vendredi, 26 mai, 2017
Clovis Ier, roi des Francs (IV) : Du baptême à la tombe, l’héritage de Clovis
Le tombeau de Clovis, à la basilique Saint-Denis.

Clovis Ier, roi des Francs (IV) : Du baptême à la tombe, l’héritage de Clovis

Loin d’être la consécration de la gloire de Clovis, le baptême n’en est que le commencement. À la toute fin du Ve siècle et au début du VIe, Clovis est le second princeps catholique le plus puissant du monde, derrière l’empereur d’Orient Anastase, qui remettra à Clovis les codicilles du consulat après sa victoire sur les Wisigoths à Vouillé en 507, repoussant les hérétiques au-delà des Pyrénées. Au delà des victoires militaires et de l’agrandissement de son royaume, Clovis, par la convocation du premier concile d’Orléans et l’édiction de la loi salique, pose également les bases politico-religieuses de la royauté franque dont l’essentiel perdurera pendant presque mille trois cent ans.

I. Vouillé, 507 : une victoire aux multiples facettes

Il semble peu intéressant de s’attarder sur les quelques évènements qui eurent lieu entre le baptême de Clovis et sa victoire sur les Wisigoths à Vouillé. Hormis une victoire sur les Alamans en 506, Clovis n’intervint pas dans la lutte qui opposa le roi burgonde Gondebaud à son rival Godegisile. L’épisode de la victoire finale sur les Alamans nous est connu non pas par Grégoire de Tours, mais par une lettre du roi Théodoric, qui félicite Clovis pour sa victoire remportée grâce à la mort du roi des Alamans. Il enjoint à Clovis de ne pas écraser ce peuple pour autant.

C’est véritablement la bataille de Vouillé en 507 et la mort du roi wisigoth Alaric II qui consacre Clovis comme le sauveur des Gaules et de la foi catholique. Mais la victoire n’était pourtant pas assurée pour Clovis : le royaume wisigoth comprenait l’Espagne, la Provence et s’étendait jusqu’aux bords de la Loire. Mais c’était sans compter sur l’affaiblissement progressif du pouvoir d’Alaric II, le roi des Wisigoths, depuis quelques années. En effet, depuis le baptême de Clovis, la population gallo-romaine et les évêques qui n’étaient pas tombés dans l’hérésie arianiste montrent de plus en plus de réticences à obéir à Alaric II, se tournant vers Clovis, ce princeps chrétien, qui à terme les délivrera. Alaric ne sera jamais en mesure de contrer cette opposition grandissante à son pouvoir, notamment de l’épiscopat. Ses tentatives de reprise en main des ministres du culte lors du concile d’Agde de 506 eut l’effet inverse à celui que le souverain attendait : il permet une réorganisation de l’Église catholique du royaume et renforce un peu plus l’opposition au roi. De même, le fameux bréviaire d’Alaric (507) édicté peu de temps avant la bataille contre Clovis, va achever l’autorité du roi sur ses propres agents[1].

Clovis tue Alaric II (miniature du XVe s.).

Clovis tue Alaric II (miniature du XVe s.).

La campagne qui s’ouvre en 507 contre les Wisigoths marque le désir de Clovis d’éliminer des Gaules un peuple adonné à l’arianisme.[2] Selon Grégoire de Tours, Clovis se rend sur la tombe de saint Martin à Tours, afin d’obtenir sa bénédiction. Cette visite n’est pas anodine : saint Martin a été un modèle dans la lutte contre l’hérésie, et comme Clovis un soldat. De même, son aura dans les Gaules est très importante, on ne s’avancerait guère en affirmant qu’il est peut-être le plus grand des saints gaulois de l’époque, puisqu’il va devenir le saint patron des rois mérovingiens.[3]

C’est donc à Vouillé, « à dix milles de Poitiers »[4] que Clovis combat Alaric II et son armée. C’est une victoire éclatante pour le roi des Francs, puisque l’armée ennemie est écrasée et Alaric II meurt au cours de la bataille. Son fils Amalaric s’enfuit en Espagne. Dans les mois qui suivent la bataille, Clovis et ses fils éliminent les derniers Wisigoths présents en Aquitaine (sauf à Narbonne). Clovis passe l’hiver à Bordeaux et reprend le chemin de Tours au printemps 508 pour aller déposer de multiples offrandes sur la tombe de saint Martin afin de le remercier de lui avoir accordé la victoire.

