lundi, 22 mai, 2017
Marseille ville morte. Sauvons la vie !
Notre-Dame-de-la-Garde (Capture d'écran Drone Cast via Vimeo).

Marseille ville morte. Sauvons la vie !

Méconnaissable est le mot adéquat. Marseille – ville tant vantée pour son mélange des cultures et ses engueulades fraternelle – enregistre une délinquance record abreuvée par une immigration massive monomaniaque et le délabrement du monde de l’emploi.

Son quartier le plus sensible – quel euphémisme que ce mot –  est dominé par un islam impérieux qui crée des mésententes ethniques et intra-ethniques. La gangrène du travail au noir pullule et rend le quotidien invivable. Le désengagement du politique est d’autre part la grande ligne suivie. Des quartiers autrefois populaires s’embourgeoisent, causant ainsi des départs et creusant les inégalités. Elle est aujourd’hui l’icône de la mondialisation nihiliste. On a longtemps souhaité que toute ville soit à notre image, mais aujourd’hui – alors que cela semble de plus en plus réalisable – on ne le souhaite plus à personne.

De la tradition cosmopolite à sa négation même

Marseille – ville d’immigration et de passage – a su au fil des temps se fonder sur une identité forte, synthèse de tous ses visages. Albert Londres, reporter français, fait état – dans Marseille Porte du sud – de ce statut particulier dès les années 20 : « C’EST MOI MARSEILLE… […] Montez ! Montez ! Je vous emmènerai de race en race. Vous verrez tous les Orient – le proche, le grand,l’extrême. Je vous montrerai des hommes de différentes peaux, le brun, le noir le modoré, le jaune, nus en Afrique, en chemise aux Indes, en robe en Chine en marchants sur de petits bancs au pays du Soleil Levant. » Les Maghrébins se situaient rue des Chapeliers, le Sénégalais et le Congolais place Gelu, les Arméniens à Saint-Julien et Beaumont, des curés prêchaient en Italien dans une Église ; les Espagnols, les Brésiliens, les Polonais, les Corses travaillaient dans les ateliers et autre en Centre-ville. Sédentaires et flots de nomades se croisent à la Canebière. Les diasporas se multiplient comme nulle part ailleurs et chacun mange à toutes les sauces. Marseille contient le multiple en son âme. Une région unique en France où l’intégration des étrangers se fait alors selon un modèle multiculturel.

L’école reçoit Arméniens, Chinois, Turc , Arabes…. Les programmes alors en vigueur plaçent tout le monde dans un bain commun et peuvent crier victoire sur les préjugés de cours de récréation. Les enfants sont menés dans les quartiers Nord pour acheter de belles paires de chaussures et aux plages de sables fins et de galets. Souvent moquée, Marseille a su jusque là rester maîtresse de sa différence, construire son propre patrimoine et y embarquer tout un chacun.

Marseille en 1575

Marseille en 1575

La cité a pris soin sur ce modèle d’ accueillir les Pieds-Noirs en 1962. L’ouvrage Histoire de Marseille de Pierre Guiral et Paul Amargier, révèle que, bien que dans un premier temps méprisés, ils sont flattés par les partis politiques pour leur appétit du travail et leur patriotisme inconditionnel. Ils finissent par se regrouper comme cela a toujours été à Marseille, mais côtoient et font corps avec le folklore local. Puis les Arméniens s’ajoutent aux autochtones et deviennent à hauteur de 26 000 âmes. Eux, à la différence des premiers, entretiennent une presse spéciale, une Maison pour leur jeunesse etc.

Mais en 1975, l’Europe est indéniablement un « continent d’immigration malgré-lui » ( CW de Wenden), et Marseille est le point majeur de débarquement : le recensement de l’INSEE – chiffres à nuancer car effectués sur les permis de séjour – fait état de 75 615 Maghrébins dont 27 945 enfants mineurs, avec une majorité d’Algériens. Le recteur Yves Dumas rapporte que les étrangers représentent 60% de l’effectif scolaire : la chute du niveau scolaire ne peut être cautérisée. Les professeurs se trouveront en grande difficulté pour gérer une classe si hétérogène, qu’imposera le Collège Unique. Jusqu’à ce que, logiquement, ce qu’on y apprend devienne un truc de « bouffons » – ou de « payot » comme on dit chez nous –, parfois de « racistes ».

