samedi, 22 juillet, 2017
Les Mémoires intimes de Napoléon Ier par Constant, son valet de chambre
Napoléon faisant la lecture au Roi de Rome.

Les Mémoires intimes de Napoléon Ier par Constant, son valet de chambre

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« Mémoires de Constant, premier valet de l’Empereur – Sur la vie privée de Napoléon sa famille et sa cour », Louis Constant Wairy.

Louis Constant Wairy, un nom peu évocateur. Il eut pourtant l’honneur d’accompagner l’Empereur Napoléon Ier tout au long de ses longues journées. Valet de chambre, homme de confiance, il lui était confié des tâches importantes et sa présence ne fut jamais crainte, même lors des longues discussions capitales que l’Empereur menait avec des hommes de pouvoir. Mais jamais il ne fut pris par l’orgueil qu’aurait pu lui donner son rôle prestigieux et ne manqua de reconnaissance envers sa Majesté. Il fut maintenu dans l’admiration.

Ses Mémoires nous sont parvenus, le personnage n’ayant pas résisté à la longue tradition d’écriture des valets de chambre. Le hasard d’une brocante a mis dans mes mains le tome II. Je n’ai pas lu des Mémoires, mais bien une merveilleuse tragédie.

Elles débutent par la naissance de l’enfant de Marie-Louise. Tout Paris en attente de nouvelles, l’Empereur inquiet, impatient, puis si fier de voir le roi de Rome ! Il versa une larme de bonheur. La nouvelle courut aussi vite qu’elle put. La plus belle occasion qui existe pour faire une soirée de prestige ! S’en suit le voyage en Hollande, où accompagné de l’Impératrice, il répand le bonheur tout au long de sa trajectoire. Il entend et répare les maux des souffrants qui, dans leurs misères, témoignent d’une grande bonté et reconnaissance. Comme il répondra à l’imploration émouvante d’une veuve par sa faute, comme il remerciera tant d’autres pour leurs sacrifices, ou leurs aides quelconques. Il se présente parfois seul, à la joie réelle des habitants.

Le nœud de la pièce est la campagne de Russie, ayant lieu dans le livre après un dialogue avec le roi de Naples. Les grands discours emphatiques galvanisent les hommes, mais au fur et à mesure du retrait saltimbanque des Russes, des moments de réalisme pessimiste ne peuvent se dissimuler au sein de cette armée. Le valet de chambre témoigne alors des insomnies et de l’état de profonde amertume du chef des troupes. S’il s’occupe des affaires administratives au point que Paris pense que « tout ne va donc si mal, puisque l’Empereur a le temps de faire des théâtres », il est dans un profond désarroi qu’il doit contenir. Il connaît son devoir, prend le dessus sur le chaos qu’il conçoit déjà. Après la scène de la Bérézina, étant aux abois, il se rend à l’évidence que ses hommes souffrent trop, manquent de tout, que son armée se perd, qu’il ne terminera pas. L’attrait pour sa nouvelle compagne Marie-Louise, au tempérament plus réservé, est de fait entaché par le début des lourdes défaites de l’Empire et contraste avec celui de Joséphine, plus proche du peuple dont elle est issue.

Au-delà, on ne lit que de la fureur face aux trahisons des nations et des élites à son égard. Quel déchirement de voir ses alliés aller dans les bras des ennemis de la France ! Il conserve son panache et les exploits militaires surviennent, mais l’idée intenable que son destin initial est compromis plane au-dessus de lui, de ses loyaux maréchaux et généraux. Constant leur donne corps par quelques grands moments vécus, comme par exemple pour Murat, roi de Naples craint et aimé, à qui il offre un chapitre.

Les anciennes frontières menacées, les Français restent de tout cœur auprès de leur père. L’Empereur dit à un pauvre homme lui demandant quoi faire qu’il faut s’engager. Il faut alors se battre bec ongles contre l’envahisseur plus nombreux. Napoléon se bat en s’impliquant au plus près des combats jusqu’à se mettre en danger, refuse les indignes compromis qu’on lui propose et la monnaie de singe avec laquelle on veut le racheter. Toute la détermination des troupes ne suffira pas à repousser les envahisseurs. L’Empereur en privé devient parfois pathétique, diminué au point de rappeler la Russie et tentant de se donner la mort. Il se présente même à Constant pleurant le pays qu’il n’a pas su protéger.

Au fil de cette histoire, Constant nous fait découvrir la galerie de personnages (médecins…) qui la ponctue et crée quelques pauses dans la narration. On y trouve également nombre d’anecdotes délicieuses sur la famille impériale. On assiste à des couchers et levers mémorables de l’Empereur. Vous ne découvrirez non pas une liste de faits historiques, mais un regard modeste et intègre sur l’époque et la vie privée d’un homme qui, aussi privée qu’elle soit, fait partie intégrante de notre histoire au point que l’anecdotique ne nous effraie pas et n’ennuie nullement.

Ce ne sont pas des Mémoires, c’est un roman.

Anthony La Rocca

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A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.
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