C’est donc une victoire multiple que Clovis a remportée. Une victoire politique d’abord, car les Wisigoths ont été chassés de Gaule, agrandissant le royaume franc considérablement. Une victoire religieuse ensuite, car l’hérésie a été vaincue par la foi catholique, même si le royaume burgonde persiste. Enfin, cette victoire aussi bien politique que religieuse va élever Clovis à la dignité quasi-impériale, par la remise des codicilles du consulat des mains de l’empereur d’Orient Anastase en 508.

II. Clovis, consul et Auguste

C’est à Tours que la gloire de Clovis atteint son paroxysme. Grégoire de Tours nous raconte cette scène dans ses Histoires :

« Donc il reçut de l’empereur Anastase les codicilles du consulat, et il se revêtit en la basilique de saint Martin de la tunique pourpre et de la chlamyde, imposant sur sa tête le diadème. Alors, étant monté à cheval, lançant de sa propre main aux populations présentes de l’or et de l’argent sur le chemin qui va de la porte du vestibule de la basilique jusqu’à l’église de la cité, il distribua cela de sa volonté très bienveillante ; et à partir de ce jour, il a été acclamé en tant que consul et Auguste. »[5]

La portée politique de cet acte impérial est importante : Olivier Guillot explique que par ce geste, l’empereur manifeste sa satisfaction de la victoire de Clovis face à Alaric II seul, car le danger aurait été que le roi des Ostrogoths Théodoric ­­— qui avait lui-même reçu les mêmes insignes sans pour autant qu’il soit question de l’octroi à ce dernier de la dignité consulaire — se joigne à Alaric II, par nécessité politique d’abord (Théodoric craignait en effet depuis longtemps l’expansion de son voisin franc) mais aussi pour des questions religieuses, puisque Théodoric comme Alaric était arianiste. Anastase célèbre donc en Clovis le destructeur du royaume wisigoth de Toulouse.

C’est d’ailleurs grâce à Anastase que Clovis a remporté la victoire face aux Wisigoths : en attaquant Théodoric en Italie, l’empereur empêcha l’ouverture d’un second front en Gaule, ce qui facilita grandement la tâche de Clovis et lui permit de ce fait de remporter la victoire.

Cet événement consacre la gloire de Clovis à plusieurs titres : sa légitimité est largement accrue en Gaule et, sans être considéré comme un empereur au sens strict du terme, il n’en est pas moins acclamé comme un Auguste, titulature qui subsistera après sa mort.

III. Le renforcement de l’autorité de Clovis sur le royaume franc (507-511)

Une fois sa victoire consacrée à Tours, Clovis prend le chemin de Paris, comme nous l’indique Grégoire de Tours, ville dont il va faire la capitale de son royaume.

En agissant de la sorte, Clovis compte renforcer son assise territoriale et déplacer le centre du gouvernement de Tournai à Paris, afin de centrer le pouvoir au cœur du royaume. En 510, Clovis rallie à lui les Francs ripuaires, par des voies peu civilisées.[6]

A.    Le concile d’Orléans de 511

Le concile.

Le concile.

Le concile d’Orléans est une nouvelle forme de consécration pour Clovis, cette fois par les autorités religieuses des Gaules « libérées » du joug arianiste. Ce concile se déroule en juillet 511 sur la demande de Clovis, dans la cité d’Orléans. C’est un concile très important, d’abord par le nombre d’évêques présents, 32 en tout, notamment les trois métropolitains de la province d’Aquitaine avec neuf de leurs suffragants, les métropolitains de Tours et de Rouen avec beaucoup de leurs suffragants, mais seulement quelques suffragants de la province de Reims.[7]

Ce concile est un énorme succès pour le princeps : on peut tout d’abord noter que la grande majorité des évêques présents à ce concile provient de provinces ecclésiastiques récemment annexées au royaume franc à la suite de la victoire de Vouillé. De plus, les évêques témoignent un très grand respect pour Clovis, comme le montre une lettre desdits évêques adressée « à leur seigneur fils de l’Église catholique, le très glorieux roi Clovis ». Ils vont même jusqu’à solliciter la « consultation » du roi, souhaitant « que le consentement d’un si grand roi et seigneur confirme la sentence de si grands évêques dignes d’être obéie eu égard à son auctoritas plus grande ».

Cette lettre rappelle tout à fait la lettre d’Avit de Vienne adressée à Clovis lors de son baptême.[8] C’est aussi un moyen de faire s’engager le roi sur le chemin pris depuis l’édit de Valentinien III de 445 (de manière officielle, mais existant en réalité depuis Constantin Ier) où le pouvoir laïc s’engage à prêter le bras séculier à l’épiscopat pour sanctionner au temporel les décisions des canons conciliaires. Cette volonté de mêler le pouvoir royal aux décisions épiscopales aura des répercutions, à plus ou moins long terme, sur l’ingérence des rois dans le droit canon, et notamment en ce qui concerne la nomination des évêques, allant contre la volonté d’une Église calquée sur le modèle gélasien[9].

