samedi, 22 juillet, 2017
Christian Vanneste : « L’UMP n’est plus qu’une officine de placement électoral sans convictions »
Christian Vanneste en 2012 (capture d'écran TNTWeo via Youtube).

Christian Vanneste : « L’UMP n’est plus qu’une officine de placement électoral sans convictions »

Christian Vanneste, président du Rassemblement pour la France (RPF), a répondu aux questions du Bréviaire. En 2012, ce dernier a fait polémique au sein de la bien-pensance politico-médiatique pour avoir rappelé une vérité historique : il n’y a pas eu de déportations d’homosexuels en France durant la seconde guerre mondiale (vidéo). L’UMP engagera une procédure d’exclusion que l’homme politique devancera en présentant sa démission.

LBDP : Tout d’abord, revenons à la polémique déclenchée suite à votre déclaration, concernant « la légende » des déportations homosexuelles. « Révisionniste ! », « négationniste ! » avaient été employés à votre encontre et cet épisode vous avait valu l’exclusion de l’UMP. Défendant la liberté d’expression qui vous est chère, vous avez écrit « Merde au lobby gay ». Quelles leçons tirer de toute cette histoire concernant le conformisme intellectuel ambiant, puis concernant l’UMP ?

Christian Vanneste : En fait, je n’ai pas été exclu de l’UMP car les statuts de ce parti ne permettent pas d’exclure un membre qui rappelle une vérité historique, confirmée par Serge Klarsfeld et que ses crétins de dirigeants ignoraient manifestement. J’en ai démissionné.

Il devait fédérer les gaullistes, les libéraux et les démocrates-chrétiens. Il n’est plus qu’une officine de placement électoral, dénuée de la moindre conviction, au fonctionnement douteux, complètement investie par les lobbys, une honte pour la droite et pour la République, mais un signe des temps. Le microcosme politique, ses prétendues élites, ses copinages, ses complaisances et ses connivences entre pouvoirs et affaires, entre médias et élus est devenu nuisible au pays.

Vous vous définissez en tant que gaulliste libéral. Comment vivez-vous votre libéralisme dans le contexte actuel ? Une partie du peuple français vitupère contre le trop d’impôts, mais d’un autre côté, réclame du protectionnisme et du volontarisme politique. Par ailleurs, notre société de consommation est de plus en plus dans le collimateur, dans la mesure où elle semble créer une armée amorphe de consommateurs dépourvue de tradition.

J’ai toujours tenté de synthétiser les trois grands courants de la droite pour autant qu’ils participent à la pensée conservatrice : le patriotisme gaulliste de l’intérêt national, le libéralisme de l’initiative et de la responsabilité individuelle, la cohérence sociétale de la démocratie chrétienne, attachée au respect de la personne, à la permanence de la famille et à la subsidiarité des autorités et des libertés. Mon libéralisme est conservateur, ni libertaire, ni individualiste et résolument hostile à l’État-Providence.

Vous souhaitez proposer un referendum sur l’immigration, garantir la sécurité des citoyens Français. Est-ce l’économie qui vous a poussé d’avantage vers le RPF que vers le Front National ? N’est-ce pas également l’attitude de Marine Le Pen face aux questions sociétales ?

Je suis favorable à l’introduction en France du référendum d’initiative populaire, la votation suisse auquel j’ai consacré une Proposition de Loi. Cela devrait pouvoir aborder TOUS les sujets. La démocratie directe est dans la ligne du gaullisme. Depuis 1968, je suis gaulliste et le FN m’était étranger. Aujourd’hui, il est plus gaulliste sur certains sujets comme l’Europe que l’UMP.

En revanche, son gauchissement économique et social me déçoit. La France a besoin de plus de libertés et de moins d’État. Un État fort qui assure la sécurité ne peut pas être un État-Providence. J’avoue ne pas bien saisir les convictions sociétales de Marine Le Pen.

Croyez-vous que le FN puisse parvenir seul au pouvoir ? RPF, MPF, UPR, DLR, FN… L’union patriote, c’est pour quand ?

Le FN ne peut parvenir seul au pouvoir. Un front des patriotes pour redresser le pays me paraît la seule voie de salut, mais les attitudes des uns et des autres ne me semblent pas aller dans cette direction.

Selon vous, pourquoi les Français ne croient plus en la politique, n’ont plus confiance en leurs élites ? Faut-il surtout accuser les « affaires de morale » ou leur impuissance politique ?

Les Français ont trois griefs contre les politiciens. D’abord, la France, allant d’échec en échec depuis 40 ans, redevient le pays des perdants de 1940, la parenthèse gaulliste étant refermée, et les Français accusent l’incompétence des dirigeants. Ensuite, ils se sentent tenus à l’écart d’une oligarchie qui devrait les représenter et devient une caste prédatrice qui s’octroie sécurité, avantages et privilèges. Enfin, certaines dérives scandaleuses jettent l’opprobre sur un microcosme objectivement complice à force de complaisance.

Terminons avec la politique étrangère. Je vais être laconique : êtes-vous favorable à la « doctrine Chauprade » ?

Je suis adepte de la Realpolitik, celle de Richelieu et de Metternich, mise en valeur par Kissinger. Je suis partisan d’une Europe qui affirme ses traditions et ses valeurs hélléno-chrétiennes, une Europe des Nations qui tend la main à la Russie.

Propos recueillis par Anthony La Rocca

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A propos de Anthony La Rocca

Jeune patriote français, étudiant républicain réactionnaire amoureux de notre patrimoine culturel. Je crois que la France a un destin particulier, je refuse qu'elle soit diluée dans le concert des nations. Sur une ligne bonapartiste, je suis favorable à une synthèse entre tradition et progrès, à un État puissant, autonome et bienveillant, représenté par un homme providentiel. Il s'agit tout autant de s'opposer à la xénophilie de nos élites, de sauvegarder une civilisation, de favoriser le progrès social. Je consulte le Bréviaire des patriotes régulièrement.

Un commentaire

  1. Français désabusé

    Ah bon ? L’UMP a eu des convictions ?

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