L’AELE : Une alternative oubliée à l’Union Européenne

François Hollande a donné une interview à plusieurs journaux européens, dont Le Monde, aujourd’hui à l’Elysée.

Passant outre les éléments de langage habituels que l’on nous sert tous les jours à la télévision et dans les journaux, notre Président Normal a fait montre d’une incroyable hypocrisie.
En effet, la question portait sur la sortie de crise de la zone €uro et l’application du fameux traité budgétaire que ce dernier n’avait eu de cesse de critiquer, reprochant à l’ancien Hyper Président d’avoir sacrifié la croissance sur l’autel de l’austérité avec son amie allemande, la Chancelière.
Au-delà du mensonge éhonté quant à la proximité de la fin de la crise au sein de la zone €uro et dès lors que l’on sait que le traité budgétaire ne fut pas modifié et ratifié par la nouvelle majorité tel qu’il était sous Nicolas Sarkozy, comment ne pas se gausser de la manière dont François Hollande nous le vend désormais, arguant qu’il est le seul garant de la reprise économique au sein de la zone €uro. Il n’en est pas à sa première contradiction, me direz-vous.

Autre moment d’une grande sincérité de la part du Président de la « République », la négation pure et simple de la démocratie et de la parole du peuple.
À la question du journaliste sur l’utilisation du référendum concernant un nouveau traité constitutionnel européen, ce dernier n’a pas hésité et à répondu, je cite, « je crois me souvenir qu’en 2005 nous avons essayé cette formule et qu’elle n’a pas donné les résultats escomptés ! »
Comme disait Bertolt Brecht, si le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple.
Voilà une preuve supplémentaire que nos élites, qu’elles soient à l’UMP ou au PS, n’en ont que faire de la démocratie populaire.

Cela me permet donc de rebondir et de proposer un projet politique européen pouvant fort bien se substituer à l’Union Européenne.
Loin de moi l’idée de m’élever contre l’Europe, bien au contraire, mais de dénoncer la politique antidémocratique de l’UE. Si besoin est de le rappeler, cette « [dés]Union » n’est pas l’Europe et donc ne représente pas la totalité des pays composant notre beau continent.

Mais tout d’abord, un peu d’Histoire …

En 1957, plus précisément le 25 mars, la Communauté économique européenne (CEE) fut créée consécutivement à la signature du Traité de Rome.
Son but était d’aboutir économiquement à un marché commun permettant la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux. Beau projet, n’est-ce pas, sauf que le traité mentionnait déjà le caractère « totalitaire » de cette entité. Elle était de type « Supranational ».

Dans le même temps, à l’initiative du Royaume-Uni, la convention de Stockholm, signée par les ministres des Affaires étrangères britannique, norvégien, danois, suisse, portugais, suédois et autrichien, le 4 janvier 1960, a donné naissance à l’Association européenne de libre-échange (AELE).
Elle avait pour objectif de créer une zone de libre-échange entre les pays d’Europe non membres de la CEE et de contrebalancer celle-ci en regroupant les États qui ne souhaitaient pas entrer dans la CEE. Le but était de créer une zone de libre-échange, alors que la CEE se fondait sur une union douanière et un marché commun, ainsi que des politiques communes (agriculture, transports, etc), avec un objectif d’approfondissement progressif et d’union politique.
Par la suite, le Royaume-Uni quitta l’AELE pour rejoindre la CEE qui deviendra, en 1993, l’Union Européenne.

J’ai souhaité amener le débat vers une éventuelle adhésion de la France à l’AELE et vous informer sur l’intérêt que cela pourrait avoir de sortir du dogme de l’UE.

Pour citer le chef du secteur Accords de libre-échange de l’AELE, Martin Zbinden, l’intérêt principal de cette entité est « de choisir, au sein d’une zone de libre-échange, les domaines dans lesquels on désire coopérer, tout en conservant dans toutes les parties importantes de l’économie, mais aussi dans d’autres domaines politiques, la souveraineté – c’est ainsi ».
Il y a donc là une réelle alternative libérale qui respecterait la souveraineté de ses membres contre le souhait de l’UE de s’accaparer tous les domaines de compétences des Etats-Nations.

De nos jours, malgré la forte opposition de cette dernière et la perte de beaucoup de ses membres, l’AELE a subsisté en tant que projet crédible. Elle a conclu des accords de libre-échange avec 30 états comme le Canada, le Mexique, le Liban ou encore la Turquie.

J’ose espérer que cette présentation éveillera votre curiosité et vous démontrera qu’il est possible d’espérer une autre politique européenne et que l’acharnement de nos politiques à déclarer que quelque chose est « sans alternative » et ne souhaitent pas donner la parole à ceux qui envisagent une autre possibilité, se placent en dehors d’un véritable processus démocratique.

 

Mathieu

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A propos de Mathieu

Mathieu
Passionné d'Histoire, de politique (inter)nationale et de géopolitique ; je m'attache à faire partager ma passion et ma volonté de débattre sur tous les sujets ... surtout les plus brulants !
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