociaux – la famille, la nation ou encore l’Europe– sont des constructions purement artificielles dont l’existence et les règles de fonctionnement sont données par la rencontre de volontés. À l’inverse, la philosophie de la droite classique s’appuie sur l’existence d’un ordre naturel des choses ; par conséquent, la volonté des hommes sert à actualiser des corps sociaux dont les principes sont donnés à l’homme et non décidés par lui. Historiquement parlant, la droite est composite car elle a été formée par sédimentation sous la pression du sinistrisme. La différence de la droite moderne d’avec la gauche est plus de degré que de nature. La droite classique incarne, quant à elle, la droite ontologique ; elle a retrouvé, avec le mouvement dextrogyre, la capacité à s’épanouir.

Si ce mouvement se poursuit – cela peut prendre cependant un certain temps…–, les forces politiques classées à droite mais qui ne sont pas ontologiquement de droite finiront à gauche. L’avenir d’une partie de la droite, c’est de redevenir… la gauche ! Naturellement, je parle ici de courants doctrinaux et non d’organisations partisanes. Ce qui complique l’analyse, c’est que la ligne de fracture entre la droite classique et celle moderne ne passe pas entre partis mais, de manière sinueuse, en leurs seins. La proportion de classicisme et de modernisme est naturellement différent en fonction des partis, mais tous sont touchés par cette division interne qui, certes, les fragilise mais leur permet de segmenter leur discours et d’essayer de capter un électorat le plus large possible.

Quels espoirs et quelles craintes portez-vous sur un possible‎ renversement de la pente européiste et mondialiste ? Quand vous voyez des mouvements disparates de révolte comme la Manif pour Tous, les Bonnets rouges ou encore le grondement des libéraux du mouvement des Pigeons ? 

Au cours des temps passés, la crise s’est révélée multiforme : religieuse, institutionnelle, militaire, sanitaire etc. L’histoire enseigne que la conjonction des crises partielles peut entraîner des bouleversements d’envergure. La France doit, aujourd’hui, faire face à une pluralité de crises : insécurité physique et matérielle – depuis les incivilités jusqu’à la plus violente des criminalités–, insécurité économique et sociale – chômage de masse, retraites incertaines–, insécurité culturelle – multiculturalisme dû à une immigration non assimilée, déracinement en raison de la mondialisation, bouleversement des mœurs. L’aggravation possible de chacune de ces crises est naturellement anxiogène. Mais, la crispation de l’opinion publique vient également de ce que nombre d’hommes politiques relativise l’importance voire nie l’existence de certaines crises, se contentant d’incriminer la fermeture à l’autre et le passéisme moralisateur.

L’incapacité des politiques à appréhender la réalité de la multiplicité et de l’interaction des crises procède essentiellement de leur idéologie matérialiste : ils réduisent les dysfonctionnements de la société à un trouble dans le domaine de l’avoir. Ils ne parviennent pas à identifier la nature profonde des enjeux, à déterminer le dénominateur commun de toutes les frictions. Ils ne saisissent pas qu’il y a, à leur racine, une crise de l’être : incertain quant à sa persistance en tant que puissance industrielle, militaire ou civilisationnelle, le corps social vit une étape périlleuse et décisive dans son existence. La porosité des frontières de l’espace Schengen, les abandons de souveraineté à l’Union européenne, l’explosion de la dette publique, la baisse du niveau scolaire ou encore les émeutes urbaines sont autant de sujets qui illustrent, tant sous l’angle individuel que collectif, la perte des libertés, la dépossession de soi et la dilution de la maîtrise de son destin.

Deux principaux facteurs expliquent la force inhabituelle de l’actuelle exaspération. Premièrement, la conjonction de catégories socio-professionnelles jusqu’ici distinctes voire opposées – ouvriers, agriculteurs, employés et artisans– : la paupérisation économique, la spoliation fiscale, le déclassement social et la relégation spatiale dans la France périphérique les rendent solidaires. Deuxièmement, l’affaiblissement des partis politiques et des groupes d’influences – églises, syndicats– : la contestation qui gronde n’est pas canalisée, comme jadis, par des corps intermédiaires susceptibles de la brider par stratégie ou par idéologie. Aussi, la docilité politique s’efface-t-elle progressivement avec la conviction que sa situation, et surtout celle de ses enfants, ne peut qu’empirer. Ceux qui perdent l’espoir d’une ascension sociale sont naturellement plus enclins que les autres à basculer dans la radicalisation politique.

Leur écœurement se traduira, sans doute, par la progression à la fois de l’abstention et du vote FN. Mais se réduira-t-elle à cela ? L’expérience montre que lorsque la confiance des citoyens dans le personnel politique disparaît – à cause de l’impuissance ou de l’inconséquence de leurs mesures–, la légitimité du pouvoir est réduite à peu de chose. Par le passé, des régimes se sont effondrés en quelques semaines. Il suffit d’un événement, même anodin, pour coaguler les mécontentements et révéler leur unité. Qu’elle arbore des drapeaux roses de « la manif pour tous » ou des bonnets rouges de la révolte contre l’écotaxe, c’est la même colère qui est en marche contre les promesses électorales sans lendemain et la condescendance de élites.

Le moment est venu pour les Français d’exiger l’union – dans le respect des sensibilités et des enracinements– des forces de résistances. Les partis politiques n’y ont pas intérêt. Cela ne pourra donc vraisemblablement voir le jour que si cela est imposé, de l’extérieur, par la base, et en faisant appel à des personnes dégagées d’engagements partisans mais suffisamment justes – pour rendre à chaque « courant » ce qui lui revient– et cultivées – pour être capables de fédérer et d’établir des ponts.

Propos recueillis par Guillaume N.

Adhérer

*Guillaume Bernard est maître de conférences (HDR) à l’ICES (Institut catholique d’études supérieures). Il mène des recherches en histoire des institutions et des idées politiques. Il a rédigé ou codirigé un certain nombre d’ouvrages parmi lesquels il est possible de citer : L’instruction civique pour les nuls (First, 2e éd., 2015), Introduction à l’histoire du droit et des institutions (Studyrama, 2e éd., 2011), Dictionnaire de la politique et de l’administration (PUF, 2010).

A propos de Guillaume N.

Guillaume N.
Passionné par le débat d'idées, je m'intéresse à tout ce qui touche à l'Homme en général, et à l'histoire, la politique, Paris et notre douce France, en particulier. Jeune diplômé en économie, j'aspire à faire partager les vertus du bonapartisme: synthèse de la gauche et de la droite, des traditions et de la modernité, vecteur de pragmatisme et du rejet du dogmatisme.
Revenir en haut de la page