samedi, 27 mai, 2017
Waterloo : La dernière bataille de Napoléon

Waterloo : La dernière bataille de Napoléon

Le 18 juin 1815, Napoléon Ier livre sa dernière bataille à proximité d’une ville nommée Waterloo. Il y affronte les Anglais, les Allemands, les Néerlandais et les Prussiens, venus en renfort dans la journée.

Contexte

De retour de l’île d’Elbe, l’Empereur est confronté à une énième coalition et doit batailler avec toute l’Europe. Le théâtre des opérations étant la Belgique, deux armées coalisées s’y trouvent postées : les britanniques et leurs alliés, ainsi que les Prussiens de Blücher. Comme à son habitude, Napoléon décide d’attaquer le premier, alors que ses ennemis attendent l’arrivée des Russes, et de les battre séparément. Les premiers affrontements ont lieu dès le 15 juin.

Forces en présence

À Waterloo, les forces françaises s’élèvent à plus de 70 000 hommes, dont 12 600 cavaliers et 246 canons. L’armée alliée, commandée par le duc de Wellington, en compte 68 000 dont 25 000 Britanniques, 17 000 Néerlandais, 10 000 Hanovriens, 7 000 Brunswickois, 6 000 hommes d’élite de la King’s German Legion et 3 000 Nassoviens.

La veille, l’Empereur avait demandé au maréchal Grouchy de poursuivre et de bloquer les Prussiens avec 34 000 hommes.

Plan de bataille (Wikipedia).

Plan de bataille (Wikipedia).

 Une succession d’erreurs et de trahisons

La bataille va être une succession d’erreurs, d’incompréhensions, d’absurdités stratégiques et de trahisons. La supériorité de l’artillerie française est, malgré un déploiement de 80 canons (la « Grande Batterie »), amoindrie par la nature extrêmement boueuse du terrain.

Les ordres de l’Empereur sont incompris voire occultés. Le maréchal Ney charge, sans ordre, sans préparation d’artillerie et sans infanterie en soutien, les carrés britanniques, organisant un vrai massacre. Cinq chevaux sont tués sous lui.

Pire, les canons adverses neutralisés ne sont pas encloués (action qui consiste à les rendre inutilisables en enfonçant un clou dans la lumière de la pièce), ce qui permet à l’ennemi de s’en servir de nouveau après le retrait des assaillants !

Comment ne pas parler également des trahisons et désertions de nombreux officiers comme le général Louis de Bourmont, passé aux Prussiens en leur délivrant des plans de bataille, ainsi que les colonels Clouet et Villoutrais. De nombreux cavaliers français ont également rejoint les rangs ennemis lors de la bataille. Wellington les appellera le « Bourbon Cavalry Corps ».

La faute mortelle de Grouchy

Et Grouchy… Chargé de poursuivre et bloquer les Prussiens, le maréchal Grouchy fera preuve d’une fatale négligence , symbolisée par cette fameuse dégustation de fraises en compagnie du notaire Hollert à la terrasse d’une auberge, à Walhain. S’il est convenu que celui-ci ne serait, de toutes façons, pas parvenu à rejoindre le champ de bataille à temps, sa passivité coupable et suspecte aura permis aux Prussiens, qu’il était censé poursuivre, de le rejoindre, anéantissant tout espoir de victoire française.

Libres de toute opposition, 33 000 Prussiens arrivent donc par l’Est dans l’après-midi. Les Français, qui avaient alors, malgré une rude résistance ennemie, la situation en main, se voient ainsi débordés par le flanc et dangereusement menacés. Ce renfort ennemi inattendu jette l’effroi sur le champ de bataille. « Qu’a fait Grouchy ? Trahison ! », s’écrient déjà certains.

Napoléon dira, dans le Mémorial de Sainte-Hélène : « Le maréchal Grouchy avec 34 000 hommes et 108 pièces de canon a trouvé le secret qui paraissait introuvable de n’être, dans la journée du 18, ni sur le champ de bataille de Mont-Saint-Jean, ni sur Wavre… La conduite du maréchal Grouchy était aussi imprévisible que si, sur sa route, son armée eût éprouvé un tremblement de terre qui l’eût engloutie. »

Retraite

Lorsqu’à 19h30, Napoléon donne la Garde Impériale, ses dernières forces, il est déjà trop tard. Celle-ci, mal employée et peu soutenue, recule. Voyant la Garde reculer, les autres soldats sont désemparer en commencent à fuir dans un désordre total.

Victor Hugo prêtera le célèbre « Merde ! » à un Cambronne refusant de se rendre aux Anglais. Certains lui prêtent plutôt cette phrase : « La Garde meurt mais ne se rend pas ! ». Il niera jusqu’à la fin de sa vie avoir prononcé ces paroles, qui reflètent néanmoins l’état d’esprit des fidèles grognards de Napoléon qui refusèrent de se rendre et combattirent jusqu’au bout.

Durant la nuit, la persévérance de Blücher à poursuivre les Français en retraite anéantira tout espoir de réorganisation. Le coup est mortel. Napoléon abdiquera le 22 juin.

Si l’Europe coalisée a finalement réussi, après moult tentatives réduites à néant, à battre l’Empereur, elle le doit plus à l’entourage douteux de ce dernier qu’à elle-même, et encore moins à l’Angleterre, qui n’a pas hésité, du haut de ses quelques 25 000 hommes engagés, à se parer des habits de grand vainqueur devant l’Histoire.

Christopher Lings

A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.
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