Aujourd’hui, la configuration de la cité n’a plus de multiculturel que le souvenir dans lequel elle aime se contempler : la population est scindé en deux blocs antagonistes. La négociation entre cultures n’en est pas une. Le premier bloc est peuplé d’européens intégrés correctement au système phocéen, le second d’Africains du Nord et Comoriens unis par le seul fait musulman. Le quai de la Joliette fait office de front. Le Nord n’a aucunement fait sien les us et coutumes locaux et fonctionne selon ses propres horaires, son propre calendrier, ses propres fêtes, son école, sa langue pauvre, ses propres législations. L’absentéisme scolaire en ces zones est devenu rituel. Les forces de l’ordre sont ouvertement concurrencées par des lois tacites non décidées par les citoyens français : interdiction d’appliquer la laïcité dans les lieux publics, de montrer son appartenance à la France, de boire de l’alcool, des voies de circulation sont réservées aux guetteurs et connaissances sous peine de violentes réprimandes, nier son visage – port du Niqab – est toléré, etc. Les autochtones ont fuit en masse devant un voisinage de plus en plus revendicatif, autoritaire et antifrançais. Un État s’est construit au sein d’une ville.

Comme si cela ne suffisait pas, le centre est utilisé à des fins de propagande. Au cœur d’Euromed, il faut qu’il soit une vitrine pour les touristes et les acheteurs. Des riches provenant des pays de l’Est principalement rachètent en centre-ville des quartiers autrefois populaires, mis à mal par les mesures immobilières. Ceux-là se fichent de la vie marseillaise et occupent le centre en restant cantonnés à leurs façons. On nettoie, on pomponne car il est vrai que personne n’imaginerait les Champs-Élysée aussi sales. Pourtant, on a le revers de la médaille : la délinquance visite le territoire embelli du centre et profite des nouveautés. Un centre-ville pour tous.

De la force du travail au vice de la non-société

La rue Noailles dans les années 1910.

La rue Noailles dans les années 1910.

Dans les années 20, les activités professionnelles détournent du vice et chacun accepte la contribution des autres. L’ Usine réclament sans cesse des bras sédentaires, le Chantier des musculatures toscanes, le Port des corps « nomades français,arabes, syriens, espagnols, belges,italiens ». Les Européens au chômage finissent charbonniers. Les Grecs se spécialisent dans la production d’éponges. Personne ne reste alors inactif à Marseille. Le travail crée des liens sociaux et des situations sociales permettant d’accueillir sans douleur une immigration constante à partir de 1918. Il a bien existé auparavant une contestation par les grévistes du dumping social causé par les Italiens, mais le chômage de courte durée ferma la parenthèse. Le secteur industriel permettait aux immigrés et aux rejetons du système scolaire de se forger un cadre de vie formateur.

La conversion vicieuse du secteur secondaire en tertiaire ne parût pas mortifère du fait de la tradition touristique de la ville. L’immigration africaine des années 70-80 sembla s’inscrire dans la tradition d’immigration de longue date. On n’a pas su voir le lien volatile entre ces deux bouleversements subtils : il faut observer que l’arrivée si étendue d’un peuple au bagage culturel et économique si petit imposait de surcroît une industrie à forte embauche pour être contenue. Les retombées philosophiques du chômage généralisé se déduisent de l’éloge du travail : abnégation de l’appartenance à un quelconque système légal, déstructuration des liens sociaux… Il n’appartenait alors qu’à nos politiques de se saisir de la situation : rien n’a été fait.

La décrépitude des rapports sociaux

De nos jours, le chômage est renchéri par la délinquance : ce n’est pas le manque d’emploi qui fait le crime mais bien l’inverse, le crime tue l’emploi. Razzias et caillassages ont fait fuir les entrepreneurs et les pouvoirs publics. D’autre part, les réseaux clandestins d’armement et de drogues bien connus de tous – sauf des ordres donnés à la police et du chien de Philippe – fournissent des recettes bien plus juteuses. La vie y devient alors pourvue de nuisances : l’omerta est exigée par des regards de haine et crachats perpétuels subis dans les pales d’escaliers, les ascenseurs vandalisés empêchent les handicapés et fragiles de descendre de leurs hauts appartements. Le refus du service public – qu’il soit d’ordre policier ou sanitaire – rend plus précaire encore l’existence de ceux qui nuisent aux dogmes de Belsunce – non pas l’évêque, mais le nid à racaille.

Les zones de non-droit spéculent incessamment sur le laisser-faire judiciaire – ce sésame ! Jusqu’à prendre la relève des grands d’autrefois, « la French Connection », en se révélant plus dangereux par la surenchère systématique et le défaut manifeste de respect de la vie civile. On cite souvent cette période – pour se rassurer – mais l’on ne voit pas que « la pègre » moderne a intégré la délinquance comme prise de territoire comme on ne l’a jamais si bien conçu. Du grand banditisme au grand terrorisme. Les provocations à la République sont inouïes, mais c’est la société qui est coupable : les sacs, les chaînes s’arrachent, les incendies se déclenchent, les armes tirent en pleines rues, les commerces se séquestrent, les bus se sabotent , les lieux publics se font dynamiter, les femmes et hommes se prennent en otages… On revient à un État de Nature  – « la guerre de tous contre tous » décrit Hobbes – par la décivilisation constante. Contre laquelle on ne réplique pas.