B.    La loi salique

Selon Olivier Guillot, la loi salique a très probablement été rédigée vers la toute fin du règne de Clovis. C’est une loi d’une importance capitale, car elle va régir toutes les institutions du royaume jusqu’à la Révolution, même si au départ, cette loi n’était censée prévaloir que pour les Francs saliens (peuple d’origine de Clovis), d’où son nom.

Schématiquement, l’on peut dire que cette loi, calquée sur le modèle du droit romain, vise à plusieurs choses : d’abord, asseoir la domination des Francs sur les autres peuples du royaume, non pas par la force comme auparavant, mais bien de manière légale, dans le sens où cette domination s’exercera désormais par une loi. Elle a également pour objectif de substituer à la tradition orale germanique une législation écrite, qui a pour but premier la paix.

En ce sens, la loi salique permet l’abolition de la guerre privée, le wergeld, ou « prix du sang ». Prenons un exemple concret, soit deux hommes libres francs, l’un de la famille A, l’autre de la famille B. Si l’homme A tue l’homme B, la famille B était, selon le droit germanique, autorisée à venger dans le sang le meurtre de son parent, par le meurtre de l’homme A, à moins d’être capable de négocier une forte somme d’argent en échange de la vie de l’homme A, sans risquer une guerre ouverte entre les deux clans. Ce système favorisait de loin les familles les plus puissantes, capable de faire peser la sérieuse menace d’une guerre sur une famille plus faible, vouée à la destruction.

Désormais grâce à la loi salique, cette pratique est abolie, car un semblant d’égalité est créée pour que le prix du sang soit converti en une somme d’argent, fixée lors du jugement devant le mallus, le tribunal public ordinaire, présidé par le comte. Cette juridiction est double, et affirme bien le principe de supériorité en droit des Francs et Barbares sur les Gallo-romains : pour le meurtre d’un homme libre Franc, l’amende s’élève à 200 sous, alors que pour le meurtre d’un Gallo-romain, l’amende ne s’élève qu’à 100 sous, car la loi salique prend en compte le wergeld qui prévaut chez les Francs et les Barbares, mais pas chez les Gallo-romains. Ce sont pour l’époque des sommes considérables, qui ont pour but de limiter au maximum ce genre d’exaction, y compris sur les Gallo-romains.

La loi salique tente donc de soumettre la justice privée à la justice publique, ainsi que d’adoucir les mœurs des Francs et des Barbares. De même, Clovis ne peut pas être considéré comme le rédacteur, le législateur de cette loi. Ainsi, même l’autorité la plus haute du royaume est soumise à la loi, comme dans la tradition germanique dont nous avons vu un exemple lors de l’épisode du « pot » de Soisson[10].

Conclusion

Clovis meurt en 511, à l’âge de 45 ans. Il fut enterré en l’abbaye Sainte Geneviève, dont il avait ordonné la construction pour recevoir la dépouille de la sainte, morte en 482. Basée sur le modèle de la chapelle impériale de Constantinople, la basilique fut achevée par Clothilde, qui y reposa ensuite, aux côtés de son mari.

C’est un destin exceptionnel que celui de Clovis, qui passa du statut de roitelet d’un royaume de seconde zone à celui de quasi-empereur d’occident en près de 20 ans de règne. L’héritage de Clovis est immense : il est le fondateur d’un royaume qui perdurera près de treize siècles, il permit la victoire décisive de la foi catholique sur une hérésie qui menaçait de la détruire, instaura la paix dans son royaume par une loi fondamentale. Pourtant largement méconnu du grand public, Clovis reste l’un des rois les plus célèbres de France aujourd’hui, derrière peut-être Louis XIV et saint Louis.

Bibliographie

Dictionnaires

  • GAUVARD Claude, DE LIBERA Alain, ZIK Michel, Dictionnaire du Moyen Age, Paris, PUF, 2011.
  • FAVIER Jean, Dictionnaire de la France médiévale, Paris, Fayard, 1995.

Ouvrages généraux

  • GAUVARD Claude, La France au Moyen-Age, Paris, PUF, 2012.
  • GUILLOT Olivier, RIGAUDIERE Albert, SASSIER Yves, Pouvoirs et institutions  de la France médiévale, T1, Paris, Armand Colin, 2011.
  • LE GOFF, Jacques, Hommes et femmes du Moyen Age, Paris Flammarion, 2012.

