lundi, 11 décembre, 2017
« Macadam Cowboy », la fin du rêve américain

« Macadam Cowboy », la fin du rêve américain

Midnight Cowboy, (Macadam Cowboy) , Schlesinger John, avec Dustin Hoffman, John Voight, Sylvia Miles, 1969, drame, 113 minutes.

MACADAM COWBOYJoe Buck, jeune Texan ambitieux, décide de partir pour New York. La radio lui souffle des voix féminines endiablées qui n’attendent que lui. En tenue de cow-boy, entretenant un corps de beau garçon, il se lance dans la profession de gigolo, scrutant les femmes plus mûres, plus riches.

Seulement voilà, le mur de la réalité s’abat sur lui. Prestations impayées, humiliations, rareté de l’emploi, rien ne lui sourit. Mais rien n’arrête qui se trouve inconditionnellement imbu de prétentions : fidèle à son admiration pour John Wayne, une once de succès sur cent déculottées le conforte dans son envoûtement.

S’étant lié d’amitié avec un Italien – Ratso Rizzo –, crapule boiteuse, ils occupent un squat en tant que compagnons de misère. L’un filou vivant de ses escroqueries, l’autre blondin illuminé, ils ne parviennent nullement à s’en sortir. Sous les panneaux « money », au gré des publicités, tous deux souffrent, mais Joe Buck ne veut rien savoir et persiste. L’État de santé du Rital s’aggrave, Joe le mène en Floride. Jusqu’aux vingt dernières secondes, le héro garde les paupières closes, la conscience éteinte.

Le « rêve américain » dégringole au fur et à mesure que l’on regarde ces deux visages égarés. Figures pathétiques, Candide et son ami épave sont à la marge du « paradis du billet vert », où les mœurs sont dissolues par l’individualisme. Macadam Cowboy parvient à nous plonger avec force dans les travers du modèle américain, jouissant de somptueuses interprétations. À l’heure où chez l’Oncle Sam, on meurt d’avantage du suicide que d’accidents de voiture1, où trente quinquagénaires sur cent mille se donnent la mort.

Dans ce monde, la doctrine de Benjamin Disraeli – « le secret de la réussite, c’est la persévérance en toute chose » – y perd tout son sens. Les règles du jeu libéral se durcissent sans cesse, au point que bien des « joueurs », de plus en plus nombreux, si persévérants soient-ils, sont contraints de renoncer et d’accepter leur existence de raté.

On songe, au vu cette œuvre, que le cow-boy est définitivement mort en Outre-Atlantique.

Anthony La Rocca

1 http://www.medpagetoday.com/PublicHealthPolicy/PublicHealth/34962

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A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.

4 commentaires

  1. Très bonne analyse!!
    Comme quoi « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »
    Corneille.

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