Augustin Cochin, « L’Esprit du jacobinisme »
Une séance au club des Jacobins en 1791 dans la bibliothèque des Dominicains.

Augustin Cochin, « L’Esprit du jacobinisme »

« Chercher avant tout le vrai et faire le bien, sans songer à la fortune ni à l’ambition » : ainsi se résumerait la vie d’Augustin Cochin (1876-1916).

Augustin Cochin en 1916.

Augustin Cochin en 1916.

Après ses études de Lettres classiques, il obtient une Licence de Philosophie et un diplôme d’archiviste paléographe. Catholique, légitimiste, fervent défenseur de la Vérité, il se montre corps et âme à la hauteur de ses convictions. Mobilisé lors de la Première Guerre, nommé chevalier de la Légion d’honneur en août 1915, blessé à plusieurs reprises, il refuse d’abandonner ses hommes et perdra la vie dans un dernier assaut, à Hardecourt. Sa mort nous prive de l’un des plus grands historiens de la Révolution française. Mais l’héritage qu’il nous laisse est à son image : extraordinaire.

Divisé en sept grandes parties, Les Sociétés de pensée et la démocratie (1921) propose une collection de ses textes les plus marquants. Son écriture est belle, légère malgré la gravité du sujet, délicieusement ironique et pleine de finesse. Pour déterminer les causes de l’explosion révolutionnaire, Augustin Cochin se plonge dans l’étude de sa dynamique intérieure. Il décortique le « développement progressif du phénomène démocratique depuis la forme anodine des Sociétés de la pensée de 1750 jusqu’à la forme terrible du gouvernement révolutionnaire de 1793 ».

Impossible de résumer une telle œuvre en si peu de mots. L’ouvrage compare notamment la « crise de l’histoire révolutionnaire » chez M. Taine et M. Aulard, analyse la nature du gouvernement révolutionnaire, décrit le procédé d’élection des députés des Etats généraux et aborde la question du « Patriotisme humanitaire ».

Dès 1750, les philosophes des Lumières constituent des sociétés de pensée, véritables organisations politiques et sociales prônant la suprématie de la raison dogmatique. Pour substituer la souveraineté du peuple à l’ordre divin, il faut créer un homme nouveau, libéré des superstitions, le futur citoyen. Telle est l’origine de cette « Vertu nouvelle, c’est-à-dire le culte de la Volonté Générale, de l’orthodoxie sociale. »

S’intéressant à la campagne électorale de Bourgogne en 1789, Augustin Cochin examine puis compare minutieusement le contenu de tous les documents officiels, pour en extraire le plan méthodiquement conçu par le parti des avocats. Les procès verbaux du Tiers paraissent tous rédigés « dans le même sens, par des gens concertés pour atteindre le même but » : manœuvrer l’opinion pour répandre graduellement l’anarchie dans les villes et les campagnes.

Face à un « Humanitarisme » qui travaille à dissoudre la France dès 1791 pour la transformer en république jacobine européenne, notre historien conclut, avec une sagesse teintée de tristesse, que « l’enthousiasme a deux faces en général : sacrifice de soi-même à une idée passionnément embrassée – c’est la foi ; sacrifice des autres à cette idée –c’est le fanatisme. » Inutile de préciser de quelle grandeur fut son enthousiasme.

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A propos de Virginie Vota

Virginie Vota
Née en 1987, diplômée d’un Master de Lettres Modernes, pétrie par la Littérature française, passionnée par l’Histoire, la Théologie, la Philosophie et les Sciences Humaines en général, je consacre mon temps libre à mes études, à la lecture et à l’écriture (fiction, articles, essai).
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