Biographies

  •  BORDONONVE Georges, Clovis et les Mérovingiens, Paris, Pygmallion, 2009.
  •  GUILLOT Olivier, Saint Martin, apôtre des pauvres, Paris Fayard, 2008.

 À la mémoire de Jacques le Goff.

[1] O. GUILLOT, Pouvoirs et institutions de la France médiévale, Paris, Armand Collin, 2011, p.50 sq.

[2] ibidem, p. 63.

[3] O. GUILLOT, Saint Martin, apôtre des pauvres, Paris, Fayard, 2008, p. 505 sq.

[4] Ibid.

[5] Historia Francorum, II, 38.

[6] O. GUILLOT, Pouvoirs et institutions de la France médiévale, Paris, Armand Colin, 2011, p.65.

[7] Ibid.

[8] Voir l’article « Clovis Ier, roi des Francs», partie III.

[9]  Voir O. GUILLOT, Pouvoirs et institutions de la France médiévale, Paris, Armand Colin, 2011, p.35.

[10]  Voir l’article « Clovis Ier, roi des Francs », partie II.

A propos de Louis Landais

Louis Landais
Etudiant, passionné d'histoire et des Humanités en général.

3 commentaires

  1. Excellent article, vous remettez en scène un immense « princeps », car il ne faut pas sous estimer la latinisation très poussée des Francs saliens, dès le 3ème siècle, au plus au niveau de l’Empire ils ont tenu des postes très important dans l’armée, certains même s’adonnant à la poésie latine. Il ne faut pas confondre culture et géopolitique. Géographe, historien, archéologue depuis près de vingt années, je confirme tout ce qui a été écrit dans cet article, très bien ficelé.

