lundi, 11 décembre, 2017
22 août 1812 : Et des montagnes surgit une incroyable cité de pierre, Pétra

22 août 1812 : Et des montagnes surgit une incroyable cité de pierre, Pétra

Le 22 août 1812, l’explorateur suisse Jean Louis Burckhardt découvre ébahi les vestiges de la ville de Pétra – qui signifie « rocher » en grec ancien –, une cité oubliée perdue dans les montagnes de Jordanie.

Pétra est une ville antique extraordinaire. Taillée à même la roche, elle a été habitée par les Nabatéens, des nomades qui s’y sont sédentarisés. Ils y ont sculpté des monuments à même la pierre et, de la roche, ils ont fait surgir une cité qui a atteint 25 000 âmes à son apogée. La route des épices fera sa richesse avant que la sécheresse, l’abandon des routes commerciales et un violent tremblement de terre n’oblige sa population à la déserter. Restée connue des tribus arabes environnantes – qui la considéraient néanmoins comme l’œuvre d’infidèles –, elle a été totalement oubliée par les Européens.

En 1812, le Suisse Jean Louis Burckhardt la redécouvre. Ce dernier s’est fait pousser la barbe et s’habille à l’orientale pour ne rien laisser paraître, les Ottomans se méfiant des curieux étrangers. Il a choisi un guide et, prétextant un sacrifice à faire au prophète Aaron, il espère croiser le chemin de ces ruines merveilleuses dont il a entendu parler. Au terme d’une route sombre et sinueuse, il tombe nez-à-nez avec la Khazneh, monument magnifique et de nos jours le plus célèbre (image ci-dessous).

khazneh

La Khazneh (Wikimedia).

« Sa situation et sa beauté, écrit-il, ont été calculées pour produire une extraordinaire impression sur le voyageur, qui aura emprunté pendant près d’une demi-heure le passage si sombre, et presque souterrain, que j’ai décrit. C’est l’un des plus élégants vestiges de l’Antiquité existant en Syrie. Son état de préservation ressemble à celui d’un édifice que l’on viendrait d’achever, et en l’examinant de plus près, j’ai constaté que sa construction a dû exiger un labeur considérable. »

Devant cette merveille, il cache son émotion mais, face au temple du Qasr al-Bint, sa curiosité éveille les soupçons du guide qui met un terme à sa visite dans l’ancienne cité. « Grande doit avoir été l’opulence d’une ville qui pouvait dédier de tels monuments à la mémoire de ses gouvernants », constate-t-il.

Il livrera néanmoins un témoignage d’une incroyable justesse et qui, malgré la courte période d’observation, aura bien souvent montré une grande clairvoyance et une bonne intuition. Il n’y retournera jamais et mourra au Caire d’une dysentrie en octobre 1817. Son récit ne sera publié à Londres qu’en 1822, par les soins de l’African Association. Pétra est aujourd’hui classée au Patrimoine mondial de l’Unesco et nombre de ses mystères sont encore à découvrir.

Christopher Lings

A propos de Christopher Lannes

Christopher Lannes
Directeur de publication du Bréviaire des patriotes. Journaliste indépendant TV Libertés, Ojim.

Un commentaire

  1. Ça à l’air être un magnifique endroit !

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