Sur La Provence, on ne lit plus que du sordide. On ne raconte plus autour de nous que du sordide. On ne voit plus que des empreintes d’actes sordides. Comme l’a montré Renaud Camus dans Journal 2013, l’attente quotidienne de la nuisance est aussi nocive que la nuisance elle-même. Les vitres blindées des bars-tabacs, alarmes sophistiquées… Rien n’y change, la peur ne part pas. Les scooters qui pétaradent la nuit font que les jeunes filles, les parents et les vieux ne peuvent demeurer sereins. Même le Sud, n’est plus que le refuge pour les cocus de l’histoire, par la mobilité des barbares. Personne ne veut se faire abattre en pleine rue, et personne ne peut avoir l’ivresse de se sentir à l’abri. La vie elle-même devient la prison que l’on veut voir disparaître. La vie est forcément une prison si les auteurs d’actes de mort ont la liberté.

Des attaques récurrentes au motif de vol de téléphones en plein cœur la voie publique, des policiers blessés par des armes de guerre, du personnel hospitalier agressé à l’hôpital Nord, mis en détention par les criminels, des assauts de diligences au Parc Borely, au bus, des coups de feu et exécutions sommaires en sortie de boîte de nuit… La mort est prête à vaincre. Nous, prêts à perdre.

Un professeur s’est suicidé à la rentrée. Le rêve bleu a viré au gris. Il ne fait pas beau à Marseille, le climat n’est pas bien. On a bien peur que, pour une fois après la pluie, se pointe le sale temps.

Conclusion

La Rouvière, dans le 9e arrondissement.

La Rouvière, dans le 9e arrondissement (Wikimedia CC).

« La République de Marseille n’éprouva jamais ces grands passages de l’abaissement à la grandeur : aussi se gouverna-t-elle toujours avec sagesse ; aussi conserva-t-elle ses principes », a écrit Montesquieu dans l’Esprit des Lois. Les Marseillais modernes font le constat inverse. On a connu la guerre, la Peste, le Choléra, les incendies en plein centre-ville (1938) autant que le plein-emploi, les grandes expositions et événements. On a connu gloires et pertes, mais Marseille a su se serrer les coudes et se relever. La sagesse n’est pas de ce monde, on a peur que l’abaissement soit notre destin.

Marseille est empreint à la dépravation. Pagnol est exécuté sous les coups de feu de l’inconcevable réalité. La Bonne Mère a les deux seins cancérisés par la désindustrialisation et la contre-colonisation, le Grand Remplacement, selon les termes de Renaud Camus. Son lait empoisonné n’est plus qu’ ensauvagement et désuétude.

On a la démonstration du creuset que notre élite – et ses œillères – se refuse à concevoir en tant que tel : chômage, immigration, criminalité. En résumé, cinq D : Désindustrialisation, Décentralisation, Défrancisation, Délinquance, Décivilisation. Une « chance pour Marseille » dit-on… « C’est d’ailleurs une bonne occasion de comparer les deux conquêtes, les deux colonisations, la colonisation tout court et la bien nommée contre-colonisation, la colonisation contre : celle qui bâtit et celle qui détruit, celle qui met de l’ordre fût-ce un peu rudement et celle qui instaure le chaos (encore plus rudement), celle qui soigne et celle qui sème la peur dans les hôpitaux, celle qui éduque et celle qui achève de rendre toute éducation impossible » (Renaud Camus, Boulevard Voltaire)

Le prétendu « racisme marseillais » n’a jamais existé. Nous avons toujours été ouvert à l’autre, à la condition que l’autre soit ouvert à nous. Ce qui n’est manifestement pas le cas. Récemment à Avignon, un homme a interpellé « n’allez-pas quartier Monclar… ». Décidément nous ne sommes pas seuls…

Si l’ on part des bons constats, peut-être pouvons-nous avancer les solutions adaptées : refonder l’école en profondeur pour forger à la civilité et la connaissance de la France, rendre moins clémente la justice, néantiser l’immigration et la clandestinité, se couper de l’assistanat, faire respecter la loi partout … Rendre à Marseille sa tradition. Jacques Blondel et le récent justicier de Nice doivent être récompensés à la manière de notre prise de conscience et de nos voix.

« Aller à Marseille, Marseille vous répondra. Marseille est une leçon ». Albert Londres.

Anthony La Rocca

 

A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.

2 commentaires

  1. super article! un grand merci de marseille

  2. ply

    toutes ces constatations explicites véridiques très bien mentionnées dans cet article montre à quel point le danger est grand et surtout si proche pour le malheur de tous .Néanmoins à Massilia comme partout ailleurs j’ose croire en des jours meilleurs , le seul problème comment résoudre cette équation qui n’est pas à deux inconnues mais bien plus avec toujours et encore le même dénominateur commun . 

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