  2. Clovis va mettre en place un système de soumission des populations qu’il a conquis pour se faire respecter des peuplades indigènes gallo romaines, celtiques et laboureur. Qui traverserons les siècles jusqu’en 1789.
    Dans un premier temps, Clovis va persécuter les autochtones afin de récupérer toutes les terres de la frontière bretonne et tout ce qui est au-dessus de la Loire jusqu’à la Picardie. Pour être le seul propriétaire foncier. Puis, il offre à ses officiers des parcelles pour qu’ils puissent en vivre et avoir des bénéfices, tout en lui donnant des impôts des revenus.
    Il ordonne à tous les paysans de ne pas quitter leurs terres. Il interdit même aux filles de se marier hors du groupe, afin que les enfants prennent la relève des parents. Seulement, une telle oppression finit par se dégrader, que le boomerang lancer par Clovis va se retourner contre lui. Une démographie en chute libre, une agriculture à l’abandon par manque de main-d’œuvre adéquate. Que dès qu’ils le peuvent, les gallos romains fuis la servilité, même dans les cités c’est un véritable exode qui s’affirme, les fonctionnaires au nombre de 3 à 4000 fuient vers la Burgondie ou la province d’Arles.
    Dès l’époque de Galien en 218, l’empire commençait à se fractionner et une longue période d’insécurité militaire. Alors pour protéger les limes Rhénans, Rome fit appel aux armés qui se constituaient derrières les lignes comme mercenaires ou légionnaires. L’appel fut entendu et bon nombre de ces Celtes Rhénans arrivèrent et occupèrent les petits fortins abandonnés par l’armée romaine. Ils reçurent aussi la consigne de défendre un maintien d’ordre civil en Belgique. Et bien entendu, ceci comportait un contrat d’association, un financement. Un tiers des impôts locaux seront reversés à la solde de ses guerriers. Gardiens ou vigiles, ils ne constituaient pas une armée, comparé aux barbares fédérés, qui eux se remplissaient les poches des profits accumulés lors des rapines.
    C’est pourquoi, lors du contrat, il fut admis que ces militaires aux fonctions spécifiques seront affranchis d’impôts. Alors que ce privilège allait de soi pour tous mercenaires de rome.
    De cette qualification d’affranchi, viendra le terme « Franc » qui n’est pas un peuple, mais à des militaires soumis à un code particulier. Romains ou Gallo romain qui entraient dans l’organisation militaire, devenait « franc » s’il en sortait, il devenait un civil citoyen latin romain.
    Clovis est le chef d’une armée romaine, comme on peut le comprendre à l’époque. Il se choisit Paris comme capitale de son royaume en 508.
    C’est alors qu’il est reconnu officiellement par l’empereur Athanase qui le nomme consul la même année. Après la défaite de ses adversaires, qui a agrandit le royaume jusqu’au Pyrénées.
    En 510, Clovis qui ne voulant pas affronter les armoricains, c’est-à-dire, la Bretagne actuelle, la rendit autonome. Ses enfants auront la tutelle du Sud de la Grande Bretagne actuelle, ce qui fait que les Bretons de la Brittania pouvaient à leurs guises traverser la manche et s’installer sur le territoire de la Gaule en Armorique, qui deviendra : la Bretagne. Ce, d’autant plus, que ses bretons comprenaient la langue celte des habitants de l’Armorique, puisqu’ils étaient cousins en quelque sorte, et qu’ils avaient aussi été romanisé. Ainsi, pour se démarquer des Francs, cette ancienne province romaine se fera appeler la Bretagne. Seulement, il ne leur fut pas permit d’avoir un roi. Seul le comte pouvait agir en leur nom.
    A l’âge de 22ans, Rémi reçu l’ordre d’avoir l’évêché de Reims. Ce qui en soi peut paraître quelconque, mais à la suite de ça, Clovis, « voyant que de tous les princes de l’église, je fus celui qui travaillait plus à la foi et à la conversion des francs. Dieu me fit tellement trouver grâce à ses yeux, ainsi que la vertu divine du saint esprit qui se servit de moi, pauvre pêcheur, pour opérer une multitude de miracles pour le salut de la susdite nation des francs. Qu’il ne se contenta pas de restituer aux églises les biens qu’il leur avait prit, mais encore qu’il enrichi beaucoup d’autres, de ses deniers »
    Ce faisant, l’église par ce geste lui a donné une valeur historique de complaisance, qui va se retourner contre elle.
    Clovis les mettra aussi sous sa gouverne et boirons jusqu’à la lie les massacres perpétués jusqu’au comble de l’atrocité, que ses mêmes ecclésiastiques instituerons un jugement du dieu « une ordalie » les requérants entraient dans l’eau bouillante ou brassaient des braises rouges et s’il en sortait vivant, il était libre. Ce sont aussi les évêques qui instituèrent les duels judiciaires.
    Pourtant, l’église avait besoin d’une nation pour asseoir son autorité. Jusque-là, les chrétiens n’étaient que des êtres éparpillés ou éssemés, qu’on persécutait. La Gaule devient par ce geste : la fille aînée de l’église.
    Tous les chrétiens, jusqu’au-delà des frontières, accueillirent la nouvelle avec allégresse. Même le pape Saint Anastase manifestera sa joie en terme de confiance et d’espérance.
    L’église en consacrant Clovis lui donnait droit de respect public ; ceux qui aurait tenté de le rompre ce serait rendu coupable de trahison envers l’église. Elle le faisait par cet acte, un prince de l’église.
    « Glorieux fils » dit Anatase « votre avènement à la foi chrétienne coïncide avec notre pontificat et nous apporte une joie immense. Le siège de St Pierre trésaille d’allégresse, en voyant la multitude des nations remplir les filets que les pêcheurs d’hommes, le porte-clef de la Jérusalem céleste, à reçu mission de jeter dans le monde. Nous adressons à votre Sérénité le prêtre Emérius, qui vous transmettra nos félicitations, afin que, connaissant la joie du père, vous la confirmiez par vos œuvres, que vous deveniez notre couronne et que l’église, votre mère, s’applaudisse du progrès du grand roi qu’elle vient d’enfanter à dieu. Soyez glorieux illustre fils, la joie de votre mère et son rempart inexpugnable. Nos malheureux temps ont vu bien des défections ; notre barque est assaillie, comme dans une tempête, par la malice et la perfidie des hommes. Mais nous espérons contre toute espérance et nous adressons nos hymnes d’actions de grâce au seigneur Jésus qui vous a arraché à la puissance des ténèbres. En donnant à l’église un roi tel que vous, il lui envoie un protecteur capable de la soutenir et de la défendre. Courage donc, glorieux et bien aimé fils ! Que le dieu tout puissant daigne étendre le secours de son bras sur votre Sérénité et sur votre royaume ; Qu’il ordonne à ses anges de vous garder dans toutes vos voies et vous accorde la victoire sur vos ennemis »
    Ce qui n’empêcha pas Clovis de retourner une fois baptiser, à ses vieux démons païens, et plus encore ses fils. Même si l’Histoire ne voit en lui qu’un souverain converti et aimant. Etait-il seulement capable de compter toutes les maîtresses ou prostitués qui sont passées dans sa couche ?
    C’est même pour ça qu’on oublie de mentionner la mère de Thierry, pour ne pas faire de l’ombre à Clotilde. Cependant, Clovis avait bel et bien épousé une Rhénane, certainement de la famille de Sigebert le boiteux, roi Rhénan de Cologne.

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